Le dépôt de bilan expliqué simplement
Lorsqu’une entreprise rencontre de graves difficultés financières, elle peut être contrainte de déclarer un état de cessation des paiements auprès du tribunal de commerce. Cette démarche, appelée communément dépôt de bilan, ne signifie pas toujours une faillite immédiate. Selon la situation, le juge peut ouvrir une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire.
Ces procédures visent à protéger les créanciers mais aussi les salariés, notamment pour le paiement des rémunérations et la gestion des contrats de travail.
Les étapes clés de la procédure
Dès la déclaration déposée, le tribunal statue dans un délai de 45 jours. Un administrateur ou un liquidateur judiciaire est désigné pour superviser la situation de l’entreprise.
- En cas de redressement judiciaire, l’activité peut continuer, permettant le maintien temporaire des salaires.
- En cas de liquidation judiciaire, les postes sont supprimés, mais des mécanismes de garantie assurent le versement des sommes dues aux salariés.
Arrêt maladie et dépôt de bilan : que devient votre indemnisation ?
Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie, ses droits doivent rester protégés, même si son employeur traverse une procédure collective.
Le maintien des indemnités journalières
La Sécurité sociale (CPAM) assure le versement des indemnités journalières, à condition que les démarches administratives soient correctement effectuées.
De plus, si l’entreprise n’est plus en mesure de payer les salaires, l’Association pour la Garantie des Salaires (AGS) prend le relais afin de garantir les créances salariales (salaires dus, congés payés, préavis, indemnités de licenciement).
Cas particulier du gérant en arrêt maladie
Pour un gérant, la situation est plus complexe. Le maintien des droits dépend du régime social auquel il est affilié. Certains peuvent percevoir des indemnités journalières, d’autres non, selon leur statut (TNS, assimilé salarié…). L’accompagnement juridique est alors fortement recommandé.
Conséquences sur le contrat de travail
Être en arrêt maladie ne protège pas totalement contre un licenciement, surtout en cas de dépôt de bilan.
Protection du salarié en arrêt maladie
Un employeur ne peut pas licencier un salarié uniquement parce qu’il est en arrêt maladie. Toutefois, si l’absence prolongée entraîne une désorganisation majeure, un licenciement peut être envisagé.
Dans le cadre d’une liquidation, les contrats peuvent être rompus, mais les droits liés au licenciement économique (indemnités, solde de tout compte, allocation chômage) restent garantis.
Assurance et mutuelle : un rôle complémentaire
Au-delà de la Sécurité sociale et de l’AGS, la mutuelle ou les assurances privées prévues par le contrat de travail peuvent compléter l’indemnisation. Vérifier ces garanties est essentiel pour ne pas perdre en couverture financière.
Les recours et accompagnements disponibles
Un salarié en arrêt maladie et confronté au dépôt de bilan de son entreprise ne doit pas rester isolé.
Plusieurs relais existent : syndicats, inspection du travail, Conseil des Prud’hommes, avocats spécialisés en droit social.
Démarches pour sécuriser ses droits
- Déclarer ses créances salariales auprès du mandataire judiciaire.
- Conserver tous les justificatifs (arrêt de travail, contrat, fiches de paie).
- Suivre régulièrement l’avancée de la procédure collective.
- Solliciter la CPAM et sa mutuelle pour confirmer le maintien des droits.
FAQ sur dépôt de bilan et arrêt maladie
Peut-on être licencié en arrêt maladie ?
Non, sauf si l’absence désorganise gravement l’entreprise ou dans le cadre d’un licenciement économique lié à la liquidation.
Quelles indemnités sont garanties ?
Grâce à l’AGS, les salaires, congés payés, préavis et indemnités de licenciement sont couverts.
Un bilan de compétences est-il possible pendant un arrêt ?
Oui, avec l’accord du médecin et en informant la CPAM.
Comment faire face à une baisse de revenus ?
Indemnités journalières, mutuelle, AGS, aides sociales et CAF peuvent compenser la perte de revenus.




