Les créatifs expriment leur inquiétude face à la prolifération des contenus générés par des intelligences artificielles, tels que des photos, des vidéos ou de la musique, de peur de voir leurs propres créations être utilisées sans permission pour nourrir les algorithmes. En effet, les IA qui se nourrissent uniquement des données produites par d’autres IA semblent pour le moment produire des résultats de qualité médiocre. Cette situation soulève des questions éthiques et juridiques quant à l’utilisation des créations originales dans le développement de l’intelligence artificielle.
Les réseaux sociaux sont de plus en plus envahis par des publications créées par des intelligences artificielles, que ce soit des textes, des images, des sons ou des vidéos. Ces créations sont réalisées grâce à ce qu’on appelle l’IA générative, qui puise dans des bases de données pour produire du contenu. Par exemple, si l’on demande à une IA de créer une image de vache, elle utilisera des photos de vaches pour composer l’image.
Cette pratique soulève des inquiétudes parmi les personnes et les entreprises qui produisent du contenu original, craignant que leurs œuvres soient utilisées, voire pillées, pour nourrir les capacités productives des IA. Cela a entraîné une multiplication des contentieux, avec des procès intentés par des médias comme le Wall Street Journal ou le New York Post contre des sociétés d’IA. Des artistes ont également poursuivi des plateformes de génération d’images pour utilisation non autorisée de leurs œuvres.
Des solutions juridiques et techniques sont envisagées pour empêcher la collecte automatique de contenus en ligne par les IA, mais leur efficacité à long terme reste incertaine. Certains chercheurs, comme ceux de l’Université de Chicago, ont développé des technologies pour aider les artistes à protéger leurs créations originales, en modifiant imperceptiblement leurs œuvres pour les rendre moins susceptibles d’être copiées.
Cependant, des études montrent que l’utilisation de données générées par des IA pour enrichir d’autres modèles conduit à une baisse de qualité des résultats. Des universitaires de Cambridge et de l’Université de Rice ont démontré que les IA alimentées exclusivement par des productions artificielles donnent des résultats moins satisfaisants.
Les IA génératives sont désormais capables de produire des textes, des images, des vidéos, des voix, et même de recréer des événements sonores comme des cris d’animaux. Des plateformes comme Suno.Ai proposent des chansons personnalisées en fonction de quelques éléments de contexte, avec la possibilité de choisir le style musical et la voix de l’interprète.
Cette montée en puissance des IA génératives soulève des questions sur la démarche artistique et oblige les artistes et le public à s’intéresser au fonctionnement de ces technologies pour apprécier les œuvres en toute connaissance de cause.




