Suite à la victoire de Kamel Daoud au prix Goncourt, Antoine Gallimard, le directeur de sa maison d’édition, a récemment exprimé son mécontentement concernant l’interdiction de vente de l’ouvrage en Algérie et l’empêchement de la participation de la maison d’édition au Salon du livre d’Alger. Cette situation a suscité de vives réactions et soulevé des questions sur la liberté d’expression et la censure dans le pays. En effet, cet événement met en lumière les difficultés auxquelles les auteurs et éditeurs peuvent être confrontés lorsqu’ils abordent des sujets sensibles ou controversés. L’absence de la maison d’édition au Salon du livre d’Alger a également soulevé des interrogations sur l’importance de la diversité des voix et des idées dans le monde de l’édition. En somme, cette affaire soulève des enjeux majeurs liés à la liberté d’expression et à la circulation des idées en Algérie.
Interdiction de la venue au salon du livre d’Alger pour le roman « Houris » de Kamel Daoud
Le roman « Houris » de Kamel Daoud, qui traite des violences de la « décennie noire » en Algérie, a été interdit de vente en Algérie. Les éditions Gallimard, qui étaient présélectionnées pour le prix Goncourt, ont été informées de cette interdiction début octobre. Malgré cela, le roman a remporté le prix Goncourt le 4 novembre 2024.
Antoine Gallimard, le patron du groupe Madrigall, a regretté cette interdiction en soulignant que l’Algérie avait également interdit la présence de la maison d’édition à la Foire du livre. Il a exprimé sa tristesse face à cette situation et a évoqué la possibilité pour les Algériens de se procurer le roman de manière détournée, notamment à travers des éditions pirates.
Les tentatives de dialogue avec les organisateurs du Salon du livre pour lever cette interdiction ont été vaines, selon Antoine Gallimard. Il a déploré le manque de réponse de ces derniers, qualifiant la situation de « loi du silence ».
Les membres du jury du prix Goncourt ont tenu à préciser que leur choix ne visait pas à faire un geste politique contre l’Algérie. Le président du jury, Philippe Claudel, a souligné que la littérature pouvait au contraire permettre de renouer des liens parfois fragiles. Christine Angot, une autre jurée, a également défendu la voix de Kamel Daoud en soulignant l’importance de prendre en compte ses écrits.
En somme, l’interdiction du roman « Houris » en Algérie n’a pas influencé la décision du prix Goncourt, qui a récompensé le livre pour sa qualité littéraire et non pour des considérations politiques.




