Appel à tuer les loups en Haute-Saône : réaction de la ministre de l’Agriculture

Reportage



  

    
      
    
      

  

  
    Les éleveurs en Haute-Saône appelés à tuer les loups : "On ne peut pas inviter les éleveurs à se mettre dans l'illégalité", réagit la ministre de l'Agriculture
          Annie Genevard était au sommet de l’élevage de Cournon alors que le président des agriculteurs de Haute-Saône a appelé les éleveurs de son département à "sortir armés" et à "taper" des loups afin de protéger leurs troupeaux.

Annie Genevard s’est rendue à l’élevage de Cournon pour soutenir les agriculteurs, en particulier le président des agriculteurs de Haute-Saône, qui a lancé un appel aux éleveurs de la région. Il les a incités à prendre les choses en main en leur demandant de se munir d’armes et d’agir contre les loups qui menacent leurs troupeaux. Il estime que c’est le seul moyen de protéger efficacement les animaux et de préserver leur activité agricole. Cette déclaration a suscité de vives réactions et a relancé le débat sur la cohabitation entre les loups et les éleveurs.

La ministre de l’Agriculture annonce un fonds d’indemnisation pour les éleveurs confrontés à la fièvre catarrhale ovine

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, s’est rendue au sommet de l’élevage de Cournon, près de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, où elle a annoncé la création d’un fonds d’indemnisation pour les éleveurs touchés par la fièvre catarrhale ovine. Cette maladie épizootique décime les élevages de moutons et de brebis. Les détails de ce fonds seront présentés par le Premier ministre ce vendredi. Cependant, la ministre a également été interpellée sur une autre préoccupation majeure : le loup.

La controverse autour du loup

Le sujet du loup a été relancé suite au récent courrier du président de la chambre d’agriculture de Haute-Saône, Thierry Chalmin, appelant les éleveurs à « sortir armés » pour « taper un loup ». Bien que l’auteur de cette lettre ne soit pas présent au sommet de l’élevage, son appel à la désobéissance civile, soutenu par de nombreux éleveurs, suscite des réactions. Certains éleveurs estiment qu’ils pourraient investir davantage dans des équipements de protection contre les loups plutôt que dans des armes.

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Michel Pelestor, éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence, déclare : « On est sur 600 attaques dans le département, et nous, on doit avoir une vingtaine d’attaques annuelles. On perd à peu près 150 brebis. On n’est pas payés pour trouver des cadavres, on est là pour s’occuper des moutons. »

Les inquiétudes de la ministre

Face à la colère des éleveurs, la ministre Annie Genevard appelle au calme et met en garde contre les actions illégales. Elle souligne que le fait de tuer des loups est contraire à la loi et expose les agriculteurs à des sanctions sévères. La ministre reconnaît les préoccupations des éleveurs mais insiste sur la nécessité de traiter le problème de manière respectueuse et légale.

La présence croissante du loup en France, estimée à environ un millier d’individus, suscite également des inquiétudes quant à l’avenir du pastoralisme. Christine Valentin, chargée de la question pour le massif central, interpelle la ministre sur les conséquences négatives de la protection des ovins en pâturages naturels. Selon elle, le fait de devoir rentrer les troupeaux à la bergerie a un impact néfaste sur le pastoralisme, soulignant ainsi un enjeu majeur.

Annie Genevard rappelle que l’objectif n’est pas d’éradiquer le loup, mais de trouver un équilibre entre la protection des éleveurs et la conservation de cette espèce. Elle évoque les avancées au niveau de l’Union européenne, qui envisage une transition d’une « protection stricte » à une « protection simple », permettant potentiellement une régulation plus aisée des populations de loups. Cependant, ces changements doivent encore être confirmés.

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