Le président multiplie les commémorations et allocutions liées à la Seconde Guerre mondiale. Cela lui permet de transmettre de nombreux messages politiques, mais cela comporte le risque d’une surabondance de commémorations qui pourrait être contre-productive.
Le printemps est une période chargée en commémorations pour Emmanuel Macron, avant un été qui sera marqué par les Jeux olympiques et paralympiques. Le président français préside de nombreux événements, dont les 80 ans du Débarquement allié en Normandie le 6 juin. Après avoir rendu hommage aux enfants juifs d’Izieu et aux résistants du plateau des Glières en Haute-Savoie, il continue son parcours mémoriel à Vassieux-en-Vercors pour honorer la mémoire des maquisards et des habitants réprimés par les Nazis et la milice de Vichy.
Pour son second mandat, Emmanuel Macron accorde une place importante à la Seconde Guerre mondiale dans sa politique mémorielle, comme l’observe Thibaut Poirot, professeur d’histoire. La Résistance occupe une place centrale dans ces commémorations, permettant de rassembler politiquement en exaltant le courage du passé face aux défis du présent. Cette valorisation de la Résistance sert également à contrer les mouvements populistes, selon Denis Peschanski.
Les hommages multiples rendus par Emmanuel Macron ne sont pas uniquement symboliques, mais aussi politiques. En effet, le secteur mémoriel peut être utilisé comme une variable d’ajustement politique, comme le souligne l’historien Patrick Garcia. Ces commémorations permettent au président de poursuivre son combat contre l’extrême droite et de renforcer l’unité nationale en rappelant les idéaux de la Résistance.
Les commémorations de la Résistance sont également l’occasion pour Emmanuel Macron de s’inscrire dans une continuité historique et de marquer son engagement en faveur de la mémoire. Son intérêt pour les questions mémorielles remonte avant son élection, notamment grâce à son parcours auprès du philosophe Paul Ricœur. Cette théâtralisation du moment mémoriel correspond à une volonté de mettre en lumière des figures exemplaires pour renforcer le sentiment d’appartenance nationale.
Cependant, cette multiplication des commémorations peut poser problème en termes de lisibilité et de pertinence historique. Certains historiens soulignent le risque d’une inflation mémorielle qui pourrait nuire à la compréhension des enjeux historiques. Malgré cela, les commémorations restent un outil politique puissant pour le président Macron, lui permettant de valoriser certains aspects de l’histoire nationale.
En fin de compte, les commémorations présidentielles suscitent des débats sur l’utilisation politique de l’histoire et la pertinence des choix mémoriels. La question de savoir si ces hommages sont efficaces pour contrer les mouvements populistes reste ouverte, tout comme celle de l’équilibre à trouver entre mémoire politique et vérité historique.




