Selon l’association « Elles bougent », plus de la moitié des femmes ingénieurs, soit 53%, souffrent du syndrome de l’imposteur. Sarah Lemoine nous éclaire sur cette problématique et nous aide à comprendre les mécanismes qui se cachent derrière ce phénomène.
Plus de la moitié des femmes ingénieures touchées par le syndrome de l’imposteur
Selon une nouvelle enquête réalisée par l’association « Elles bougent », 53% des femmes ingénieures ressentent un syndrome de l’imposteur. Ce phénomène, qui a été théorisé à la fin des années 70 par deux psychologues américaines, se caractérise par le fait que les personnes concernées ont du mal à se reconnaître légitimes malgré leurs succès professionnels.
Ces femmes ont tendance à minimiser leurs réussites en attribuant celles-ci à la chance ou à la bienveillance de leur entourage. Pour la coach Céline Roegiers, qui a étudié ce syndrome, ces personnes ont souvent l’impression de tromper les autres et redoutent d’être un jour démasquées. Ce sentiment peut être très handicapant, poussant certains individus à s’auto-saboter et à rester dans des postes en dessous de leurs compétences.
Les causes du syndrome de l’imposteur chez les femmes ingénieures
La présidente de l’association « Elles bougent », Valérie Brusseau, souligne que les causes du syndrome de l’imposteur chez les femmes ingénieures peuvent remonter à l’enfance, à l’école, pendant les études, et dans la vie professionnelle. Les stéréotypes de genre jouent un rôle prépondérant dans ce phénomène, les filles étant souvent orientées vers les métiers littéraires plutôt que scientifiques.
Pendant leurs études, les femmes ingénieures se retrouvent en minorité par rapport aux hommes et font face à des préjugés sur leurs capacités en mathématiques et en physique. De plus, elles manquent souvent de modèles féminins inspirants dans leur domaine. Valérie Brusseau, par exemple, n’a eu sa première manageuse femme qu’à l’âge de 45 ans. Elle affirme avoir dû travailler plus dur que ses collègues masculins pour faire reconnaître ses compétences en début de carrière.




