Un jeune de 15 ans a perdu la vie à la suite d’une violente agression à la sortie de son école au début du mois d’avril. Le maire de la ville, Jean-Marie Vilain, reste perplexe plusieurs mois plus tard, en août, face à cet événement tragique dont il peine à trouver une explication logique.
« C’est une situation indescriptible et très difficile, je suis bouleversé », a réagi Jean-Marie Vilain, maire de Viry-Châtillon, le 5 avril 2024, en larmes, au lendemain de la mort de Shemseddine, un adolescent battu à mort à la sortie de son collège. « Mais pour moi, ce n’est pas grave. Moi, dans quelque temps sûrement, j’aurai d’autres préoccupations qui feront que j’y penserai moins, mais sa maman, elle, y pensera toute sa vie », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse en présence de la ministre de l’Éducation Nicole Belloubet et d’autres élus.
Le choc et l’émotion suscités par la mort de Shemseddine ont été ressentis à l’échelle nationale. Il y a également de l’incompréhension, car celui que ses amis surnommaient « Shems » a été violemment agressé pour avoir discuté de sexualité avec la sœur de l’un des agresseurs présumés. Quatre jeunes, dont trois mineurs et un majeur, ont été mis en examen pour assassinat. Plus de quatre mois après la tragédie, Jean-Marie Vilain avoue qu’il ne parvient toujours pas à expliquer rationnellement ce qui s’est passé. Le maire de Viry-Châtillon a accompagné la famille aux funérailles du collégien, a suggéré puis organisé une marche blanche rassemblant 200 personnes.
Un drame qui reste gravé dans les mémoires
La famille de Shemseddine, sa mère et sa sœur, ne souhaite pas s’exprimer dans les médias, mais Jean-Marie Vilain donne des nouvelles. « La mère de Shemseddine a déménagé dans une commune voisine, pas très loin, où ses enfants sont désormais scolarisés. Les familles des agresseurs sont également en difficulté. D’ailleurs, les enfants ne fréquentent plus l’école à Viry et ont été transférés dans des établissements des communes voisines », a-t-il précisé. « Ce sont des familles touchées par le malheur, mais rien ne peut être comparé à la douleur de la maman de Shemseddine qui a vécu l’horreur de perdre un enfant. »
Même s’il affirme que ce drame ne l’a pas affecté directement, Jean-Marie Vilain reste marqué. « Dès qu’on apprend qu’il y a des regroupements de jeunes dans la ville, on envoie immédiatement la police municipale. Je me déplace régulièrement », confie-t-il. « Durant les deux dernières années de mon mandat, je souhaite plus que tout que ce genre d’événement ne se reproduise jamais », insiste-t-il. « Cela me marque toujours et il est probable que je consulte un psychologue pendant un certain temps. Mais encore une fois, il faut relativiser car cela reste un détail malheureux de ma vie par rapport à la famille, c’est incomparable. Je vivrai avec et un jour cela passera. »
« Pas de solution miracle »
Jean-Marie Vilain revient sur son interview, les larmes aux yeux, à la sortie du collège. « Beaucoup ont prétendu que c’étaient des larmes de crocodile, mais je vous assure que l’on ne contrôle pas une émotion aussi forte », affirme-t-il. Il souligne que les enseignants étaient également bouleversés. « On ne peut pas dissimuler une telle tragédie, ce qui est arrivé à ce jeune et sa famille est une horreur. »
Interrogé sur les mesures à prendre immédiatement pour éviter qu’un tel drame se reproduise, il explique qu’il n’y a pas de solution miracle. Il met en avant les actions de prévention menées, notamment par l’association Émergence. Selon lui, il est primordial de rester vigilant au quotidien, sur le terrain, pour observer les réactions des jeunes. « Je n’ai pas de solutions miracles, mais je pense que tout commence par les parents, et éventuellement par un accompagnement pour les aider à retrouver leur rôle de parents pour certains », insiste-t-il. Les parents doivent être soutenus, mais aussi assumer leurs responsabilités, estime Jean-Marie Vilain.




