Le parquet de Toulouse a rapporté que des femmes sont suspectées d’avoir commis des agressions sur des individus qu’elles pensaient être membres de mouvements d’extrême droite lors de rassemblements festifs.
Cinq individus se revendiquant comme étant antifascistes ont été présentés devant un juge d’instruction le jeudi 16 mai pour répondre de violences présumées à l’encontre d’un avocat toulousain et de membres de mouvements d’extrême droite, selon le parquet de Toulouse (Haute-Garonne). Ces cinq personnes, âgées de 19 à 36 ans, ont été interpellées mardi pour des faits de violences répétées commis entre le 9 avril 2023 et le 24 mars 2024 à Toulouse. Ils sont soupçonnés d’avoir agressé des personnes identifiées comme appartenant à des mouvements d’extrême droite lors de rassemblements festifs.
Ces individus surveillaient les participants à ces rassemblements et profitaient de l’isolement de l’un d’entre eux pour le frapper physiquement, parfois en utilisant des armes. Les agressions étaient filmées et publiées sur les réseaux sociaux des groupuscules ORA de Toulouse ou Antifa Squads, au nom de la lutte contre l’extrême droite et le fascisme. Pendant près d’un an, une dizaine d’agressions de ce type ont été commises à Toulouse et Ramonville, dont une sur un avocat du barreau toulousain.
L’enquête ouverte pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des violences contre les personnes » et « diffusion de l’enregistrement d’images de violences aux personnes » a permis d’identifier les principaux participants et de réunir les preuves nécessaires. Lors des perquisitions, des effets personnels de victimes des violences ont été retrouvés, ainsi que des armes telles que des poings américains et des aérosols de gaz lacrymogène. Des produits stupéfiants destinés au trafic ont également été découverts, notamment 3,8 kg de résine de cannabis et 16,5 kg d’herbe de cannabis, ainsi que plus de 12 000 euros en espèces provenant du trafic de drogue.
Après leur garde à vue, les cinq individus ont été présentés à un juge en vue de leur mise en examen pour plusieurs chefs d’accusation, dont « violences aggravées », « participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre des violences », « détention, offre ou cession de stupéfiants », « vol aggravé » et « refus de remettre aux autorités les clés de cryptage d’un téléphone ». Le parquet a requis la détention provisoire pour trois des suspects et un contrôle judiciaire pour les deux autres.
Les cinq personnes interpellées sont nées en septembre 2002, janvier 2005, juin 1994, novembre 1987 et décembre 1997. Certaines d’entre elles ont déjà été condamnées ou impliquées dans plusieurs affaires, notamment pour port d’arme, participation à un groupement formé pour commettre des violences, détention de produits incendiaires, dégradation de biens publics, outrages à personne dépositaire de l’autorité publique, trafic de stupéfiants, vols ou agressions sexuelles.




