Le livre de la chercheuse n’a pas pu être présenté lors de l’événement prévu à Dakar le 26 octobre, à cause des nombreuses protestations et polémiques qu’il a entraînées dans le pays.
Une historienne française, spécialiste de la Casamance, une région du sud du Sénégal en proie à une rébellion indépendantiste ancienne, a récemment été critiquée pour son livre sur le sujet. Séverine Awenengo Dalberto, chercheuse au CNRS, devait présenter son ouvrage intitulé « L’idée de la Casamance autonome – Possibles et dettes morales de la situation coloniale au Sénégal » à Dakar le samedi 26 octobre.
Une séance de dédicace prévue à la librairie « Aux quatre vents » a été annulée sans explication le mercredi 23 octobre. Les éditions Karthala, qui ont publié le livre, ont justifié cette décision en évoquant un risque de perturbation de l’événement. Séverine Awenengo Dalberto a regretté les commentaires malveillants et infondés circulant sur son ouvrage et ses intentions, et a souligné que son travail est strictement historique.
La publication du livre a suscité des protestations au Sénégal, notamment de la part de l’Alliance pour la République, parti au pouvoir jusqu’à récemment, qui a dénoncé un ouvrage remettant en question les acquis sur la paix en Casamance et mettant en danger l’unité nationale. Les éditions Karthala ont déploré une instrumentalisation politique de l’ouvrage par des personnes qui n’ont pas pris connaissance de son contenu.
Le sujet de la Casamance reste sensible au Sénégal, où l’évocation du conflit divise. L’État sénégalais refuse l’autonomie pour la région. Un précédent livre d’un chercheur français sur le même sujet avait été interdit en 2010. La Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, est le théâtre d’un conflit ancien entre les indépendantistes et le gouvernement sénégalais, qui a fait des milliers de victimes et causé des dégâts économiques importants.
Malgré une baisse d’intensité du conflit, celui-ci persiste encore aujourd’hui, alimentant les débats et les tensions au Sénégal.




