Procès des viols de Mazan : audiences express au rythme effréné, qualité des débats compromise

"On se croirait parfois en comparution immédiate" : au procès des viols de Mazan, des audiences express, contraintes par un planning serré
          Chaque semaine, les accusés sont entendus par la cour criminelle par groupes de six ou sept, sur leur personnalité et sur les faits. Le rythme est très soutenu, voire effréné, au détriment parfois de la qualité des débats, jugent certains acteurs du procès.

Chaque semaine, un groupe de six ou sept accusés comparaissent devant la cour criminelle pour être jugés sur leur personnalité et les actes qui leur sont reprochés. La cadence des audiences est très rapide, voire précipitée, ce qui peut parfois compromettre la qualité des débats, selon certains participants au procès.

Des avocats mécontents du temps imparti aux procès

Carine Monzat, avocate de la défense, exprime son mécontentement quant à la durée des procès pour des affaires de viols non contestés. En moyenne, un procès dure seulement deux à trois jours pour un seul accusé, ce qui ne laisse pas suffisamment de temps pour chaque partie. Au palais de justice d’Avignon, plusieurs avocats partagent son opinion, alors que le procès des viols de Mazan se déroule depuis plusieurs semaines.

Trente accusés ont déjà été entendus depuis le 2 septembre, mais il en reste encore vingt-et-un à passer devant la cour. Malgré les absences répétées de Dominique Pelicot pour raisons de santé en début de procès, le planning a été maintenu grâce à des ajustements. Le président de la cour criminelle du Vaucluse, Roger Arata, craignait une catastrophe en cas d’absence prolongée de l’accusé principal, mais le procès a pu reprendre son cours à un rythme soutenu depuis le 17 septembre.

Chaque semaine, la cour criminelle entend une série de coaccusés répartis en groupes de six ou sept hommes, dans le but de terminer les interrogatoires d’ici au 18 novembre. Les avocats de la défense regrettent le manque de temps accordé à chaque accusé pour les expertises et les interrogatoires, estimant que cela ne permet pas de cerner pleinement leur personnalité.

Des moyens supplémentaires alloués pour le procès

Certains avocats critiquent le manque de moyens accordés par le ministère de la Justice pour ce procès complexe. La Chancellerie affirme pourtant avoir alloué des ressources budgétaires supplémentaires à la cour d’appel, sans préciser le montant. Le parc des expositions d’Avignon avait été envisagé pour délocaliser les débats, mais cette option a été écartée.

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Les avocats de la défense regrettent de ne pas avoir été consultés pour l’élaboration du planning et estiment que le temps imparti aux interrogatoires n’est pas suffisant pour comprendre pleinement la personnalité de chaque accusé. Lors des audiences, les versions des accusés se révèlent parfois contradictoires, soulignant l’importance de creuser en profondeur chaque témoignage.

Un exercice intimidant pour les accusés

Nombre d’accusés ont vécu des traumatismes dans leur enfance, ce qui rend l’exercice des interrogatoires particulièrement intimidant pour eux. Beaucoup n’avaient jamais consulté de psychologue avant d’être contraints de le faire dans le cadre de leur procès. La levée du huis clos n’a pas facilité la libération de leur parole, les accusés craignant que leurs déclarations ne soient relayées dans les médias.

Certains avocats soulignent les difficultés liées au format de la cour criminelle, qui diffère d’un jury d’assises. Les débats peuvent être expédiés en raison de l’accès des magistrats professionnels au dossier, ce qui suscite des inquiétudes quant à la qualité des débats. Malgré ces obstacles, l’objectif reste de faire émerger la vérité au cours des confrontations entre les parties.

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