Pourquoi la qualité de l’air dans les écoles québécoises mérite plus d’attention

Quand un enfant passe entre six et huit heures par jour dans une salle de classe, il n’y est pas seulement exposé à ses enseignants, à ses camarades et à son programme scolaire. Il respire aussi, pendant tout ce temps, l’air que le système de ventilation du bâtiment lui distribue. Si ce système est encrassé, mal entretenu ou mal calibré, ce sont des centaines d’enfants — souvent dans des locaux relativement petits — qui partagent ensemble la même qualité d’air pendant la majeure partie de l’année scolaire.

Le sujet revient régulièrement dans l’actualité québécoise depuis quelques années, particulièrement depuis que la pandémie a recentré l’attention sur la circulation de l’air dans les milieux confinés. Les commissions scolaires, les centres de services scolaires et les directions d’établissement ont vu leur niveau de responsabilité augmenter sur cette question. Et avec eux, les exigences en matière d’entretien des conduits et des unités de ventilation se sont resserrées.

Des écoles primaires aux CPE : des contextes variés

La problématique ne se limite d’ailleurs pas aux écoles primaires et secondaires. Les centres de la petite enfance (CPE) accueillent une population encore plus jeune, dont le système respiratoire en développement est particulièrement sensible aux contaminants aéroportés. Une garderie installée dans un local commercial reconverti, avec un système de ventilation conçu à l’origine pour un commerce de détail, présente des défis bien différents d’une école neuve construite selon les normes les plus récentes du Code de construction du Québec.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, à travers les publications de l’INSPQ, a documenté à plusieurs reprises les liens entre qualité de l’air intérieur et santé pédiatrique. Les enfants exposés à des concentrations élevées de particules fines, de moisissures ou de composés organiques volatils présentent des taux plus élevés d’asthme, d’infections respiratoires récurrentes et de symptômes irritatifs (yeux, gorge, peau). La fréquentation scolaire elle-même peut être affectée : un enfant qui tousse, qui éternue ou qui se sent fatigué chaque après-midi parce qu’il évolue dans un environnement vicié finit par accumuler des absences ou des difficultés de concentration que personne ne relie immédiatement à la qualité de l’air.

Dans un bâtiment scolaire typique, le réseau de ventilation comprend des unités centrales de traitement d’air, des conduits qui acheminent l’air vers chaque local, des grilles d’alimentation et de retour, et des serpentins de chauffage ou de refroidissement selon les saisons. Toutes ces composantes accumulent progressivement des dépôts : poussière organique, fibres textiles provenant des vêtements et des sacs d’école, particules apportées par la circulation extérieure, et parfois moisissures quand l’humidité s’invite dans les conduits par condensation ou par infiltration.

Une intervention qui se planifie autrement

L’expérience accumulée sur le terrain par des entreprises spécialisées, qui ont documenté plusieurs interventions dans le secteur institutionnel, illustre la diversité des situations rencontrées. UnNettoyage de conduits de ventilation des écoles ou d’un CPE ne se planifie pas comme une intervention résidentielle. Il faut tenir compte du calendrier scolaire, de la présence éventuelle d’enfants pendant les travaux, des protocoles de sécurité applicables à un bâtiment public, et des normes sanitaires propres aux établissements d’enseignement et de garde.

Les interventions se déroulent généralement pendant les périodes de relâche, les vacances d’été ou les congés pédagogiques. Cette contrainte temporelle exige une coordination étroite entre la direction de l’établissement, les services techniques et l’entreprise mandatée. Une école secondaire de taille moyenne peut compter plusieurs dizaines de classes, un gymnase, une cafétéria, des laboratoires et des locaux administratifs, chacun desservi par des branches spécifiques du réseau de ventilation. La planification doit prévoir l’ordre d’intervention, les protections nécessaires pour le mobilier et les équipements pédagogiques, ainsi que la vérification du fonctionnement avant la rentrée des élèves.

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Sur le plan technique, plusieurs particularités méritent d’être soulignées. Les écoles construites avant les années 2000 disposent souvent de systèmes qui combinent ventilation mécanique et apports naturels par les fenêtres. Les rénovations énergétiques successives ont parfois étanchéifié ces bâtiments sans augmenter proportionnellement la capacité de ventilation, créant des situations où l’air se renouvelle insuffisamment. Le nettoyage des conduits améliore alors la circulation effective, mais ne remplace pas une évaluation plus globale du système.

Mesurer et documenter le résultat

Les analyses bactériologiques et les mesures gravimétriques prennent une importance particulière dans le contexte scolaire. Pouvoir documenter chiffres à l’appui l’état des conduits avant et après intervention, c’est offrir aux directions d’établissement et aux comités de parents un outil concret pour démontrer le sérieux de la démarche. Ces analyses font aussi partie des bonnes pratiques recommandées par les organismes de santé publique pour le suivi des bâtiments fréquentés par les enfants.

Le mobilier scolaire et la nature des activités contribuent à un encrassement particulier. Les tableaux à craie, les locaux d’arts plastiques, les ateliers de menuiserie ou de cuisine, les laboratoires de sciences génèrent des particules spécifiques qui s’accumulent dans les conduits desservant ces espaces. Une école qui n’a jamais fait nettoyer son réseau peut accumuler en quelques années des dépôts considérables, surtout dans les sections proches des unités terminales et dans les zones où la circulation de l’air est réduite.

Un enjeu énergétique et budgétaire qui s’ajoute au sanitaire

Au-delà de l’aspect sanitaire, la performance énergétique entre aussi en jeu. Des conduits encrassés réduisent l’efficacité des unités de traitement d’air, augmentent la consommation électrique des ventilateurs et accélèrent l’usure des moteurs. Pour des bâtiments publics dont les budgets de fonctionnement sont scrutés, ces économies cumulées sur plusieurs années représentent un argument supplémentaire en faveur d’un entretien rigoureux.

L’engagement des centres de services scolaires sur cette question varie d’une région à l’autre. Certains ont mis en place des programmes d’inspection régulière et de nettoyage cyclique de leurs bâtiments. D’autres réagissent au cas par cas, en fonction des plaintes reçues ou des problèmes constatés. Les associations de parents jouent souvent un rôle moteur pour faire avancer ces dossiers, en demandant aux directions des comptes sur la qualité de l’air respiré par leurs enfants.

Pour les directions d’établissement qui souhaitent encadrer leur démarche, plusieurs ressources existent. Les guides de bonnes pratiques publiés par le Ministère de l’Éducation, les avis de l’INSPQ et les documents techniques de la NADCA fournissent des balises utiles. Travailler avec une entreprise spécialisée certifiée, capable de documenter son intervention par des images avant-après, par des analyses chiffrées et par un rapport détaillé, simplifie ensuite la communication auprès des parents et des autorités scolaires.

Au final, la qualité de l’air dans les écoles n’est pas un enjeu accessoire. Elle conditionne directement la santé respiratoire des élèves, leur capacité de concentration, la fréquence de leurs absences et, à long terme, leur exposition à des facteurs de risque chroniques. Faire entretenir sérieusement les conduits de ventilation, c’est reconnaître que les bâtiments scolaires ne sont pas seulement des contenants pédagogiques. Ce sont aussi des environnements respiratoires dont la conception et l’entretien méritent la même rigueur que les programmes d’enseignement qui s’y déroulent.

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