Se pourrait-il que l’extrême droite soit impliquée dans les mystérieuses disparitions qui ont secoué la ville de Lille au cours des années 2010 ? C’est la question qui se pose dans un épisode de l’émission « Affaires sensibles » dédié au « Mystère des noyés de la Deûle ». Les révélations inattendues d’un individu lié à la mouvance identitaire ont relancé l’enquête, jetant ainsi une lumière nouvelle sur cette affaire troublante.
Il y a environ quinze ans, à Lille, la vie nocturne de la ville étudiante a été perturbée par une série de noyades mystérieuses dans la Deûle. Entre octobre 2010 et septembre 2011, les corps de quatre jeunes hommes ont été retrouvés. Les circonstances entourant les disparitions de John Ani, Thomas Ducroo, Jean Mériadec Le Tarnec et Lloyd Andrieu, après une soirée festive avec des amis, demeurent floues.
Les autorités ont initialement évoqué des noyades accidentelles liées à une consommation excessive d’alcool et parfois de drogues. Cependant, des rumeurs ont circulé dans la ville, suggérant qu’il pourrait s’agir de crimes homophobes. John Ani était ouvertement homosexuel, tandis que Thomas Ducroo, bien que hétérosexuel, avait fréquenté un bar gay avant sa disparition.
Autour du jardin Vauban, un lieu de rencontre emblématique de la communauté gay situé le long du canal de la Deûle, les agressions homophobes étaient malheureusement courantes. Malgré cette coïncidence troublante, la police n’a pas exploré sérieusement cette piste, la jugeant peu plausible.
Les enquêtes ont stagné, mais la série macabre a rapidement repris. En novembre 2011, le corps d’Hervé Rybarczyk, un guitariste de 42 ans, a été retrouvé. Sa disparition faisait suite à un concert et à des événements personnels difficiles. La police a conclu à un suicide et a clos l’affaire, mais cette affaire a néanmoins permis de mettre en lumière une autre piste, celle de l’extrême droite lilloise, qui était active à l’époque.
En janvier 2015, de nouveaux éléments ont émergé avec les confidences d’un skinhead incarcéré, évoquant sa participation à un meurtre à Lille impliquant un de ses complices, Yohan Mutte, membre des Jeunesses nationalistes révolutionnaires. Les investigations ont alors conduit à l’implication de Yohan Mutte et de ses complices dans l’agression d’Hervé Rybarczyk. Des écoutes ont révélé que ce groupe agressait régulièrement des homosexuels, mais aucun lien n’a été établi avec les autres noyades de la Deûle.
En avril 2017, Yohan Mutte et ses acolytes ont été mis en examen et placés en détention provisoire. Malgré leur libération conditionnelle en 2018, ils demeurent sous le coup de l’accusation. Les enquêtes sur ces affaires, initialement classées sans suite, ont été rouvertes dans l’espoir de faire toute la lumière sur le mystère des noyés de la Deûle.




