Selon une étude menée dans une quinzaine de pays, dont la France, il semblerait que les effets du mois de naissance persistent jusqu’à l’âge de 15 ans, comme le montrent les résultats du test Pisa. Cette recherche met en lumière l’impact que peut avoir le moment de la naissance sur les performances scolaires des adolescents, soulignant ainsi l’importance de prendre en compte cette variable dans le domaine de l’éducation. En effet, les différences observées entre les enfants nés à des périodes de l’année différentes peuvent influencer leur réussite académique et leur parcours scolaire. Ces résultats mettent en évidence la nécessité de prendre en considération divers facteurs, tels que le développement cognitif des enfants en fonction de leur date de naissance, pour mieux comprendre et accompagner les élèves tout au long de leur scolarité.
Impact de l’âge à l’entrée à l’école sur la réussite scolaire
En ce qui concerne la réussite scolaire, il semblerait qu’il soit préférable de naître en janvier plutôt qu’en décembre. Selon une étude publiée par l’Insee le lundi 2 septembre, le fait d’être plus âgé que ses pairs à l’entrée à l’école aurait un impact significatif sur les performances dans certaines matières scolaires. Pour parvenir à ces conclusions, l’Insee a analysé les résultats de trois vagues d’examen Pisa, une enquête de référence comparant les compétences scolaires des élèves de 15 ans au sein de l’OCDE.
En moyenne, être plus jeune d’un an à l’entrée à l’école aurait pour conséquence une baisse d’environ 20 points dans les performances en mathématiques, sciences et lecture à l’âge de 15 ans, selon l’institut statistique. En France, cette différence d’un an à l’entrée au CP entraînerait, vers la fin du collège, un écart de 14 points en mathématiques, 17 points en sciences et 18 points en lecture. En 2022, le score Pisa moyen des élèves français en mathématiques était de 474.
Les écarts de résultats varient d’un pays à l’autre. Par exemple, en Italie, être plus âgé d’un an que ses pairs à l’entrée à l’école augmenterait de 29 points le score en mathématiques, contre 10 points en Estonie et en Finlande, et 9 points aux Pays-Bas, souligne l’Insee.
Conséquences sur le redoublement et le harcèlement
Dans plusieurs pays, être plus jeune à l’entrée à l’école augmenterait également le risque de redoubler au cours de sa scolarité et d’être exposé au harcèlement, d’après l’Insee. Les plus jeunes auraient des compétences sociales et émotionnelles moins développées, moins de confiance en leurs capacités et seraient moins enclins à envisager des études supérieures, révèle l’étude.
En France, où l’entrée en CP se fait à l’âge de 6 ans, la différence d’âge entre un élève né en janvier et un né en décembre représenterait un écart de 16%, note l’Insee. L’organisme évoque divers effets cumulatifs qui pourraient expliquer la persistance des écarts de performances scolaires. Les élèves les plus jeunes pourraient avoir des résultats décevants en début de scolarité, être étiquetés en difficulté, ce qui fragiliserait leur estime de soi et leur motivation.
Ainsi, la persistance de l’effet de l’âge à l’entrée à l’école sur la réussite scolaire soulève des interrogations sur la capacité du système éducatif à gérer l’hétérogénéité des élèves, selon l’Insee. Cependant, ces variations restent bien moins importantes que les inégalités de performances liées à l’origine sociale. En moyenne dans l’OCDE, le quart des élèves les plus défavorisés sur le plan social obtiendrait un score en mathématiques inférieur de 92 points à celui du quart le plus favorisé, rappelle l’institut.




