En mars, Isabelle Saporta s’était retrouvée dans une situation délicate à cause de son refus catégorique de céder la marque Fayard à une autre maison d’édition du groupe Vivendi, Mazarine. Cette décision avait alors déclenché une procédure de licenciement à l’encontre de la journaliste.
Isabelle Saporta licenciée par Hachette Livre
Le principal éditeur français, Hachette Livre, a annoncé le mardi 16 avril le licenciement d’Isabelle Saporta, qui occupait le poste de PDG des Éditions Fayard, en raison de « différends stratégiques ». Le groupe a exprimé des regrets concernant ces différends qui ont conduit à mettre fin aux fonctions d’Isabelle Saporta à la tête des Éditions Fayard.
En février, Hachette Livre avait annoncé la nomination de Lise Boëll, éditrice derrière les succès de l’écrivain d’extrême droite Éric Zemmour, au poste de directrice générale de Mazarine. Isabelle Saporta, âgée de 48 ans, avait exprimé son désir de ne pas voir apparaître le nom de Fayard sur les livres édités par Lise Boëll, avec qui elle avait des désaccords politiques connus.
Signer ou partir
Selon des sources internes à Fayard, Hachette Livre n’avait laissé à Isabelle Saporta que deux choix : signer l’accord permettant à Mazarine d’exploiter la marque Fayard ou être licenciée.
Isabelle Saporta était devenue la directrice des Éditions Fayard en juin 2022, à la suite d’une crise déclenchée par le départ de l’ancienne patronne, Sophie de Closets, dans un climat de méfiance et de dénonciation de pressions politiques. Dans le communiqué de Hachette, Isabelle Saporta a chaleureusement remercié les auteurs et les équipes pour le travail accompli chez Fayard, soulignant avoir fait progresser la maison en s’appuyant sur son héritage patrimonial, culturel et moral.
Hachette Livre est passé sous le contrôle de Vivendi fin 2023, groupe dirigé par le milliardaire Vincent Bolloré, accusé par certains concurrents de vouloir utiliser ses maisons d’édition pour promouvoir une idéologie très à droite. Vincent Bolloré, qui nie ces accusations, a déclaré en mars aux députés : « Je n’ai aucun projet idéologique, je suis tout doux et débonnaire. »




