LaDame Quicolle : portraits de femmes marquées par la violence à Lille

Les portraits de Gisèle Pélicot signés de l'artiste LaDame Quicolle fleurissent sur les murs de Lille
          La street artiste, victime elle-même d'un viol à 19 ans, a entamé en 2021 une série de portraits de femmes marquées par la violence. La victime des viols de Mazan s'inscrit dans cette série.

En 2021, la street artiste a commencé à réaliser une série de portraits mettant en avant des femmes qui ont été touchées par la violence, un sujet qui lui tient particulièrement à cœur en tant que victime de viol à l’âge de 19 ans. Parmi les femmes représentées dans cette série, on retrouve la victime des viols de Mazan, dont le portrait témoigne de la souffrance et de la résilience face à de tels actes traumatiques. Cette démarche artistique vise à sensibiliser le public aux conséquences dévastatrices de la violence faite aux femmes, tout en offrant une tribune à ces victimes pour qu’elles puissent partager leur histoire et trouver une forme d’expression et de guérison à travers l’art.

L’artiste LaDame Quicolle met en lumière les victimes de violences à travers ses collages

Dans les rues de Lille, on peut croiser des portraits grandeur nature de femmes telles que Gisèle Pelicot, réalisés par l’artiste LaDame Quicolle. Ces collages font partie d’une série intitulée « Les gardiennes de rue« , qui met en avant des femmes ordinaires ayant vécu des violences telles que le viol, la prostitution infantile ou la violence conjugale.

Gisèle Pelicot est le 22ème portrait de cette série lancée en 2021 par l’artiste de 38 ans. En quelques minutes, LaDame Quicolle colle ses portraits colorés dans les rues, attirant ainsi l’attention sur ces femmes marquées par des expériences traumatisantes.

L’un des portraits représente la victime des viols de Mazan et est affiché dans plusieurs rues de Lille et de Paris, accompagné d’un message visant à renforcer la place des femmes dans la société. Cette femme, droguée et violée pendant une décennie par son mari et d’autres hommes, est au cœur d’un procès hors norme ouvert en septembre devant la cour criminelle du Vaucluse.

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Une démarche engagée et féministe

LaDame Quicolle, artiste féministe diplômée des Beaux-Arts de Bourges, travaille dans son atelier lumineux à Lille pour donner vie à ses modèles. En photographiant, dessinant et peignant ces femmes, elle souhaite les réintégrer dans l’espace public et briser le silence entourant les violences qu’elles ont subies.

Son premier portrait, affiché dans un quartier populaire de Lille, représente une jeune femme ordinaire victime de violences, devenue une gardienne de l’espace public. LaDame Quicolle, elle-même victime de viol à l’âge de 19 ans, a même réalisé un autoportrait qu’elle a collé à l’endroit de son agression en banlieue parisienne.

Ces femmes, selon l’artiste, incarnent des figures de surveillance et de vigilance dans l’espace urbain, rappelant que malgré les épreuves traversées, elles continuent à vivre. LaDame Quicolle souhaite ainsi interpeller et fédérer autour de ces histoires souvent tues, redonnant ainsi une voix à ces femmes victimes de violences.

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