Suite à la fuite du président syrien et à la prise de contrôle du pays par des forces rebelles menées par un groupe islamiste, la situation des jihadistes français en Syrie suscite des inquiétudes au sein des autorités françaises. En effet, certains d’entre eux ont été capturés et sont actuellement détenus, tandis que d’autres ont choisi de rejoindre les rangs de la rébellion. Cette situation soulève de nombreuses interrogations quant au retour éventuel de ces individus en France, ainsi que sur les mesures à prendre pour contrer la menace potentielle qu’ils pourraient représenter une fois de retour sur le territoire national.
Les jihadistes français face à la chute de Bachar al-Assad
La récente chute de Bachar al-Assad en Syrie a des répercussions sur les jihadistes français. En effet, l’offensive menée par des groupes rebelles, dont le groupe radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), a mis fin au pouvoir en place en Syrie. Cette situation soulève des interrogations sur le rôle des Français partis faire le jihad en Irak et en Syrie dans les années 2000 et 2010, ainsi que sur la menace qu’ils représentent désormais. Franceinfo apporte des éléments de réponse.
Combien sont-ils et où se trouvent-ils ?
Selon le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, sur 1 500 départs de jihadistes français, environ 390 sont revenus en France, 500 sont décédés, une centaine se trouvent dans la poche d’Idlib, environ 150 sont détenus ou retenus dans le nord-est syrien et en Irak, et 300 sont portés disparus. Il existe deux catégories de jihadistes français en Syrie actuellement : ceux retenus dans le nord-est syrien et ceux présents dans la poche d’Idlib, proche de la frontière turque.
A quels groupes islamistes sont-ils liés ?
Les jihadistes français en Syrie sont liés à deux principaux groupes islamistes. Certains ont rejoint le HTS, tandis que d’autres sont affiliés à Al-Qaïda, plus précisément à la brigade d’Omar Omsen. Ce dernier est un ancien braqueur français qui a rejoint le jihad en Syrie en 2013. Il est toujours recherché pour terrorisme.
Ont-ils participé au renversement du régime Assad ?
Il est difficile de déterminer exactement combien de jihadistes français ont participé à l’assaut de Damas. Cependant, dix d’entre eux ont été identifiés dans les rangs du groupe rebelle HTS. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des jihadistes français parlant français et participant à des opérations militaires en Syrie.
Représentent-ils une menace pour la France ?
Emmanuel Macron s’est exprimé sur le retour éventuel de ces combattants en France, soulignant le danger qu’ils représentent. Le procureur antiterroriste assure que tous les jihadistes français font l’objet d’enquêtes judiciaires et de mandats d’arrêt. Il affirme également qu’il n’y a pas de projet terroriste clairement identifié en provenance de ces combattants.
En conclusion, la situation des jihadistes français en Syrie reste préoccupante, mais des mesures sont prises pour surveiller et appréhender ceux qui pourraient représenter une menace pour la France. Selon Wassim Nasr, expert en terrorisme, le retrait des armées américaines pourrait changer la donne en matière de lutte contre le terrorisme. De son côté, Jenny Raflik, spécialiste de l’université de Nantes, souligne que le risque zéro n’existe pas dans la lutte contre le terrorisme. Elle explique que l’évolution de la situation en Syrie rend incertain les itinéraires empruntés par les jihadistes, notamment le groupe HTS. Elle souligne que la nature de la menace jihadiste a évolué depuis les attentats de 2015 en France, notamment avec le déclin de l’Etat islamique en 2019. Elle estime que les services de renseignement sont mieux équipés pour gérer les retours de jihadistes, même si la menace persiste. Selon elle, il est dangereux d’anticiper et de créer une peur autour de cette menace.




