Ingénieurs français délaissent l’industrie pour les services : étude

Emploi : l’industrie française n’attire plus les jeunes ingénieurs, selon une étude
          Les jeunes ingénieurs boudent de plus en plus l’industrie pour aller travailler dans les sociétés de services et d’ingénierie. Ce phénomène récent est souligné dans une étude de l'association Ingénieurs et Scientifiques de France rendue publique jeudi.

De nos jours, de nombreux jeunes diplômés en ingénierie choisissent de délaisser le secteur industriel au profit des sociétés de services et d’ingénierie. Cette tendance, mise en lumière récemment par une étude de l’association Ingénieurs et Scientifiques de France, illustre un changement majeur dans les préférences professionnelles des nouvelles générations d’ingénieurs. Selon cette étude, de plus en plus de jeunes talents issus des filières scientifiques optent pour des carrières axées sur les services et l’ingénierie, délaissant ainsi les traditionnels postes dans l’industrie. Cette évolution semble refléter une transformation profonde du marché du travail et des aspirations des jeunes ingénieurs, qui privilégient désormais des environnements plus dynamiques et variés.

Bilan de la campagne de promotion des métiers de l’ingénieur et du scientifique 2023-2024

L’étude annuelle menée par l’association Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF), dévoilée le jeudi 3 octobre, met en lumière des données intéressantes. En effet, ces deux dernières années, le taux de recrutement des jeunes diplômés des écoles d’ingénieurs par des bureaux d’études est passé de 7 à 11%. En parallèle, le nombre de jeunes ingénieurs intégrant l’industrie, tous secteurs confondus (automobile, métallurgie, énergie), a diminué de deux points, passant de 38 à 36%. Il apparaît que l’industrie lourde demeure le principal débouché, mais semble moins attirer les jeunes arrivant sur le marché du travail.

Dans le domaine de l’industrie, on observe une diminution du nombre de Contrats à Durée Indéterminée (CDI) proposés aux jeunes recrues, tandis que les Contrats à Durée Déterminée (CDD) sont en progression. Entre 2022 et 2024, le nombre d’embauches en CDI dans l’industrie a baissé de 3% et celui des CDD a augmenté de 5%. Par ailleurs, en ce qui concerne les salaires, le salaire d’embauche le plus bas est passé de 34 000 euros annuels en 2022 à 29 000 en 2023, soit une baisse de 5 000 euros en deux ans.

La parité hommes-femmes ne progresse pas

En ce qui concerne la féminisation dans le secteur industriel, les chiffres ne montrent pas d’évolution significative. Les femmes représentent toujours 30% des 46 500 ingénieurs diplômés en France en 2023, un chiffre qui stagne depuis 2011. Cette stagnation est préoccupante, d’autant plus que le nombre de jeunes filles en classes préparatoires aux grandes écoles et écoles d’ingénieurs diminue de manière constante.

Les cabinets d’études attirent davantage de candidats que l’industrie, grâce à une plus grande offre de CDI, de meilleurs salaires et une place plus importante accordée aux femmes. Pour atteindre les objectifs de réindustrialisation de la France, réclamés par nos dirigeants et nécessaires pour relever les défis énergétiques de demain (nucléaire, énergies renouvelables, réseaux, etc), il est clair que nous sommes encore loin du compte, et surtout des moyens que nous nous donnons pour y parvenir.

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