Industrie jeu vidéo inquiète face à menace majorité extrême droite législatives 2024

Législatives 2024 : face à la menace d'une majorité d'extrême droite, l'industrie du jeu vidéo s'inquiète
          Dirigeants de studios, créatifs, travailleurs et associations craignent que certains droits acquis puissent être remis en cause à terme par de futures décisions politiques si le Rassemblement national obtient une majorité aux élections législatives.

Les professionnels de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel s’inquiètent des possibles répercussions sur leurs droits acquis en cas de victoire du Rassemblement National lors des prochaines élections législatives. Les dirigeants de studios, les créatifs, les travailleurs et les associations redoutent que de futures décisions politiques remettent en question les acquis obtenus jusqu’à présent. Cette incertitude pèse sur l’ensemble du secteur, qui craint de voir son cadre réglementaire et ses conditions de travail modifiés en profondeur. La perspective d’un changement de majorité aux élections suscite donc une certaine anxiété et mobilise les acteurs de l’industrie pour défendre leurs droits et leurs intérêts.

Plusieurs associations ont lancé une mobilisation contre l’extrême droite suite à la dissolution de l’Assemblée nationale et à la progression du Rassemblement national aux élections européennes. L’initiative, nommée « Ni dans nos vies, ni dans nos jeux », a été initiée par l’association Afrogameuses, qui milite pour plus de diversité dans le domaine des jeux vidéo.

Le secteur du jeu vidéo en France, première industrie culturelle et créative, s’inquiète des possibles répercussions d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Avec un chiffre d’affaires de 6,1 milliards d’euros en 2023, le secteur bénéficie de diverses aides publiques, telles que le crédit d’impôt sur le jeu vidéo, contribuant à sa croissance.

Julien Moya, co-créateur du studio Rundisc, souligne l’importance de ces dispositifs pour maintenir la santé financière des studios de jeu. Il met en avant le rôle du crédit d’impôt dans la préservation de la trésorerie entre les différents projets.

En parallèle, il exprime ses inquiétudes quant aux possibles conséquences politiques sur le secteur en cas d’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Il souligne l’importance de ces dispositifs pour maintenir la santé financière des studios de jeu.

Dans un contexte politique tendu, Julien Moya a pris la parole sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les joueurs sur les enjeux liés à l’extrême droite. Il a souligné que son jeu, « Chants of Sennaar », prônait l’ouverture à l’autre et appelait à la réflexion sur les valeurs véhiculées par l’extrême droite.

Concernant le programme du Rassemblement national, peu d’informations sont communiquées sur sa vision du secteur culturel et du jeu vidéo en particulier. Les incertitudes demeurent quant à l’impact que pourrait avoir une arrivée de l’extrême droite sur la politique culturelle, en se basant sur les expériences passées dans les municipalités dirigées par le parti.

Les jeux vidéo, en tant qu’objet culturel, peuvent véhiculer des messages politiques et des valeurs. Certains craignent que l’extrême droite n’instrumentalise le secteur pour promouvoir des œuvres conformes à son idéologie, mettant en péril la diversité et la liberté de création.

Florent Maurin, fondateur du studio The Pixel Hunt, alerte sur les conséquences potentielles des attaques de l’extrême droite sur les minorités présentes dans le secteur. Il craint que les discours de division et de rejet de l’autre impactent les projets et les personnes qui défendent des idées alternatives, notamment les personnes queer.

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