À partir du mois de juin prochain, les entreprises pourront bénéficier d’un guide proposé par l’association nationale des DRH afin d’améliorer la gestion des situations de violences conjugales.
Lutte contre les violences faites aux femmes : des manifestations prévues avant la Journée internationale
Le 25 novembre est la Journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, mais dès le samedi 23 novembre, de grandes manifestations sont déjà prévues pour dénoncer les violences faites aux femmes. Une étude intitulée « Comment les violences conjugales impactent-elles le monde du travail ? », publiée par la Fondation Agir contre l’exclusion en 2019, révèle que plus de la moitié des personnes interrogées ont déclaré que ces violences avaient affecté leur travail. Cela en fait donc un enjeu crucial pour les entreprises et les victimes.
Thibault Ronsin, directeur des ressources humaines dans un groupe de 22 000 salariés, a récemment dû aider un collaborateur confronté à des violences conjugales : « Un manager m’a appelé, m’a confié l’échange qu’il avait eu avec une salariée. Celle-ci lui a partagé sa situation de violences conjugales. Et le manager souhaitait savoir quoi faire, comment réagir ».
Un guide pour les entreprises
Tous les managers n’ont pas été formés pour faire face à ce type de situations. Pour remédier à ce manque, l’association nationale des DRH prévoit de lancer un guide en juin prochain, à l’intention des entreprises. « L’objectif serait de permettre aux entreprises de mettre en sécurité la salariée ou les salariés concernés en une heure », indique sa secrétaire générale Christine Caldeira.
« Si je dois trouver un logement pour une femme avec un enfant, je dois savoir quelles associations contacter pour que cela fonctionne », a déclaré Christine Caldeira de l’association nationale des DRH à franceinfo.
Cependant, pour certains, disposer d’un guide n’est pas suffisant car les entreprises ne sont pas tenues de suivre ses recommandations. C’est le constat du député LFI Louis Boyard, qui a déposé une proposition de loi pour encadrer la protection des victimes de violences conjugales. Il propose « par exemple une interdiction de licenciement pour les femmes victimes de violences conjugales, dix jours de congés supplémentaires pour permettre aux femmes d’effectuer les démarches sociales, administratives, juridiques et une mobilité fonctionnelle au sein des grandes entreprises pour leur permettre de changer de service et de ville afin de s’écarter d’un conjoint violent ».
Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur, 271 000 personnes ont été victimes de violences conjugales en 2023. Parmi l’ensemble des victimes, plus des trois quarts étaient des femmes.



