Depuis plus de cent ans, la tradition perdure : c’est à l’heure du déjeuner que se prend la décision finale, dans le cadre du restaurant Drouant, situé dans le quartier de l’Opéra à Paris.
Les dix membres du jury du Prix Goncourt se sont réunis le lundi 4 novembre pour désigner le lauréat ou la lauréate du plus prestigieux prix littéraire français. Parmi les favoris pour succéder à Jean-Baptiste Andrea se trouvent Kamel Daoud et Gaël Faye. Quatre autres auteurs sont également en lice pour ce prix : Sandrine Collette et Hélène Gaudy, qui sont considérées comme des outsiders.
Depuis plus d’un siècle, la décision finale est prise lors d’un déjeuner au restaurant Drouant, situé dans le quartier de l’Opéra à Paris.
Kamel Daoud, franco-algérien de 54 ans, est considéré comme le favori pour remporter le prix avec son roman « Houris », qui traite des massacres de la décennie noire en Algérie. Cette potentielle victoire pourrait également avoir des répercussions politiques, notamment après la décision de l’Algérie d’interdire les éditions Gallimard au Salon international du livre d’Alger. Cependant, Gaël Faye, avec son roman « Jacaranda », sur la reconstruction du Rwanda après le génocide de 1994, constitue un sérieux concurrent.
Les deux auteurs ont déjà été finalistes pour le Prix Goncourt par le passé, et ont rencontré un grand succès en librairie lors de la rentrée littéraire. Sandrine Collette et Hélène Gaudy, quant à elles, sont finalistes pour la première fois.
Le Prix Goncourt 2024 est le premier décerné sous la présidence de Philippe Claudel. Élu en mai dernier, il a exprimé sa volonté d’être un président démocrate. Il a également indiqué qu’il ferait tout son possible pour éviter une situation similaire à celle des années précédentes, avec une égalité persistante entre les votes.
Au-delà de la reconnaissance et de la fierté, le Prix Goncourt représente également un enjeu économique majeur pour les auteurs lauréats. En effet, il s’accompagne d’un chèque de dix euros et permet de booster les ventes de livres, ainsi que de susciter l’intérêt pour les traductions à l’international.
En cas de défaite, Kamel Daoud et Gaël Faye pourront se consoler en se tournant vers le Prix Renaudot, décerné traditionnellement juste après le Goncourt. Ils sont finalistes aux côtés d’autres auteurs tels qu’Élisabeth Barillé, Antoine Choplin et Olivier Norek.




