Philippe Darbourg, un expert, n’a pas trouvé de comportements déviants ou pervers chez les hommes âgés de 30 à 69 ans. Cependant, deux des accusés sont également inculpés pour possession d’images pédopornographiques.
Profil des violeurs : une analyse complexe
Est-ce qu’il existe un profil type du violeur ? Peut-on établir des critères objectifs permettant de prévoir si une personne est susceptible de passer à l’acte ? Le 7 novembre, l’expert psychiatre Laurent Layet a présenté son analyse devant la cour criminelle du Vaucluse, en soulignant que la plupart des accusés ne correspondent pas au profil classique des violeurs en série. Cependant, il a précisé que le passage à l’acte lui-même change la perception de l’individu. Laurent Layet, qui a examiné la moitié des 51 accusés du procès des viols de Mazan, a souligné que l’évaluation de la dangerosité d’une personne reste une tâche extrêmement complexe.
Le débat s’est poursuivi le 13 novembre lors des expertises psychiatriques des sept derniers accusés du procès, menées par le Dr Philippe Darbourg. Ce dernier, âgé de 75 ans et expert depuis quarante ans, n’a identifié aucune tendance déviante ou perverse chez ces hommes âgés de 30 à 69 ans. Malgré cela, deux d’entre eux sont également poursuivis pour détention d’images pédopornographiques.
Le président de la cour criminelle a partagé ces informations avec l’expert, qui n’en avait pas connaissance lors de ses examens. Le Dr Darbourg a souligné que ces découvertes confirment l’existence d’une sexualité incertaine avec des comportements exploratoires.
« Des hommes pas considérés comme abuseurs sexuels »
Selon le psychiatre, aucun des accusés ne correspond à la définition d’abuseur sexuel. Cette conclusion a été remise en question par Stéphane Babonneau, avocat de Gisèle Pelicot, qui a interrogé l’expert sur la nécessité d’avoir un passé de frustration pour être considéré comme un abuseur sexuel. Il a souligné le discours de ces hommes, affirmant qu’ils ne sont pas des violeurs, comme s’ils étaient tourmentés par des passions et des obsessions.
L’expert a justifié ses conclusions en s’appuyant sur des éléments cliniques et des pathologies pour déterminer le profil d’abuseur, qu’il n’a pas identifié chez ces sept hommes.
Stéphane Babonneau a souligné l’importance des vidéos dans l’affaire, soulignant que l’expertise aurait pu être un argument de défense si ces preuves n’étaient pas présentes.
« Six fois, ce n’est pas récurrent ? »
L’expert a conclu son témoignage en examinant le cas de Charly A., accusé d’être venu six fois au domicile du couple Pelicot entre janvier 2016 et juin 2020. Stéphane Babonneau a interrogé l’expert sur la répétition des actes et sur la définition d’abuseur sexuel.
Le psychiatre a noté que Charly A. ne cherchait pas systématiquement des situations d’agression sexuelle, ce qui a suscité l’agacement du conseil de la victime. Il a expliqué que les actes se sont déroulés dans des circonstances particulières, où Charly A. avait du mal à prendre conscience de sa responsabilité.
Ces analyses font écho à celles du Dr François Amic, qui a déposé devant la cour en affirmant que les accusés ont probablement été manipulés par Dominique Pelicot. Il a contesté l’idée que les accusés étaient au courant de l’état de la victime, suscitant des réactions de la partie civile et de l’avocate de Dominique Pelicot.




