Alexandre Bompard exprime son opposition à la proposition du gouvernement d’augmenter temporairement les impôts des sociétés. Selon lui, ces mesures auront pour conséquence de placer la France en dernière position parmi les pays européens en matière de compétitivité fiscale.
Les annonces du projet de loi de finances 2025 critiquées par le PDG de Carrefour
Dans une interview sur France Inter, Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, exprime son mécontentement face aux mesures annoncées dans le cadre du projet de loi de finances 2025. Il déplore un revirement complet de la politique économique du gouvernement, soulignant sa préoccupation quant au niveau de déficit public et au dérapage budgétaire inattendu. Selon lui, la France se retrouve désormais en queue de peloton en termes de qualité des finances publiques en Europe.
Le dirigeant de la chaîne de distribution critique particulièrement la hausse d’impôt temporaire envisagée par le gouvernement pour quelques centaines d’entreprises. Il met en doute le caractère temporaire de cette mesure, rappelant que de nombreux impôts dits temporaires sont finalement devenus permanents. Il souligne que Carrefour est actuellement imposé à hauteur de 67% de ses bénéfices en France et met en garde contre des hausses supplémentaires qui pourraient être confiscatoires, entraînant un manque de compétitivité et des répercussions négatives sur l’investissement.
Alexandre Bompard évoque l’exemple de la contribution de remboursement de la dette sociale, créée en 1996 pour deux ans et toujours en vigueur. Il exprime ses doutes quant à la périodicité des mesures annoncées pour 2025 et 2026, prédisant que la situation des finances publiques ne s’améliorera pas d’ici là.
Le PDG de Carrefour souligne également son inquiétude quant à la situation budgétaire du pays, déplorant le recul de la France en matière de finances publiques. Il critique les cadeaux accordés aux entreprises, notamment la réduction du taux d’imposition des sociétés de 33% à 25% lors du premier mandat d’Emmanuel Macron, qui avaient permis, selon lui, de retrouver de la productivité, de l’investissement et de l’emploi.
Appel à des économies de la part de l’État
Pour Alexandre Bompard, l’effort budgétaire doit principalement être supporté par l’État, qui devrait trouver des économies dans les dépenses publiques représentant 1 500 milliards d’euros, soit 57% du PIB, soit dix points de plus que la moyenne des autres pays européens. Il encourage à repenser le rôle et les missions de l’État, et à envisager la fermeture d’opérateurs et d’agences publics.




