Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, s’exprime sur la multiplication des plans sociaux et lance un appel à un arrêt temporaire des licenciements économiques. Cependant, la mise en œuvre d’un tel moratoire semble poser quelques difficultés.
La CGT appelle à un arrêt des licenciements
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a insisté sur la nécessité d’un moratoire sur les licenciements, en réaction aux plans sociaux récents chez Auchan et Michelin. Cette idée, régulièrement évoquée lors des crises économiques, est portée par le Parti communiste et la gauche, mais se heurte à des obstacles juridiques majeurs en raison de la liberté de licencier, essentielle pour la liberté d’entreprendre.
Le concept de moratoire, en tant que mesure exceptionnelle, s’avère difficile à mettre en œuvre alors que de nombreux secteurs comme l’automobile, la chimie, la construction ou le commerce traversent des crises profondes et structurelles, menaçant près de 150 000 emplois. Une telle mesure risquerait de toucher de nombreux secteurs de l’économie, avec des conséquences potentiellement durables.
Aucune garantie sur l’emploi…
En cas de moratoire, les salariés ne seraient pas assurés de conserver leur emploi, car les entreprises en difficulté pourraient chercher à licencier de manière discrète, en privilégiant des ruptures conventionnelles moins avantageuses pour les salariés. Maintenir les employés en poste impliquerait également de continuer à verser les salaires, ce qui pourrait mettre en péril la survie des petites et moyennes entreprises.
… et l’État n’est pas en mesure de le financer
Après avoir eu recours au chômage partiel pendant la pandémie, le gouvernement se retrouve confronté à un déficit important, rendant difficile le financement d’un moratoire sur les licenciements. Plutôt que d’opter pour cette solution, l’État préfère mettre la pression sur les entreprises pour qu’elles offrent des indemnités conséquentes et cherchent des solutions de reprise, même si ces mesures semblent insuffisantes pour les travailleurs touchés par les licenciements.




