La société spécialisée dans la production d’acier a décidé de repousser la mise en œuvre d’un projet qui était initialement prévu dans un accord signé avec les autorités publiques.
ArcelorMittal retarde son projet de décarbonation à Dunkerque
En 2023, l’État français avait signé 50 contrats de transition écologique avec les 50 sites industriels les plus émetteurs de CO2. Cependant, ArcelorMittal, un géant de la métallurgie, a décidé de retarder un projet de décarbonation prévu à Dunkerque. Cette information a été révélée par le ministre délégué en charge de l’industrie, Marc Ferracci, suite à une publication du magazine « L’Usine Nouvelle ».
Le projet consistait à mettre en place deux fours électriques et une unité de réduction directe de fer, une première étape vers la production d’acier décarboné. Avec environ 3% des émissions de CO2 en France imputables au site de Dunkerque d’ArcelorMittal, l’objectif ultime était de transformer le minerai de fer en utilisant de l’hydrogène. Cependant, l’utilisation d’hydrogène bas carbone comme combustible au lieu du charbon s’avère coûteuse en pratique, et l’entreprise estime que cela n’est pas viable dans le contexte international actuel.
L’objet d’une réunion à Bruxelles
Le coût du projet d’adaptation du site de Dunkerque d’ArcelorMittal est estimé à 1,8 milliard d’euros, avec une aide de l’État pouvant atteindre 850 millions d’euros. Même avec cette aide publique, le projet n’est pas rentable. En effet, ArcelorMittal subit des pertes sur le plan commercial et l’appliquer dans les conditions actuelles du marché pourrait compromettre l’avenir du site, qui est actuellement le plus grand haut-fourneau d’Europe, offrant plus de 3 000 emplois directs et jusqu’à 9 000 emplois indirects, soutenant ainsi une famille sur cinq dans la région de Dunkerque.
Pour l’instant, aucune solution à court terme n’est envisagée. Le groupe est affecté par la crise sidérurgique en Europe, avec des coûts énergétiques élevés, une demande d’acier au plus bas historique, des prix en chute libre et des contraintes environnementales strictes. La pression est donc très forte, et cela a conduit le groupe à envisager la fermeture de deux usines en France, à Reims et Denain.
La concurrence internationale est rude, les normes imposées par l’Europe à son industrie la mettant en difficulté face à une production chinoise moins respectueuse de l’environnement. Ce sujet sera discuté lors d’une réunion ministérielle à Bruxelles le jeudi 28 novembre.



