Trottinette électrique : êtes-vous vraiment couvert en cas d’accident ?

Trottinette électrique : êtes-vous vraiment couvert en cas d'accident ?

En quelques années, la trottinette électrique est devenue un compagnon urbain ordinaire. Pourtant, si 4,5 millions d’exemplaires ont été vendus en France depuis 2016, la question de l’assurance reste floue pour beaucoup d’utilisateurs. Un angle mort qui peut coûter très cher, à soi comme aux autres.

Une sinistralité en hausse, une réglementation qui se durcit

Les chiffres de la Sécurité Routière sont sans appel : 56 usagers d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) sont décédés en France sur les douze mois précédant juillet 2025, soit une hausse de 19 % par rapport à la période précédente. Les blessés graves ont bondi de 28 %. C’est une tendance à rebours de ce qui s’observe chez les automobilistes ou les piétons, dont la mortalité recule sur la même période.

La réglementation s’est durcie en réponse. Depuis le décret du 31 août 2023, l’âge minimum est fixé à 14 ans, et les sanctions pour trottinettes débridées peuvent atteindre 1 500 euros. La circulation sur les trottoirs reste strictement interdite, tout comme le transport d’un passager. Malgré ces mesures, les accidents continuent d’augmenter, notamment dans certains départements comme l’Hérault, où le nombre de morts est passé de 1 à 4 entre 2023 et 2024.

Ce que la loi impose, et ce que beaucoup ignorent

L’assurance responsabilité civile est légalement obligatoire pour toute trottinette électrique circulant sur la voie publique. Elle couvre les dommages causés à des tiers, mais pas le conducteur lui-même ni son engin. C’est là que beaucoup se trompent. Pour comprendre ce que recouvre précisément cette obligation et ce qu’elle ne protège pas, le point complet sur l’assurance trottinette électrique permet d’y voir plus clair selon les situations.

Un adulte qui utilise sa trottinette pour ses trajets domicile-travail ne peut pas se contenter de sa RC habitation : un contrat dédié est requis. En revanche, pour un adolescent de 14 à 17 ans à usage occasionnel, la RC habitation familiale peut suffire, sous réserve de vérification auprès de l’assureur. Autre cas souvent ignoré : une trottinette débridée dépassant les 25 km/h est reclassée comme cyclomoteur, avec obligation d’immatriculation et d’assurance moto.

Rouler sans assurance expose à une amende forfaitaire de 500 euros, voire jusqu’à 3 750 euros. Et en cas d’accident responsable, c’est le Fonds de garantie des assurances obligatoires qui indemnise la victime avant de se retourner contre le conducteur, pour des sommes pouvant dépasser 100 000 euros.

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Quelle couverture choisir selon son usage ?

Le marché propose des formules accessibles. Une RC seule coûte entre 3 et 6 euros par mois. Une formule incluant la garantie vol, premier motif d’indemnisation sur les engins d’une valeur supérieure à 500 euros, se situe autour de 6 à 10 euros. Les formules tous risques, incluant protection corporelle et dommages, tournent entre 10 et 15 euros mensuels selon les données de marché de 2026.

Les trottinettes vendues en libre-service sont couvertes par l’opérateur, mais les blessures du conducteur ne le sont pas toujours : les conditions générales méritent d’être lues avant d’enfourcher l’engin. Un usage professionnel, comme celui d’un livreur, est systématiquement exclu des contrats standards et nécessite un contrat pro mobilité spécifique.

La trottinette électrique est entrée dans les usages. Les risques qui l’accompagnent aussi. Vérifier sa couverture avant de rouler, c’est une démarche rapide qui peut éviter des conséquences lourdes, pour soi comme pour les autres. Pour aller plus loin sur la mobilité urbaine et les nouvelles pratiques, viceversamag.com publie régulièrement des articles sur ces sujets du quotidien.

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