Le ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, a mis en garde contre une multiplication des plans sociaux dans les usines françaises, suite aux annonces de restructuration chez Michelin et Auchan. Les secteurs de l’automobile et de la chimie sont particulièrement affectés par ces mesures, ce qui risque d’entraîner une vague de suppressions d’emplois dans ces industries. Le gouvernement doit donc prendre des mesures pour soutenir ces secteurs et limiter l’impact social de ces restructurations.
« Nous sommes au début d’une violente saignée industrielle », a déclaré Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, lors d’une interview à La Tribune. Selon elle, plus de 150 000 emplois pourraient disparaître dans tous les secteurs de l’économie française, une estimation alarmante. Les plans sociaux se multiplient, après l’annonce de Michelin, et toucheront de nombreuses usines en France, comme l’a averti le ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, sur France Inter.
Selon Sophie Binet, cette saignée est le résultat de la stratégie des entreprises visant à augmenter constamment leurs marges et à distribuer toujours plus de profits aux actionnaires. Le ministre de l’Économie, Antoine Armand, quant à lui, évoque une conjoncture internationale difficile avec le coût des matières premières et des pratiques commerciales agressives de certains pays. L’automobile et la chimie seront particulièrement touchées, mais d’autres secteurs le seront également.
L’automobile en première ligne face à la concurrence asiatique
Le groupe Michelin a été le premier à annoncer des suppressions d’emplois en France, avec la fermeture de deux sites. D’autres sous-traitants automobiles, comme GMD, craignent également pour leur avenir. Les usines françaises de Stellantis attendent leur plan de production à trois ans mi-novembre, avec des suppressions d’emplois déjà en cours à Rennes et Mulhouse.
La crise touche aussi d’autres pays européens, comme l’Allemagne, où Schaeffler a annoncé des suppressions d’emplois. Volkswagen envisage également des fermetures d’usines et des licenciements massifs. Le ministre de l’Industrie plaide pour une protection commerciale européenne face à la concurrence chinoise.
La chimie victime des coûts de l’énergie
La filière chimique est également touchée par la crise, avec des suppressions d’emplois chez plusieurs entreprises en France. En Europe, la chimie allemande souffre de la hausse des coûts de l’énergie. Les grandes entreprises du secteur, comme Unilever et BASF, annoncent des réductions d’effectifs.
L’industrie spatiale tangue face à SpaceX
Airbus prévoit des suppressions d’emplois dans sa branche espace, confrontée à la concurrence de SpaceX. Thales Alenia Space en France annonce également des suppressions de postes. L’industrie spatiale européenne est à risque, selon le président du Cnes.
La grande distribution, un secteur en mutation qui fait les frais de l’inflation
Auchan a annoncé la suppression de milliers d’emplois en France, illustrant les difficultés du secteur de la grande distribution. La concurrence des chaînes de hard-discount et de l’e-commerce met en péril les acteurs historiques du secteur. Casino a vendu une partie de ses magasins et prévoit des suppressions d’emplois, tout comme Cora racheté par Carrefour.



