Le gouvernement envisage de modifier le délai de carence dans la fonction publique pour le porter à trois jours, afin de l’aligner sur celui du secteur privé. Cependant, cette décision risque de pénaliser davantage les femmes, qui sont déjà plus souvent confrontées à des absences liées à la santé de leurs enfants ou à des congés maternité. En effet, en prolongeant le délai de carence, les femmes seront plus impactées car elles seront contraintes de prendre plus de jours de congé sans être rémunérées. Cette mesure soulève donc des inquiétudes quant à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes sur le marché du travail.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2025, qui concerne les dépenses, a entamé son examen en commission des Finances à l’Assemblée nationale. Une mesure phare de ce projet est l’allongement du délai de carence dans la fonction publique, passant de un à trois jours, contrairement au secteur privé. Cette modification entraînerait un report de l’indemnisation des arrêts-maladie au quatrième jour, permettant à l’État de réaliser près de 300 millions d’euros d’économies.
Cependant, cette décision suscite des inquiétudes quant à son impact sur les femmes, majoritaires dans la fonction publique et souvent concernées par des arrêts courts. Des voix se sont élevées pour souligner que cette mesure pourrait davantage pénaliser les femmes, notamment en raison de leur prédominance dans ce secteur et de leur propension à avoir plus d’arrêts-maladie que les hommes.
En effet, les femmes représentent 64% des effectifs de la fonction publique en 2022, contre 46% dans le secteur privé. De plus, les femmes ont tendance à prendre plus de congés maladie que les hommes, avec près de 12 jours par an pour les femmes contre huit jours pour les hommes. Cette situation s’explique en partie par des facteurs tels que les grossesses, la tension au travail et le souci de leur santé.
Une étude de l’Insee a confirmé que l’instauration d’un jour de carence dans l’Éducation nationale en 2018 a eu un impact financier plus important sur les femmes, en raison de leur présence majoritaire et de leurs salaires souvent moins élevés que ceux des hommes. Le ministre de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, a défendu cette mesure en soulignant qu’elle s’appliquait également aux femmes dans le secteur privé, sans distinction.
En conclusion, l’allongement du délai de carence dans la fonction publique suscite des craintes quant à son impact disproportionné sur les femmes, qui pourraient être davantage pénalisées en raison de leur situation spécifique dans ce secteur.




