Cela fait maintenant cinq mois que Christian Tein et ses compagnons sont maintenus en détention préventive à des milliers de kilomètres de leur famille. Parmi eux se trouve Christian Tein, considéré comme le chef de file de la Cellule de coordination des actions sur le terrain.
Était-il nécessaire d’éloigner Christian Tein et les autres militants kanaks de Nouvelle-Calédonie ?
La Cour de cassation s’est penchée sur la question de l’exil de Christian Tein et d’autres militants kanaks à 17 000 kilomètres de chez eux, ainsi que sur les conditions de leur transfert entre la Nouvelle-Calédonie et la métropole. Deux des cinq personnes concernées, Christian Tein et Steve Unë, ont obtenu gain de cause.
Ces indépendantistes calédoniens ont contesté leur incarcération loin de chez eux en saisissant la plus haute juridiction française. Tous sont actuellement en détention provisoire dans des prisons de l’Hexagone, soupçonnés d’avoir joué un rôle dans les troubles en Nouvelle-Calédonie. Christian Tein, considéré comme le leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), est isolé à Mulhouse-Lutterbach, tandis que les quatre autres militants sont détenus dans d’autres établissements pénitentiaires en France.
Les conditions inhumaines du transfert
Les faits examinés par la Cour de cassation remontent au mois de juin, lorsque les militants kanaks ont été transférés en métropole. Le vol spécialement affrété pour les emmener à Paris s’est déroulé dans des conditions jugées inhumaines et dégradantes par leurs avocats. Les militants ont été maintenus menottés et sanglés à leurs sièges pendant toute la durée du transfert, avec interdiction de parler. Ces conditions ont été dénoncées comme ignobles par les avocats, qui ont témoigné du choc subi par leurs clients à leur arrivée en France.
François Roux, avocat des militants kanaks, a rapporté que les personnes incarcérées étaient dans un état de choc à leur arrivée en France, notamment les deux femmes mises en examen, Brenda Wanabo et Frédérique Muliava. Ces dernières ont décrit leur expérience comme un cauchemar vécu pendant le transfert.
Les avocats ont également saisi la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté concernant les conditions de garde à vue qui ont précédé le transfert, dénonçant des traitements inhumains.
Une demande de dépaysement du dossier
Les sept militants kanaks sont actuellement mis en examen pour des faits graves, notamment « complicité de tentative de meurtre », « vol en bande organisée avec arme » et « destruction en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes ». Leurs avocats ont demandé le dépaysement du dossier, toujours instruit à Nouméa.
Si Frédérique Muliava et Brenda Wanabo ont été libérées de prison cet été, elles sont aujourd’hui sous contrôle judiciaire et ont des obligations strictes. Christian Tein, quant à lui, a vu sa demande de remise en liberté rejetée en raison de son importance présumée dans l’organisation des faits reprochés.




