Fermeture de lits en hôpital psychiatrique : alerte des soignants marseillais

:
    Reportage



  

    
      
    
      

  

  
    "C'est une bombe à retardement" : des soignants marseillais alertent sur la fermeture de lits en hôpital psychiatrique
          Alors que le Premier ministre Michel Barnier est en visite jeudi à Poitiers pour parler de la santé mentale, grande cause nationale de l’année 2025, le secteur psychiatrique s’enfonce dans la crise avec une pénurie de personnel et de moyens.

Lors de sa visite à Poitiers, le Premier ministre Michel Barnier a abordé la question de la santé mentale, thème phare de l’année 2025 en France. Cependant, il est à noter que le secteur de la psychiatrie rencontre actuellement de graves difficultés, notamment en raison d’une insuffisance de personnel et de moyens. Cette crise qui sévit dans le domaine de la santé mentale soulève de nombreuses inquiétudes et pose de réels défis pour l’avenir. La situation est préoccupante et nécessite une action urgente de la part des autorités pour garantir un accès adéquat aux soins pour les personnes souffrant de troubles psychiques.

Le centre hospitalier Edouard-Toulouse, un établissement clé pour la prise en charge des malades psychiatriques des quartiers nord de Marseille

Derrière ses grandes grilles blanches, le centre hospitalier Edouard-Toulouse occupe une place essentielle dans la prise en charge des malades psychiatriques des quartiers nord de Marseille, parmi les plus défavorisés de France. Cependant, malgré des besoins pressants, une unité d’admission s’apprête à fermer ses portes en raison du départ récent d’un médecin psychiatre.

Yasmina, infirmière de nuit dans l’unité concernée, s’inquiète : « On va fermer douze lits. Que va-t-on faire avec les patients qui ont besoin de soins et qui sont en attente ? » Elle alerte sur les risques de voir des patients rester sans prise en charge, comme en témoigne l’exemple d’un homme qui a passé la nuit devant l’hôpital, exprimant ainsi son besoin d’assistance. Cette situation peut conduire à des conséquences dramatiques, notamment chez les patients schizophrènes, qui peuvent se mettre en danger.

La fermeture de lits psychiatriques met en danger non seulement les patients et les soignants, mais également la société dans son ensemble, selon Kader Benayed, du syndicat Sud-Santé à l’hôpital Edouard-Toulouse. Il souligne le risque de déplacer les problèmes en libérant des patients non stabilisés pour accueillir des patients en crise, ce qui peut avoir des répercussions graves.

À LIRE  Philippe Gaudin, maire de Villeneuve-Saint-Georges, s'excuse pour un geste malheureux lors du conseil municipal

Une prime pour attirer les soignants dans les secteurs difficiles ?

La direction justifie la fermeture des lits comme étant provisoire, le temps de recruter des médecins pour pallier le manque actuel. En effet, avec seulement cinq psychiatres en poste au lieu des 12 nécessaires, la situation est devenue critique. La cheffe du pôle Littoral Nord d’Edouard-Toulouse admet qu’il n’y a pas d’autre choix que de fermer temporairement l’unité faute de personnel médical suffisant.

Yasmina souligne que la psychiatrie reflète la détérioration des conditions de vie dans les quartiers nord de Marseille, rendant les patients de plus en plus difficiles à prendre en charge. Elle plaide pour une prime spécifique pour les soignants travaillant dans des secteurs difficiles, une revendication soutenue par la direction de l’hôpital mais qui n’a pas encore reçu de réponse politique concrète.

Retour en haut