Les producteurs de cognac sont confrontés à une situation délicate en raison du contexte économique difficile et d’une récolte en cours peu prometteuse. En plus de ces défis, ils doivent également faire face à une augmentation significative du prix de leurs bouteilles sur le marché chinois. Cette hausse des prix pourrait entraîner des difficultés supplémentaires pour les producteurs de cognac, qui doivent déjà faire face à des conditions défavorables. La demande croissante en Chine pour le cognac de qualité contribue à cette augmentation des prix, mettant ainsi une pression supplémentaire sur les producteurs qui cherchent à maintenir leur compétitivité sur ce marché en pleine expansion.
La France et l’Union européenne s’opposent aux surtaxes chinoises sur le cognac et l’armagnac
Sophie Primas, ministre du commerce, a annoncé que la France et la Commission européenne prévoyaient de contester les surtaxes imposées par la Chine sur le cognac et l’armagnac. Ces mesures ont été prises en représailles à la taxation européenne des véhicules électriques chinois.
Pour les producteurs français, cette décision est catastrophique car la Chine représente 25% de leurs exportations. De plus, cette mesure entrera en vigueur dès vendredi.
Les conséquences des surtaxes sur les alcools forts
Dans trois jours, les importateurs de ces alcools forts, élaborés à partir de vin en Europe, devront verser en Chine une caution de 35% de la valeur de l’étiquette. Ainsi, un cognac d’entrée de gamme vendu à 50 euros la bouteille passera à 70 euros.
Il est important de souligner qu’il s’agit d’une caution et non d’une surtaxe. Autrement dit, cette somme sera restituée si une solution diplomatique est trouvée. Malgré les menaces de Pékin, ces mesures ne sont appliquées qu’en partie, mais la filière se sent prise en otage d’un conflit qui ne la concerne pas. En effet, 97% du cognac est consommé à l’étranger, ce qui rend ces décisions particulièrement lourdes pour les producteurs français.
« Voilà comment on est remerciés alors qu’on contribue largement à l’excédent de la balance commerciale française à l’étranger. On est vraiment en colère »
Mathieu Augier, viticulteurà franceinfo
« On se sent complètement sacrifiés par l’État. On n’a jamais rien demandé à personne, on fonctionne dans notre petit coin, sans aides publiques », déplore Mathieu Augier, viticulteur à Mainxe, en Charente. Il critique également les contradictions du gouvernement français, qui a voté en faveur de la taxation des véhicules électriques chinois à Bruxelles, tout en dénonçant aujourd’hui ces mesures.
Un contexte déjà difficile pour la filière
L’appellation cognac est la plus importante des brandys européens, employant directement 15 000 personnes et indirectement 70 000 autres. Cependant, elle traverse actuellement une période difficile. Matthieu Augier, viticulteur sur une exploitation d’une cinquantaine d’hectares, en fait le constat.
« Le Covid, la guerre en Ukraine, la crise du pouvoir d’achat ont déjà eu un impact sur nos ventes. Elles ont baissé de plus de 10 ou 15%. Si on ajoute cette taxe, la situation va devenir compliquée », explique-t-il. En plus de cela, la production s’annonce en baisse cette année. « Beaucoup de pluie, des maladies, un peu de grêle… Finalement, en pleine période de vendanges, nous constatons un rendement très faible par rapport aux années précédentes. Une baisse d’environ 20%, mais cela peut être encore plus important dans certaines régions », ajoute-t-il. C’est pourquoi le bureau national interprofessionnel du cognac en appelle à la France pour trouver une solution à ce conflit avec la Chine, qui fragilise une filière déjà en difficulté.




