Le Choix Goncourt a eu lieu pour la première fois en Turquie, sous la direction de l’écrivain Mathias Énard. Cet événement marque une nouvelle étape dans l’histoire de la francophonie dans ce pays, qui a su maintenir des liens forts malgré les tensions parfois présentes avec la France.
La Turquie décerne son choix Goncourt à Neige Sinno pour « Triste Tigre de Neige Sinno » sous la présidence de Mathias Énard
La remise du prix Goncourt à l’international se fait à travers le Choix Goncourt. Depuis 1998, ce projet de critique littéraire est repris par les étudiants des universités du monde entier, sous l’égide des instituts français ou des instances de la francophonie. Plus de quarante pays participent à ces éditions hors frontières du prix littéraire français le plus populaire, incluant l’Espagne, la Corée du Sud, les États-Unis et le Japon. En 2024, la Turquie fait son entrée dans cette prestigieuse académie.
Pour la première édition turque, un jury représentant une cinquantaine de lecteurs a récompensé Neige Sinno pour son roman « Triste Tigre », publié chez P.O.L. Ce roman avait déjà remporté plusieurs prix en fin 2023, dont le prix Femina et le Goncourt des lycéens. Les jurés ont salué « la délicatesse et l’équilibre avec lesquels l’écrivaine traite de son sujet difficile, l’inceste », selon le président du jury, Mathias Énard.
Le choix Goncourt de la Turquie pour « Triste Tigre » marque le dixième prix international remporté par ce roman. L’Espagne, de son côté, a choisi Jean-Baptiste Andrea pour son ouvrage « Veiller sur elle », lauréat du prix Goncourt 2023.
Cette première édition a été l’occasion de souligner le rôle important de la Turquie au sein de la francophonie, avec ses treize écoles et deux universités francophones. Bien que le français ne soit plus la première langue étrangère du pays, il reste très présent et est perçu comme plus littéraire et culturel que l’anglais, selon Mathias Énard.
L’écrivain a une relation particulière avec la Turquie, comme en témoignent ses ouvrages sur Constantinople et Istanbul. Il estime que l’histoire de la Turquie est fascinante de par sa capacité à relever les défis et à se réinventer en permanence.
Les défis d’Ankara se manifestent également dans ses relations avec l’Occident, marquées par des tensions, notamment avec la France. Malgré ces tensions, la Turquie joue un rôle clé vis-à-vis de l’Occident et a la possibilité d’exister des deux côtés du Bosphore, selon Mathias Énard.




