Le début du mois de novembre a été marqué par l’annonce d’une augmentation anticipée de 2% du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), mettant ainsi en lumière une fois de plus la question des salaires minimums dans les différents secteurs d’activité et la tendance à l’uniformisation des grilles de classification.
La responsabilité des branches professionnelles dans la « désmicardisation » de la France
Dans le débat sur la « désmicardisation » de la France, les branches professionnelles ont aussi leur part de responsabilité. Sarah Lemoine nous éclaire sur le sujet.
Comment fonctionnent les branches professionnelles par rapport aux grilles de classifications ?
Sarah Lemoine explique que chaque branche professionnelle négocie des grilles de classifications qui s’appliquent à toutes les entreprises d’un même secteur. Ces grilles définissent la hiérarchie des emplois en fonction de critères tels que la technicité, les compétences requises ou le niveau de responsabilité.
Par exemple, dans la branche de la coiffure, un coiffeur peut être débutant, non-débutant, qualifié, hautement qualifié, et ainsi de suite, jusqu’au poste de manager ou d’animateur de réseau. Chaque niveau, chaque échelon est associé à un salaire minimal que les entreprises du secteur doivent respecter. Elles ont la possibilité de payer plus, mais jamais moins que ce salaire minimal.
Pourquoi les écarts entre les salaires minimaux se réduisent-ils ?
Dans de nombreuses branches, les salaires minimaux, situés en bas de la grille, sont alignés sur le smic, voire légèrement au-dessus. Chaque fois que le smic augmente, ces minima sont rattrapés, voire dépassés sur plusieurs échelons. Cependant, cela ne signifie pas que les salariés touchent moins que le smic, la loi l’interdit.
Cependant, il arrive que certains échelons restent au niveau du smic même après une progression. Actuellement, 25 des 171 branches suivies de près par la direction générale du Travail ont au moins un échelon en dessous du salaire minimum. De plus, les branches qui ont renégocié leur grille ne répercutent pas toujours la hausse du smic sur l’ensemble des échelons, ce qui réduit les écarts de minima de salaires.
Dans ce contexte, comment promouvoir un bon déroulement des carrières ?
Promouvoir un bon déroulement des carrières passe notamment par la révision des grilles de classification, qui entraîne souvent une revalorisation des salaires minimaux. La loi oblige désormais les branches à effectuer cette révision tous les cinq ans. Or, à la fin de l’année dernière, 102 des 171 branches étudiées par le ministère du Travail n’avaient pas actualisé leur classification depuis plus de cinq ans, et 15 depuis plus de 20 ans, selon un rapport récent.




