Pour restaurer la biodiversité et permettre le retour d’espèces disparues de la rivière Sélune, deux structures obsolètes ont été démolies. Cette décision a été prise malgré les conséquences sur la base de loisirs située à proximité.
La restauration de la biodiversité en Normandie grâce à la destruction de barrages
La baie du Mont-Saint-Michel (Manche) est un site où la mer rencontre trois cours d’eau. L’un de ces fleuves côtiers, la Sélune, voit son lit se dessiner au gré des marées. Pendant des siècles, les saumons ont remonté ce cours d’eau pour se reproduire en Normandie, avant que deux barrages hydroélectriques ne soient construits. Cependant, leur destruction a permis le retour des poissons migrateurs comme espéré.
Des scientifiques surveillent la Sélune depuis une douzaine d’années, effectuant des relevés dans l’eau pour observer la faune. Lors d’une matinée, ils capturent trois saumons juvéniles dans leurs filets, avant de les relâcher. C’est un signe positif pour la biodiversité locale.
La destruction des barrages a permis aux poissons d’accéder de nouveau aux cours d’eau pour se reproduire, constate Laurent Beaulaton de l’Office français de la biodiversité. Le lac s’est transformé en cours d’eau sur 19 km, et Jean-Marc Roussel, responsable du programme Sélune, se réjouit de la reprise de l’écosystème. Au Moyen Âge, les saumons étaient si nombreux que des pêcheries étaient installées dans la région.
Cependant, la destruction d’un barrage a entraîné la disparition d’un lac artificiel, créant des tensions localement. La fréquentation touristique de la base de loisirs de la Mazure a chuté ces cinq dernières années. Quentin Mullois, directeur de l’association gérant le site, estime la perte liée au lac à environ 25 000 euros par an. Il mise sur la construction d’une route vers les berges du fleuve pour attirer à nouveau les visiteurs.
Vous pouvez visionner l’intégralité du reportage dans la vidéo ci-dessus.




