Le passage du cyclone Chido à Mayotte le 14 décembre a mis en évidence une fois de plus la question de l’immigration illégale. Les personnes migrantes qui arrivent de manière illégale dans ce département français viennent principalement des Comores, un archipel voisin où les autorités cherchent à dissuader les départs.
La question de l’immigration clandestine à Mayotte
L’immigration clandestine à Mayotte provient en grande majorité des Comores. En effet, environ 123 000 étrangers sont installés dans ce département français malgré les efforts des responsables comoriens basés sur l’île d’Anjouan.
Certains ont « profité » du cyclone pour passer à Mayotte
Aoussidine Bouchrane, ancien passeur de migrants clandestins vers Mayotte, s’efforce désormais de limiter les départs vers l’île. Autrefois passeur, il est aujourd’hui président du syndicat des pêcheurs d’Anjouan. Il explique : « Dès que j’ai quitté l’école, quand j’ai commencé à pêcher, la pêche ne faisait pas un bon rendement, la plupart du temps on était donc obligés de faire passer des gens vers Mayotte. La majorité des amis que j’avais étaient des passeurs. » Il y a plus de 15 ans, il gagnait l’équivalent d’un salaire de fonctionnaire pour chaque trajet effectué. Aujourd’hui, il estime que les départs sont encore plus nombreux après le passage du cyclone Chido.
« Il y a des gens qui ont profité du cyclone car les patrouilles à Mayotte se sont arrêtées. Beaucoup de gens ont quitté Anjouan pour Mayotte », affirme Aoussidine Bouchrane.
Immatriculations, formation et création d’entreprises
Aujourd’hui, Aoussidine Bouchrane est devenu un acteur local impliqué dans plusieurs initiatives. Il a mis en place un système d’immatriculation permettant de distinguer les bateaux de pêche des embarcations des passeurs. Il déclare : « Parfois il y a des conflits avec les passeurs. Moi je suis là pour sensibiliser les pêcheurs et essayer de mettre en place des systèmes pour identifier qui est pêcheur et qui est passeur. »
Par ailleurs, il s’investit dans la formation et la création d’entreprises pour les jeunes afin de les dissuader de partir. Selon lui, c’est l’une des clés pour lutter contre l’immigration clandestine. Il explique : « Tous les ans, des milliers de jeunes quittent l’université sans savoir quoi faire. Le gouvernement ne peut pas tous les orienter vers l’administration publique, donc créer des emplois est l’un des moyens. » Les Comores comptent près de la moitié de la population vivant sous le seuil de pauvreté, avec des difficultés notamment dans l’accès aux soins et à l’éducation.




