Un grand nombre de travailleurs, soit 10 000 employés, ont été récemment mis à la porte de leur entreprise sans recevoir les indemnités qui leur étaient dues. Face à cette situation injuste, de nombreux syndicats ont décidé d’organiser une manifestation devant le ministère des Finances prévue pour le mardi matin.
L’entreprise Milee, spécialisée dans la distribution de prospectus publicitaires, a été placée en liquidation judiciaire le 9 septembre dernier en raison d’un manque de trésorerie. Les syndicats avaient appelé à une manifestation devant Bercy le mardi 8 octobre pour protester contre cette situation, et leur voix a été entendue.
Devant le ministère des Finances, les représentants syndicaux ont pris la parole devant les dizaines de personnes présentes. Pour certains salariés, comme Marie, originaire de Saint-Malo, le fait de se rendre à Paris représente un investissement financier conséquent. Marie se souvient de ses cinq années en tant que distributrice à temps partiel pour Milee, gagnant seulement quelques centaines d’euros par mois. Elle souligne que malgré la précarité et la difficulté physique de ce travail, elle appréciait la flexibilité des horaires.
Marie, qui est également agent d’entretien, exprime sa colère face à la situation. Les salaires du mois d’août ont été versés en septembre, mais depuis, plus rien, et aucun certificat de travail n’a été délivré, ce qui est nécessaire pour toucher le chômage.
Elle témoigne : « Ça s’est arrêté du jour au lendemain. Sans remerciements, sans rien, comme des chiens. En dix minutes, c’était terminé. » Elle ajoute : « Ce que j’aimerais, c’est que chaque personne puisse toucher ce qui lui est dû pour qu’on puisse tourner la page, mais on ne peut pas, on n’a droit à rien pour la CAF, et pour France Travail, on n’existe même pas ».
Aux côtés de Marie, les syndicats dénoncent une « invisibilisation » et une « violence sociale », soulignant le sentiment d’oubli et de mépris ressenti par les salariés.
Certains salariés, comme Amandine venue de Brive en Corrèze, se retrouvent dans une situation financière critique. Milee était leur seule source de revenus, entre 600 et 800 euros par mois en fonction des heures travaillées. Amandine, mère célibataire de quatre enfants, se trouve désormais sans aucun revenu depuis la fermeture de l’entrepôt en juillet. Elle espère que la situation se débloquera rapidement pour pouvoir commencer sa formation de secrétaire médicale.




