France : Débarquement 80 ans, casse-tête diplomatique sans Poutine ?

80 ans du Débarquement sans Poutine : vers un casse-tête diplomatique pour la France ?
          La Russie, mais sans son président, sera bien conviée aux célébrations du "D-Day" en juin, au nom de sa contribution à la victoire sur l'Allemagne nazie. Côté Français, on reste évasif, d’autant que les derniers contacts officiels avec le Kremlin ont pu échauder.

La participation de la Russie aux commémorations du « Jour J » en juin est confirmée, malgré l’absence de son président. Cette présence est justifiée par le rôle crucial joué par la Russie dans la défaite de l’Allemagne nazie. Du côté français, la situation est plus délicate et les relations avec le Kremlin restent floues suite à des échanges officiels tendus.

Joe Biden, Charles III, mais pas Vladimir Poutine

À moins de deux mois du 80e anniversaire du Débarquement en Normandie, le 8 juin 2024, la Mission Libération a annoncé mardi 16 avril que le président russe est exclu des célébrations.

La mission gouvernementale, qui organise les cérémonies d’hommage, justifie ce choix par la « guerre d’agression » que le chef d’Etat russe mène en Ukraine. « Compte tenu des circonstances, le président Poutine ne sera pas invité à participer aux commémorations du débarquement de Normandie », a indiqué l’organisme chargé des célébrations.

L’engagement et des sacrifices des peuples soviétiques

Reste que, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, la Russie a bien participé à la Libération et sera bien représentée lors de la célébration du « D-Day ». Or, la difficile distinction entre la Russie et le Kremlin, c’est ce à quoi s’emploie Emmanuel Macron : le président russe n’est pas le bienvenu pour commémorer le débarquement, mais la Russie, oui. Elle est « invitée à être représentée pour honorer l’importance de l’engagement et des sacrifices des peuples soviétiques », dit-on au sein de l’exécutif.

Oui, mais avec qui ? Une délégation, avec un ambassadeur, ou simplement quelques vétérans ? Côté Français, on reste évasif, d’autant que les derniers contacts officiels avec la Russie ont pu échauder. Après l’attentat de Moscou fin mars, Emmanuel Macron avait demandé à son ministre des Armées d’appeler son homologue russe pour évoquer l’antiterrorisme. Un appel conclu par des accusations russes de liens entre la France et l’attentat. Des propos alors qualifiés de « baroques » et « menaçants » par Emmanuel Macron lui-même.

Le précédent de 2019

Vladimir Poutine avait été convié aux célébrations du 60e anniversaire en juin 2004, au côté de Jacques Chirac, puis à celles du 70e en 2014, malgré l’annexion de la Crimée trois mois plus tôt par la Russie. Il n’avait en revanche pas été invité au 75e anniversaire du « Jour-J », en 2019, alors que la situation s’enlisait dans l’est de l’Ukraine et que les relations se tendaient déjà lourdement avec l’Occident. Le maître du Kremlin avait alors assuré que ce n’était « absolument pas un problème ». Et Moscou avait appelé à ne pas « exagérer » l’importance du Débarquement allié, rappelant les 27 millions de morts soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale.

En Russie, le souvenir de la « Grande Guerre Patriotique », nom donné au conflit armé entre l’URSS et l’Allemagne nazie, reste la source d’une immense fierté et constitue un pilier essentiel du patriotisme prôné par le Kremlin.

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