L’organisation des Jeux olympiques n’est pas simplement une question de logistique et de compétition sportive. En effet, un autre aspect important à prendre en compte est la dépollution de la Seine, qui a un impact direct sur l’écosystème aquatique de la région. En nettoyant la rivière, non seulement on améliore la qualité de l’eau pour les athlètes qui participent aux épreuves de natation, mais on crée également un environnement plus sain et propice au développement des poissons et des oiseaux qui peuplent les rives. Cette initiative contribue ainsi à restaurer l’équilibre naturel de la Seine et à favoriser la biodiversité locale.
Une nouvelle épreuve olympique dans la Seine : la natation marathon
Une nouvelle épreuve olympique se déroule dans la Seine, vendredi 9 août, avec la natation marathon. Après les femmes, la veille, sur 10 kilomètres, place à la même distance pour les hommes. Au-delà épreuves organisées dans un fleuve, malgré les doutes, bien plus propre qu’avant, après des années de travail pour le nettoyer et surtout 1,5 milliard d’euros dépensés, l’héritage des Jeux, c’est aussi une Seine plus accueillante pour la biodiversité.
La biodiversité prospère dans la Seine selon les pêcheurs
Hubert est un passionné de pêche. Depuis 20 ans, cet hydrobiologiste arpente les bords de Seine, comme ce jour d’août, à Levallois-Perret, pour de la pêche aux carnassiers. Des poissons qu’il relâche ensuite. « Là la perche est venue faire un bisou, mais elle ne s’est pas piquée… », commente ce membre de l’Union des pêcheurs de Paris, au terme d’une heure de pêche marquée par de faux espoirs. S’il n’a pas, ce jour-là, attrapé de poissons, Hubert a pu avoir un bel aperçu de la biodiversité du fleuve, qui est chaque année plus riche. « On a vu des gardons, des brochets, des chevesnes, des perches et des ablettes, décrit-il. C’est quand même rare d’être bredouille maintenant en Seine, à Paris. » Le pêcheur indique avoir déjà attrapé, « des perches exceptionnelles de plus de 40 centimètres, ou des sandres qui approchent le mètre ». Il ne connaît de telles prises, aussi nombreuses, que depuis peu de temps.
Les poissons sont de plus en plus nombreux, confirme Léo Lelièvre de la Maison de la pêche et de la nature, située juste à côté : « À Paris, dans les années 60-70 quand l’eau était très polluée, il n’y avait que trois ou quatre espèces de poissons qui survivaient. Aujourd’hui, on en a vraiment plusieurs dizaines. Au moins une trentaine, sur le bassin parisien. »
Toutes les espèces sont exposées dans des aquariums à la Maison de la pêche et de la nature. On retrouve des silures, des bouvières, des carpes, et même des brochets, de retour à Paris depuis quelques années. « On a un petit brochet d’une trentaine de centimètres qui est très polluo-sensible, reprend Léo Lelièvre. C’est vraiment l’indicateur numéro un d’une eau relativement saine. »
Continuer les travaux pour préserver la biodiversité
Il salue « le fait qu’il y ait des stations d’épuration avec de plus gros stockages ». « Traiter plus d’eau » permet d’avoir « moins d’azote, moins de matière organique et donc plus d’oxygène dans l’eau ». Ce qui permet aux poissons de vivre mieux : « Entre 2010 et 2020, on a constaté une baisse de 30% de l’azote dans les eaux sortant des stations d’épuration. C’est énorme !, » souligne Léo Lelièvre.
Les oiseaux, dont les martins-pêcheurs, sont aussi plus nombreux. Pour enrichir davantage encore cette biodiversité, « il faut continuer ce qu’on fait déjà », conclut Léo Lelièvre. Investir dans les stations d’épuration, poursuivre le raccordement des logements au réseau des eaux usées, construire d’autres réservoirs pour éviter le débordement des égouts, comme celui d’Austerlitz. Autant de travaux qui se sont nettement accélérés ces dernières années, à l’approche des Jeux olympiques.




