Décès de Madeleine Riffaud, résistante, journaliste et poétesse à 100 ans

La résistante Madeleine Riffaud, journaliste et poétesse, est morte à l'âge de 100 ans
          Cette sage-femme de profession était entrée dans la Résistance en 1942 au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

En 1942, une sage-femme de métier avait décidé de rejoindre la Résistance en s’engageant auprès des Francs-tireurs et partisans (FTP).

La résistante Madeleine Riffaud est décédée le mercredi 6 novembre, à l’âge de 100 ans, comme l’a annoncé son éditeur Dupuis, confirmant ainsi une information du quotidien L’Humanité, pour lequel elle a été correspondante de guerre. Le journal a salué la mémoire de cette héroïne qui a laissé derrière elle tout un siècle de combats, et qui a notamment couvert les guerres d’Algérie et du Vietnam.

Le 23 août, jour de ses 100 ans, Madeleine Riffaud a publié le troisième et dernier tome de « Madeleine, résistante » (éditions Dupuis), ses mémoires de guerre en bande dessinée, avec Dominique Bertail au dessin et Jean-David Morvan au scénario.

Jean-David Morvan, le scénariste, a rendu hommage à Madeleine Riffaud sur Facebook en publiant une photo d’elle, âgée, posant sur un canapé. Il a déclaré que ces derniers temps, elle était de plus en plus endormie, et que son départ était difficile. Il a souligné que sa vie avait été marquée par la lutte et la souffrance, mais qu’elle avait simplement cessé de respirer ce matin-là.

Née en 1924 dans la Somme, Madeleine Riffaud était fille unique d’instituteurs. Elle a rejoint la résistance à l’âge de 16 ans, devenant agent de liaison avec les FTP de la faculté de médecine à Paris. Elle était surnommée « Rainer », en hommage au poète allemand Rainer Maria Rilke, pour signifier qu’elle n’était pas en guerre contre le peuple allemand, mais contre les nazis.

Après la Libération, elle a voulu intégrer l’armée, mais n’avait pas encore 21 ans, mettant ainsi fin à son engagement militaire. Touchée par la détresse causée par la déportation de ses amis, elle a sombré dans la dépression, un épisode qu’elle a relaté dans « On l’appelait Rainer ». Paul Eluard l’a soutenue et présentée à des figures telles que Picasso et Vercors.

Elle a ensuite travaillé pour des journaux communistes comme « Ce soir » et « L’Humanité », couvrant des conflits en Indochine et en Algérie. De retour au Vietnam, elle a passé sept ans à rapporter les événements de la guerre. Après son retour en France, elle a exercé le métier d’aide-soignante dans un hôpital parisien et a dénoncé la misère de l’Assistance publique dans son livre « Les Linges de la nuit », qui s’est vendu à un million d’exemplaires.

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