Chanteuse de K-pop accusée de « trahison » pour relation amoureuse

"Une idole est censée être disponible" : les artistes de K-pop face à l'injonction du célibat, de l'innocence et de la chasteté
          La chanteuse et danseuse sud-coréenne Karina, star du groupe de K-pop Asepa, est accusée de "trahison" par ses fans pour avoir noué une relation amoureuse. Un comportement perçu comme un véritable affront.

Karina, une artiste célèbre de la K-pop au sein du groupe Asepa, a récemment été accusée de trahison par ses fans après avoir révélé sa relation amoureuse. Cette nouvelle a été mal reçue par ses admirateurs, qui considèrent cette relation comme une insulte à leur dévouement envers elle.

Karina, membre du groupe Asepa, est le dernier exemple en date d’une longue série de stars de la K-pop victimes des normes strictes et des standards impossibles imposés par cette industrie, cherchant à créer l’idole parfaite.

Certains admirateurs ont exprimé leur inquiétude quant à la carrière de la chanteuse, l’un d’eux lui demandant si elle ne recevait pas assez d’amour de la part de ses fans. Un autre admirateur a même menacé de boycotter ses albums et concerts si elle ne s’excusait pas pour ses prétendus écarts de conduite.

En réaction à ces attaques, Karina a publié une lettre d’excuses manuscrite à l’attention de ses fans en début mars. Selon Stephanie Choi, experte de la K-pop à l’Institut de recherche asiatique de l’université de Buffalo aux États-Unis, une idole de la K-pop se doit d’être accessible sur le plan sentimental, ce qui peut être difficile pour ces jeunes femmes qui ont souvent débuté dans l’industrie musicale à un jeune âge.

Des standards professionnels épuisants

Les normes de la K-pop rendent la transition vers l’âge adulte particulièrement compliquée pour les stars sud-coréennes, contrairement à certaines chanteuses occidentales comme Britney Spears ou Miley Cyrus. Les fans jouent un rôle crucial dans la promotion des groupes de K-pop, et ils attendent en retour que leurs idoles respectent des standards professionnels stricts, même dans leur vie privée.

Les stars établies ont plus de liberté pour vivre leur vie amoureuse, tandis que les nouvelles sensations comme Karina sont découragées de fréquenter qui que ce soit de peur de nuire à leur popularité. Selon Jeff Benjamin, chroniqueur pour Billboard, l’idée qu’un fan puisse potentiellement sortir avec une idole est parfois utilisée comme une stratégie marketing pour rendre ces stars montantes plus rentables.

De nombreux artistes de la K-pop subissent un entraînement intensif dès l’adolescence, leur interdisant d’avoir des relations amoureuses. Certains ont témoigné de la pression et de la solitude qu’ils ont ressenties pendant cette période. Des stars comme Jennie de BLACKPINK ont raconté les restrictions strictes auxquelles elles étaient soumises pendant leur formation, ne pouvant ni boire, ni fumer, ni avoir de tatouage.

La chanteuse Sulli, décédée en 2019 à l’âge de 25 ans, a également suivi un entraînement rigoureux avant ses débuts avec le groupe f(x). Dans un documentaire sorti en 2023, elle a partagé son désir de liberté à l’âge de 20 ans, exprimant le besoin de consulter un psychiatre et de vivre une relation amoureuse. Ses écarts par rapport aux attentes du public, comme le fait de ne pas porter de soutien-gorge en public, ont déclenché des campagnes de cyberharcèlement.

La pression exercée sur les stars de la K-pop pour correspondre à l’image parfaite et irréprochable attendue par le public peut avoir des conséquences graves sur leur bien-être mental. Le message souvent répété dans l’industrie du divertissement est que les artistes sont des produits qui doivent se conformer à des normes strictes pour satisfaire les attentes du public.

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