Quel peut bien être le monologue intérieur d’un officier de couleur, sur le point d’être exécuté par les troupes allemandes durant la Seconde Guerre mondiale, après avoir passé toute sa vie sous l’oppression du colonialisme tout en défendant ardemment les couleurs de la France ?
Le capitaine Charles Ntchongwè, sur le point de mourir, se remémore sa vie et se demande s’il a eu raison de renier une partie de son identité africaine pour être accepté par la France coloniale. Prisonnier à Airaines, il est exécuté avec ses hommes après avoir défendu la ville contre la Wehrmacht, un acte héroïque salué encore aujourd’hui.
Le journaliste camerounais Christian Eboulé a choisi le roman plutôt que la biographie pour évoquer le destin de Charles N’Tchoréré, devenu Charles Ntchongwè, un officier gabonais naturalisé français pour ses services remarquables. Dans « Le Testament de Charles », publié par les éditions Les Lettres mouchetées, l’auteur revient sur la vie de cet homme exceptionnel.
Malgré son assassinat par les nazis en juin 1940, Charles est libéré de la peur de la mort et des questions existentielles. Cependant, le racisme des soldats allemands lui rappelle son combat aux côtés des soldats africains de l’armée française, qui impressionnaient l’ennemi.
De l’internat de l’école Montfort au Gabon à la 7e Compagnie du 53e régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais en France, Charles s’est engagé dans une vocation influencée par les critiques du père Jean sur sa culture traditionnelle. Malgré les préjugés, Charles a toujours cherché à prouver que Noirs et Blancs étaient égaux, une conviction renforcée par son expérience professionnelle en Afrique.
Ayant réussi sa mission après avoir intégré l’administration française et servi dans l’armée pendant la Première Guerre mondiale, Charles atteint son objectif d’obtenir la nationalité française. Son roman « Le Testament de Charles » explore son parcours, mêlant passé et présent, et met en lumière les enjeux du colonialisme français en Afrique.
Avec cette œuvre littéraire, Christian Eboulé s’inscrit dans la lignée des romanciers africains critiquant la colonisation et l’occidentalisation des peuples du continent. Son récit apporte un nouvel éclairage sur un officier dévoué à sa patrie, prêt à tout pour la servir.
L’ouvrage « Le Testament de Charles » de Christian Eboulé, paru aux éditions Les Lettres mouchetées le 14 septembre 2024, offre une vision profonde et nuancée de l’engagement de Charles Ntchongwè. Une lecture captivante qui invite à réfléchir sur les conséquences de l’assimilation culturelle et de l’engagement patriotique.




