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	<title>ViceVersaMag</title>
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	<description>Magazine transculturel</description>
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		<title>Appel du Conseil National de la Résistance</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 23:45:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
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		<description><![CDATA[]]></description>
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		<title>ALLÉLUIA, n’est pas Léonard qui veut</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 23:28:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Leonard Cohen]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[- M. Bé &#160; on dit qu’il existe un accord secret / qui rend le faible fort qui donne à l’humanité &#8211; tout sons sens &#160; on essaie tout d’abord le DO le RÉ / le MI / un peu plus haut le FA  / le SOL / le SI ….on recommence &#160; alléluia….. &#160; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2080" class="wp-caption alignright" style="width: 234px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/02/SS-2011-2167.jpg"><img class="size-medium wp-image-2080 " title="SS 2011 2167" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/02/SS-2011-2167-224x300.jpg" alt="" width="224" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Happy Lady - Laurie Jutras-Martel</p></div>
<p>- M. Bé</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>on dit qu’il existe un accord</p>
<p>secret / qui rend le faible fort</p>
<p>qui donne à l’humanité &#8211; tout sons sens</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>on essaie tout d’abord le DO</p>
<p>le RÉ / le MI / un peu plus haut</p>
<p>le FA  / le SOL / le SI ….on recommence</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>alléluia…..</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>dans les excès au jour le jour</p>
<p>les expéditions au long cours</p>
<p>en méditant /en discutant – dans l’abstinence</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>j’aurai osé l’accord mineur</p>
<p>malgré qu’il me fasse si peur</p>
<p>tourné qu’il est vers la fin – où la mort danse</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>alléluia…..</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>je chante depuis toujours</p>
<p>par mes travaux / dans mes amours</p>
<p>j’ai voulu affirmer ta présence</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>à mes cris / mes rires / à mes pleurs</p>
<p>quelque soit l’an / le jour ou l’heure</p>
<p>à mes espoirs ne répondit jamais &#8211; que le silence</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>alléluia…..</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>on dit qu’il existe un accord</p>
<p>l’absolution de tous les torts</p>
<p>mais/ il me semble bien / la musique/ pour toi – c’est rien</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>j’ai joué et rejoué le DO</p>
<p>le RÉ / le MI / toujours plus haut</p>
<p>j’en suis venu à douter de ton existence</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>alléluia…..</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>on dit qu’il existe un accord</p>
<p>parfait / mais je crois qu’on a tort</p>
<p>car le mal chante mieux que le bien – et plus fort</p>
<p>car derrière ton nom, il n’y a rien – que la chance</p>
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		<title>La langue n’a pas d’os  (adage nord-africain)*</title>
		<link>http://www.viceversamag.com/la-langue-na-pas-dos-adage-nord-africain</link>
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		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 13:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
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		<description><![CDATA[- Karim Moutarrif - Le propos s’inspire de l’observation d’un discours statique sur ce que serait la culture ou la langue, qui en est une variable incontournable, et les faits de terrain qui contredisent ce discours lustré. Du balcon de ViceVersa, vue plongeante sur la Maine grouillante de convergences et de culture en perpétuel renouvellement, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2067" class="wp-caption alignleft" style="width: 223px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/02/GetAttachment.aspx19.jpeg"><img class="size-full wp-image-2067" title="GetAttachment.aspx19" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/02/GetAttachment.aspx19.jpeg" alt="" width="213" height="159" /></a><p class="wp-caption-text">Urban Ephemeral Art - Photos - Timothy T.</p></div>
<p>- Karim Moutarrif -<strong></strong></p>
<p>Le propos s’inspire de l’observation d’un discours statique sur ce que serait la culture ou la langue, qui en est une variable incontournable, et les faits de terrain qui contredisent ce discours lustré. Du balcon de ViceVersa, vue plongeante sur la Maine grouillante de convergences et de culture en perpétuel renouvellement, nous nous posions ces questions là.</p>
<p>La résistance au conditionnement, celle du « peuple », est d’ailleurs  exprimée à travers des choix, des introductions et des intrusions qui ne répondent pas à la « norme ». Ces choix semblent définitivement échapper  à toute prétention de contrôle. Le flot est immense et en même temps, il entretient une résistance tranquille, vaguement subversive. Probablement plus une inertie décisionnelle collective, qui étrangement, prend effet d’attitude politique.</p>
<p>La langue n’arrête pas de se détériorer selon les défenseurs de la rigueur…. N’arrête pas d’évoluer selon une vision plus progressiste et réaliste.</p>
<p>En fait, c’est le combat entre deux visions du monde qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. L’intellect aimerait de façon impérialiste, tout avoir sous sa coupe, mais ça ne marche pas!</p>
<p>Qui contrôle vraiment la langue, qui pourrait prétendre à cette illusion totale et totalitaire?</p>
<p>Qui parle de la langue? Qui parle la langue et de quelle langue parle-t-on?</p>
<p>Et c’est dans ce champ là, comme dans la cuisine, la musique…ou l’amour, que la transculture, cet être hybride se glisse. Un être vendu à toutes les causes…de l’amour, de la rencontre. Car sans rencontre, il n’y aurait pas d’acheminement. Ce sont les déplacements qui on fait évoluer l’humanité : la découverte qui vient à vous, à nous les sédentaires.</p>
<p>Finalement la langue, qui est un champ où s’exprime cette liberté d’incrustation, est à l’image de l’humanité, l’une est universaliste et l’autre est fascisante. L’une est parlée par une majorité écrasante, l’autre est entretenue dans des coffres à la bonne température, à jamais. Pour qu’on la retrouve plus tard, gelée, perpétuée. Quelle illusion!</p>
<p>Avant que la Révolution française ne lance sa machine normalisatrice et ne parvienne à ses fins, notamment avec la naissance d’un Ministère de l’éducation et la fin du XIXe  siècle, si vous faites des recherches, vous constaterez que le français<em> </em>même écrit, laissait la liberté à chaque coin de la France d’y apposer sa propre marque.</p>
<p>La langue « dévergondée » est prête à embrasser toute nouveauté, chez elle, c’est un grand moulin où tout le monde peut trouver le gîte et le couvert, voire même squatter et ne plus repartir. L’autre est coincée, prude, faisant très attention à ses fréquentations. La délurée, quant à elle  n’en à rien à cirer, elle s’éclate, dans la rue et dans la vraie vie. Elle a du plaisir  et en redemande, au grand dam de sa sœur distinguée qui passe le plus clair de son temps à se demander si elle a bien agencé ses mots.</p>
<p>La langue « polie », celle que récupèrent les politiques parce qu’elle fait propre sur une affiche électorale, est un discours de riche. Elle met tout le monde dans le même sac sans considérations socio-économiques. Elle donne cette vision réconfortante de l’immuable qui plaît aux esprits étroits effrayés par le moindre changement. Une façon d’ignorer que le changement vient de nos rejetons d’abord avant de venir d’ailleurs. Que le « vers » est dans le fruit.</p>
<p>Manque de bol tout le monde n’apprend pas la langue de la même manière et pour maîtriser un tant soit peu, il faut aller à l’école longtemps, ce qui n’est pas donné à tous. La langue orale prend alors le dessus, indomptable. Et dans une société inégalitaire où  la sélection est redoutable la majorité n’aura pas cette chance. Mais la chance de quoi?</p>
<p>La langue dominante  est prolétaire, sortie de la bouche des gueux et de la Cour des Miracles, la vraie langue du Bossu de Notre-Dame. Elle peut même narguer la linguistique en se saisissant de mots venant d’ailleurs, au nez et à la barbe de sa <em>straight sister</em>. Des mots qui, ironie du sort, finiront par se retrouver dans le dictionnaire après avoir été longtemps des parias de la langue qui se châtie.</p>
<p>Comme dirait certains, je <em>kiffe</em> cette ambiance mais je ne connais pas l’orthographe définitif du mot que je viens d’utiliser, fraîchement importé dans le vernaculaire français, celui qu’on parle plutôt en France, malgré La condescendance qu’on porte à son origine infra.  Ce mot veut dire apprécier, aimer. Bizarrement, dans le vernaculaire marocain, le kif est le nom donné à la variété de chanvre local qui s’y fume depuis des siècles ». Étrange transfert mais rien de surprenant. Comme toubib (médecin) ou kawa (café) ou encore chouiya (un peu).</p>
<p>La langue parlée n’attend pas l’avis de la langue qui barjote sur le lien entre la raison et la pratique, pour être. Elle est spontanée, subversive, imprévisible,  elle échappe au Pouvoir. Elle n’a donc pas de place dans la tribune du savoir…..même si elle diffuse plus que n’importe quel autre médium. Elle entre toujours par la porte de derrière,</p>
<p>Cette langue là devrait être celle que l’on observe pour repérer les nouveautés qui s’y sont glissées, nouveautés que l’on finit, avec le temps par voir s’imposer dans le langage que l’on appelle courant. Pour flairer les nouvelles tendances, c’est là qu’il faut aller et veux veux pas, c’est le Rap qui l’emporte.</p>
<p>Je me souviens, il y a longtemps, j’habitais une dictature où seule la folie du Prince définissait la ligne du pouvoir. Celui-ci décréta qu’une certaine langue serait, comme le drapeau ou l’hymne national, chose de la Nation. Ce fut une mode qui balaya cette partie du monde après la décolonisation. Une volonté de modélisation vît le jour, copie conforme des politiques coloniales par la violence de sa mise en place…….</p>
<p>Sur le terrain, ni ministère de l’éducation, ni écoles n’étaient sérieusement en place. Et je ne suis pas un inconditionnel de ces machines assimilatrices, mais juste pour dire que, concrètement, quand on prétend à des politiques, il faut minimalement  s’en donner les moyens.</p>
<p>Les bases du discours faisaient défaut mais la mise en place boiteuse se fît, au moins dans les grands centres urbains, lieux d’acculturation par excellence et faute de prendre tournure, donna lieu à une mixité de la langue officielle à la langue vernaculaire : un autre bébé était né de cette convergence un peu forcée, mais le rejeton n’était pas plus contrôlable que la langue dénigrée.</p>
<p>Je me souviens que mon oncle était toujours fasciné par la boîte à image au moment du télé journal, et pour cause, il essayait vainement de comprendre cette langue classique qui lui échappait complètement. Il était analphabète comme des millions de ses concitoyens.</p>
<p>J’imaginais les millions d’analphabètes, frappés de la même fascination que mon oncle, avec les mêmes yeux incrédules. N’ayant inventé ni la voiture, ni la télévision, ils débarquèrent dans nos vies de bédouins comme des jouets. Les infos duraient quarante cinq minutes au moins, avec pour le plus gros, le show du dictateur recevant, inaugurant, entretenant le culte de sa personne.</p>
<p>Il me semblait que l’arabe de mon oncle et de toute la gang que je côtoyais dans ce quartier des plus <em>cheap</em> de la capitale, n’avait pas évolué <em>ben ben</em>, même après quinze ans de matraquage.</p>
<div id="attachment_2068" class="wp-caption aligncenter" style="width: 223px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/02/GetAttachment.aspx24.jpeg"><img class="size-full wp-image-2068" title="GetAttachment.aspx24" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/02/GetAttachment.aspx24.jpeg" alt="" width="213" height="159" /></a><p class="wp-caption-text">Urban Ephemeral Art - Photos - Timothy T.</p></div>
<p>Dehors dans la vie de tous les jours, le vernaculaire était fait de bribes d’arabe, de berbère, saupoudrés de français, d’espagnol, d’italien voire même d’anglais. L’école c’était pour les riches et finalement seule une élite pouvait se prévaloir de cette langue (l’arabe) venue d’ailleurs. Le discours linguistique était battu en brèche par la force de l’inertie sociale.</p>
<p>Plus paradoxal encore, les enfants de l’élite fréquentaient des institutions de Missions étrangères, telle la Mission française, d’un nom discrètement évangélisateur.</p>
<p>Pendant qu’au petit peuple on distillait des drôles d’histoires dans l’ignorance, les nantis ne perdaient pas le Nord en termes de stratégies de carrière pour leurs mouflets. D’ailleurs j’avais remarqué que l’usage de cette langue coloniale permettait d’exprimer des choses qu’il aurait été impensable de dire dans la langue du terroir. Elle était coloniale mais elle devenait nécessaire pour la subversion, vitale pour retirer du lest à l’oppression. Un mariage amour-haine qui a fait long feu, sur les traces de la métropole.</p>
<p>Au cours d’un voyage en 2004-2005, j’ai appris que 50% des enfants des dernières cohortes ne pouvaient pas aller à l’école, faute d’infrastructures!</p>
<p>De quelle langue va-t-on parler?</p>
<p>Dans la même veine, quand je suis arrivé au Québec, on m’avait asséné que le français était la langue du pays et que l’on vivait en français. En fait, je me suis aperçu qu’il fallait que je revoie mon anglais pour parler français au Québec. Sans oublier la  réalité professionnelle, celle qui s’impose à tous et qui exige la connaissance d’une autre langue. D’un autre côté la contagion est mutuelle. Tout le monde sait que l’anglais montréalais par exemple, est particulier parce qu’il emprunte au français. Dans le pays de mes ancêtres, on a <em>berbérisé</em> l’arabe qui se parle dans les grandes villes et les plaines.</p>
<p>D’un regard tranquille on dirait que la transculture se fait dans les deux sens.</p>
<p>Et comment l’ignorer avec de telles proximités?</p>
<p>La pauvreté est un trait marquant des territoires urbains où l’on utilise le plus l’anglais, territoire où le « pouvoir » n’a pas accès. Son discours est incompréhensible. Puisqu’il ne modifie pas la condition sociale qui permet d’accéder à  la langue et la maîtriser.</p>
<p>Lors d’un voyage récent en Abitibi, région collée à l’Ontario, j’ai remarqué que les gens ne se formalisaient pas pour passer du français à l’anglais, pour les besoins de l’échange……</p>
<p>Alors que les « décideurs » rêvent de modéliser le « citoyen » avec à l’appui un discours d’unicité, les gens du peuple se débrouillent sans haine avec ce qui est à leur disposition. Ils magasinent dans le marché des mots et ils n’hésitent pas à se saisir du « made in China », si les produits sont plus accessibles.  Ils pratiquent la transculture, comme une donnée naturelle du milieu, à leur convenance.</p>
<p>D’ailleurs même le dictionnaire de mon ordinateur bloquait sur ce néologisme pourtant là depuis la nuit des temps.</p>
<p>Le seul domaine ou l’on a fini par en parler fut la psychanalyse, discipline exposée au « voyage culturel » de ses patients dans l’explication des pathologies. Les contacts culturels à tous les niveaux ont remis en question les limites de la psychologie interculturelle, partant de l’<em>ethnic psychology</em> vers la <em>psychology of acculturation.</em> Mais là encore est-ce aussi négatif que le sens du mot acculturation, qui désigne plutôt une perte qu’une acquisition? Ce que l’on appelle acculturation est justement le moment où le <em>trans,  </em>de<em> tansculture </em>se passe. D’aucuns y voient le fléchissement d’une culture par rapport à une autre, les plus inquiets, mais la vaste majorité ne s’en formalise guère.</p>
<p>J’ai même lu récemment que Montréal était la capitale de la psy… transculturelle.</p>
<p>C’est la discipline qui a pleinement légitimé un modus operandi où Freud ne pouvait plus avoir le monopole. Il fallait reconstituer des histoires composites, nourries de plusieurs cultures</p>
<p>Et quand la dame m’a demandé si je voulais mon hot dog <em>all dressed</em>, cela a pris quelques secondes pour que je réalise « tout habillé », puis tout garni. Le chien chaud m’avait déjà, quant à lui, <em>transculturé</em>. Et manger un hot-dog, c’était comme livrer mon corps à la science sans savoir vraiment ce que McDonald pourrait en faire. Il n’en reste pas moins que des mots dérivent d’ailleurs et viennent s’échouer sur nos territoires linguistiques.</p>
<p>Le monde linguistique présente deux regards  parallèles, qui pour enfoncer le clou, ne parle pas la même langue.</p>
<p>C’est dans l’univers de l’effrontée, que la transculture se fait et c’est ce qui inquiète beaucoup sa sœur, portée à bout de bras par le pouvoir qui rêve d’uniformiser  tous les parlers.</p>
<p>Mission impossible.</p>
<p>La transculture est une subversion. C’est une atteinte à l’ordre public de la langue. Étant reconnue « terroriste », elle est exclue de la table des négociations. C’est une menace politique constante et elle donne lieu à une méfiance tout aussi constante car la langue qui s’altère (selon un certain regard), c’est le début de la décomposition de quelque chose qui va au-delà du simple médium. Le medium intègre le portrait, il marque l’appartenance, ceux d’ici et ceux d’ailleurs et va plus loin, il détermine un territoire. Rendus là, on comprend la nervosité que l’on peut avoir contre les « invasions » linguistiques sournoises.</p>
<p>Au Québec, par exemple, il existe une sensibilité à fleur de peau sur la question en ce qui concerne les échanges entre le français et l’anglais. Les débats peuvent être parfois chargés d’amertume et de rancœur mais ils restent théoriques. Et là encore, point n’est utile de s’énerver, le français est structurellement dans l’anglais et la reine d’Angleterre n’a rien pu faire pour contrer ça.</p>
<p>Mais c’est une question qui peut s’aborder beaucoup plus sereinement si on considère que la transculture est constamment en marche, c’est qu’elle est largement pratiquée. Le territoire ne suffit pas à la langue. Et que dire quand plusieurs cultures se retrouvent regroupées sur le même territoire comme c’est le cas dans tous les pays d’immigration.</p>
<p>Parlons de l’anglais par exemple, s’il a fini par devenir espéranto, d’une part ce n’est pas pour plaire à la couronne, c’est juste pratique, d’autre part que va devenir l’anglais quand l’Asie aura pris le temps de mettre sa marque dessus. Sans parler de l’effet vice versa qui se fait même dans le rejet .</p>
<p>Dans le pays où je suis né, la tradition orale dit que la langue n’a pas d’os, ce qui lui donne une immense liberté. Et cette « tradition » a occupé tout le champ.</p>
<p>En réalité, quand la langue est règlementée  et contrôlée, elle meurt.</p>
<p>Moi-même j’étais pris dans le dilemme, le vernaculaire me faisait de l’œil pendant que je m’embourgeoisais dans l’orfèvrerie du bien parlé. J’enviais la liberté de l’un pendant que je m’enferrais dans l’autre, celle qui me servait à écrire,  pris en flagrant délit d’ambivalence. Une schizophrénie intérieure digne du yin et du yang.</p>
<p>De plus même les potentiels gardiens de la langue ne se gênent pas d’utiliser le vernaculaire en dehors des heures de bureau.</p>
<p>Ma rejetonne qui avait entendu mon discours, apparemment pas tombé dans l’oreille d’une sourde, me remonte régulièrement les bretelles. Avec elle j’ai appris que je n’étais qu’un Cro-Magnon, appartenant à une espèce en voie de disparition. Une espèce à qui on avait martelé, écriture, grammaire, syntaxe et j’en passe des contorsions. Mes élucubrations la faisaient rire.</p>
<p>D’ailleurs, comme pour les accommodements raisonnables, nous les « vieux », on était passé à côté. Ce qui nous effrayait parce qu’il nous était inconnu les laissait morts de rire, eux qui avaient grandi dedans.</p>
<p>Nos enfants n’ont jamais connu la plume sergent-major et l’encrier. Ils sont nés dans une époque ou une foultitude d’intermédiaires se sont interposés entre eux  et la page blanche. Page devenue virtuelle.</p>
<p>Dans quelle transculture vont-ils errer?</p>
<p>Le temps informatique  nous accapare et au nom de l’ « efficacité » imposée par le medium, le <em>chatt</em> détruira ces langues auxquelles nous nous étions attachés. De nouvelles langues naîtront qu’aucune instance n’aura le pouvoir de contrôler. Leur notion de l’espace est vaste parce qu’elle est virtuelle et nous risquons d’y perdre notre latin.</p>
<p style="text-align: left;" align="center"> Alors la langue ne sera considérée à sa juste réalité comme intégrant la transculture……elle n’aura plus à s’en cacher et la dévergondée sera réhabilitée à jamais. On finira par comprendre que la sociolinguistique est digne d’attention parce qu’elle donne l’heure juste, au moment où on la regarde.</p>
<p>Mais nous ferons de la résistance, nous créerons des associations de défense et de sauvegarde de cette espèce en voie d’extinction et nous serons ringards.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left;" align="center">* texte publié dans <strong><em>La transculture et ViceVersa </em></strong>- sous la direction de Fulvio Caccia avec Bruno Ramirez et Lamberto Tassinari</p>
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		<title>Maghreb Burning : la délivrance par le feu</title>
		<link>http://www.viceversamag.com/maghreb-burning-la-delivrance-par-le-feu-2</link>
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		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 12:07:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
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		<description><![CDATA[- Karim Moutarrif - Dans ce cafouillage informationnel où personne ne veut dire la vérité, où la stratégie de ceux qui contrôlent l’information à l’échelle planétaire décide de ce qui doit se dire et de ce qui doit être tu, depuis le début du mois de janvier, 6 immolations ont eu lieu au Maroc. Mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2062" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/02/New-Carling-Gaspésie1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2062" title="" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/02/New-Carling-Gaspésie1-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">New Carling, Gaspésie - Virgile l&#39;Heireux</p></div>
<p>- Karim Moutarrif -<br />
Dans ce cafouillage informationnel où personne ne veut dire la vérité, où la stratégie de ceux qui contrôlent l’information à l’échelle planétaire décide de ce qui doit se dire et de ce qui doit être tu, depuis le début du mois de janvier, 6 immolations ont eu lieu au Maroc. Mais l’Algérie n’est pas en reste.<br />
Avec les harragas (littéralement les « brûleurs », puisqu’ils brûlent leur papiers pour rendre plus compliqué leur expulsion) dont un bon nombre de cadavres s’échouent sur les plages de l’Eldorado, nous avions expérimenté et nous continuons, le désespoir. La liberté ou la mort.<br />
Avec l’immolation par le feu, c’est un nouvel épisode de ce no hope, qui se joue dans le Maghreb. D’ailleurs, encore une fois, étrangement les médias n’étaient, ne sont pas là. Cette série de hara-kiri a été tristement inaugurée en Algérie, le 18 mai 2004, selon E Watan (1) .<br />
La même source nous apprend qu’en octobre 2009 toute une famille s’asperge d’essence suite à la démolition de leur logement jugé illégal. Au cours des deux années qui suivent le phénomène se répand et progresse de manière plus notable.<br />
Le Tunisien, Mohamed Bouazizi, passe à l’acte le 17 décembre 2010.<br />
Au Maroc, l’année 2011 et le début 2012, ont vu s’égrener une trentaine de cas. Un site dédié aux marocains à l’étranger(2) les recense, dans un dossier baptisé « Immolation Maroc ».<br />
Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie mais aussi l’Egypte ou la Mauritanie, tous les pays de l’Afrique du Nord contribuent allégrement à ce sinistre palmarès. Dans une triste compétition avec le Tibet.<br />
J’ai reçu l’information par un réseau social puis quelques recherches sur la toile plus tard, je me suis rendu compte de l’ampleur que prenait ce désespoir.<br />
Une mère célibataire avec deux enfants à charge a tenté l’expérience, entres autres. Il y a quelques jours j’ai lu un article sur le sort qui était réservé à ces femmes, considérées comme impures pour avoir enfanté hors mariage, dans le haram (le péché). À partir de là, c’est le calvaire, permettez le mélange des genres parfois très opportun, jusqu’au trépas. On comprend comment certains peuvent décider d’arrêter la casse. Et pourtant les mâles sont en quête perpétuelle de ces braves filles prêtes à leur donner leur virginité pour ensuite les déprécier au rang de parias de la société. Pour ces femmes là, il n’y a plus de futur et leur descendance portera le tag de bâtard. Ainsi est sanctionné le plaisir chez les femmes. Les hommes bénéficient d’une protection incroyable, ils peuvent repartir butiner ailleurs sans aucun soubresaut de conscience.<br />
Le rejet est total, en commençant par la famille déshonorée de ne pas avoir amené la gamine avec sa virginité, au mariage. Et tout cela n’est que misère et pauvreté.<br />
Mais les hommes aussi s’immolent.<br />
Dernier épisode en date, janvier 2012, cinq étudiants tente l’expérience, trois prennent feu au ministère de l’Education à Rabat. L’un d’entre eux est déjà mort,<br />
J’écoute les chaînes françaises, je jette un œil aux journaux, personne n’y fait mention !<br />
Ou plutôt, la relation de ces événements s’est tellement égrenée qu’elle s’est perdue dans le flot continue.<br />
Un étrange silence couvre cette nouvelle pratique du désespoir. À propos de la Tunisie, mais cela s’applique aux autres pays de la région, pour Pauline Tissot, journaliste à l’Express, il s’agit de « brûler son corps pour faire entendre sa voix » « face à d&#8217;importantes pressions envers les opposants, une presse souvent muselée, des partis politiques interdits, et une opposition légale parfois laminée, nombreux sont ceux à choisir la voie de l&#8217;immolation pour manifester haut et fort leur malaise social et économique. » (3)<br />
Le silence des « démocraties » est révélateur de leur hypocrisie quand les choses ne rentrent pas dans leur stratégie.<br />
Au cours des deux dernières décennies, nous avons assisté à beaucoup d’expérience dans l’esprit du constructive chaos, en Irak, en Afghanistan, en Afrique du Nord et dans la péninsule arabique. Le résultat est d’abord meurtrier avec un retour en arrière…. Avec la perte de contrôle de la situation, les desseins tordus des impérialistes se voient compromis.<br />
Il est ainsi, des informations, des faits, qui sont peu pertinents aux yeux des « civilisations supérieures » comme dirait M. Guéant, ministre de l’Intérieur français.<br />
Certes les gouvernements profonds y étaient mêlés, à travers l’infiltration d’agents pour pousser à la déstabilisation mais maintenant ils vont attendre que ça se replace. Et ça prendra du temps. Et ce n’est pas en humiliant les dictateurs qu’ils gagneront la confiance des peuples. Ils n’ont pas compris qu’ils humiliaient les peuples aussi, quand la transparence aurait voulu des jugements dans la règle du Droit. Mais comme dans la pègre, on élimine ceux qui risquent de « parler » et révéler les implications sordides de ceux qui les ont « capturés ». Les images inopportunes aussi.<br />
Certains ne connaissent rien au sens du vent, ils se révèlent de piètres navigateurs et le bateau peut à tout moment accrocher les récifs. D’ici là la Chine aura pris le contrôle et ils n’auront plus les moyens de leurs ambitions.<br />
Pour le Maroc, ce ne sera qu’une explosion en latence.<br />
(1) Mustapha Benfodil , Voyage dans l’Algérie des immolés – le feu moyen de revendication sociale El Watan, http://www.elwatan.com,.<br />
(2) « Immolation Maroc » www.bladi.net http://www.bladi.net/immolation-maroc.html. (3) Pauline Tissot , Immolations en série: la Tunisie en modèle? L’Express, 18/01/2011</p>
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		<title>Orwell Rolls In His Grave &#8211; The One Thing The Media Doesn&#8217;t Like To Talk About</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Feb 2012 17:19:47 +0000</pubDate>
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		<title>&#171;&#160;Tuez Les Tous&#160;&#187;  Genocide Rwanda 1994 France partie 10/10</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 15:18:53 +0000</pubDate>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 15:13:35 +0000</pubDate>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 15:11:04 +0000</pubDate>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 15:06:44 +0000</pubDate>
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