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	<title>ViceVersaMag</title>
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		<title>http://www.photo-libre.fr/</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 16:32:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
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		<title>L&#8217;amour braque ou  Tristan à l&#8217;ère du Sida</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 16:18:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2292" class="wp-caption alignleft" style="width: 271px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_27.jpg"><img class=" wp-image-2292" title="Mn_27" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_27.jpg" alt="" width="261" height="261" /></a><p class="wp-caption-text">Source : Photo-Libre</p></div>
<p>- Christian Roy -  Il est permis de reconnaître dans la Grotte d&#8217;Amour de Tristan et Yseult la matrice mythique de l&#8217;idéologie libérale sous-tendant la modernité. L&#8217;archétype de ce projet fondamental de l&#8217;Occident serait ainsi cette première utopie à échelle réduite qu&#8217;est le couple uni par l&#8217;Amour romantique — cet « égoïsme à deux », comme l&#8217;appelait Lautréamont. Thomas Mann ne s&#8217;y trompait pas quand il voyait dans le Tristan de Gottfried von Strassburg, patricien et non chevalier, et à ce titre un <em>outsider </em>dans les cercles courtois du XIIIe siècle, le premier roman bourgeois. C&#8217;est de même plus ou moins consciemment ses héros éponymes que fêtait la Révolution française dans son culte d&#8217;Abélard et Héloïse, <em>parèdres </em>historiques de Tristan et Yseult. La Grotte d&#8217;Amour de Tristan et Yseult, où la modernité plonge ses racines, a rarement trouvé de spéléologue plus intrépide que le cinéaste polonais émigré Andrzej Zulawski, qui a exploré les profondeurs infernales de ce Paradis terrestre dans une série de films <em>L&#8217;important c&#8217;est</em> <em>d&#8217;aimer, Possession, La femme publique, L&#8217;Amour braque</em> — où les thèmes bergmanesques du couple et de l&#8217;absence de Dieu sont développés dans l&#8217;idiome de <em>Mad Max</em> — action continuelle, violence lyrique, nihilisme échevelé —.</p>
<p>Dans son dernier film, librement inspiré de <em>L&#8217;Idiot </em>de Dostoïevski, Zulawski raconte l&#8217;histoire de Léon (Francis Huster), émigré hongrois qui devient l&#8217;ami de Mickey (Tchéky Karyo), chef d&#8217;une bande de loubards, et l&#8217;aide à enlever Marie (Sophie Marceau), prostituée de luxe à l&#8217;emploi d&#8217;un financier véreux ; Léon et Marie s&#8217;éprendront l&#8217;un de l&#8217;autre au premier regard. Qu&#8217;il suffise de dire que Mickey se veut roi, qu&#8217;il veut faire de Marie sa reine, et voit en Léon un prince, et on aura reconnu les figures du roi Marke, d&#8217;Yseult et de Tristan. De même, à l&#8217;alibi poétique du Philtre répond chez Zulawski la notion plus prosaïque de l&#8217;Amour comme maladie (Léon, faisant la connaissance de Mickey dans un train : « Je n&#8217;ai pas été amoureux, mais j&#8217;ai été malade. &gt; « Mais c&#8217;est la même chose ! » s&#8217;exclame Mickey, dont le nom de famille est d&#8217;ailleurs Venin). Dans un même ordre d&#8217;idées, une note criminelle se glisse dans cette tirade wagnérienne de Marie : « Dormir, mourir, faire mourir, faire l&#8217;amour, même combat. »  Cette équation se vérifie dans les rapports de Marie avec Mickey, qui ne trouve rien de mieux à faire que de la séquestrer et de menacer de la tuer, désespéré qu&#8217;il est de ne recevoir d&#8217;elle que « le respect des cimetières », car elle réserve son amour pour Léon. Celui-ci n&#8217;est pourtant pas plus heureux. Faisant l&#8217;amour avec Marie, il s&#8217;écrie « Je saigne ! » au moment qui aurait dû correspondre à l&#8217;orgasme. « C&#8217;est moi qui saigne», répond Marie qui, de dépit, va se faire couler un bain de lait et a cette réflexion mélancolique en passant la main sous le robinet : « Tu coules quand je veux, toi ! » Cet amour frustré, exaspéré jusqu&#8217;à faire virer braque, de Léon et Marie et Mickey est la parfaite illustration des thèses d&#8217;Arthur Kroker et David Cook sur la scène postmoderne, qui apparaît dans leur optique comme celle d&#8217;un corps aux chairs tailladées par un désir de présence physique et sociale que le discours, lieu de l&#8217;identité bourgeoise, ne contient plus et qui, aiguisé par des siècles de sublimation forcée, se retourne aujourd&#8217;hui vers son lieu d&#8217;origine qu&#8217;il ne sait plus que nier. Le mal des années 80, le SIDA, est pour eux le suprême symbole de cette condition, « traçant l&#8217;inscription de la puissance sur le texte de la chair et privilégiant la ruine de la surface du corps. Le SIDA est post-moderne dans la mesure où, il implique une véritable perte de solidarité sociale, et désigne le sexe sans sécrétions — le sexe sans le corps — comme substitut pour le passage normal des fluides corporels ». L&#8217;amour braque, c&#8217;est cet Éros sans corps ni âme qui ne s&#8217;exprime que par l&#8217;hémorragie. Zulawski nous le montre comme le signe de la mort du social, des suites de sa subversion par l&#8217;idéologie libérale qui l&#8217;a pris en charge depuis quelques siècles, fût-ce sous le couvert du collectivisme.</p>
<p>L&#8217;« ordre bourgeois» et la « Révolution » font d&#8217;ailleurs l&#8217;objet de débats politiques dérisoires dans les milieux contigus et également faisandés du théâtre et du crime où évolue le réfugié Léon à Paris, « C&#8217;est la fin du monde !» « Y aura plus de vraie révolution ! » s&#8217;écrie-t-on à un moment donné. Les rapports  humains deviennent, dès lors, par excellence sanglants, que ce soit à l&#8217;échelle de la société, conditionnée à la violence gratuite du crime et du terrorisme, ou sur le plan personnel, où l&#8217;amour, qu&#8217;il soit filial ou sexuel, passe par les coups et blessures et culmine dans le meurtre. C&#8217;est ainsi que Mickey finit par mettre ses menaces à exécution. « Tu brûles, tu tues ! » souffle Marie en expirant, tandis que Léon lappe le sang répandu à ses pieds. C&#8217;est la consommation de son amour, dont les manifestations physiques n&#8217;avaient auparavant été montrées en quelque détail que lorsqu&#8217;elles consistaient en échanges anormaux de fluides, comme lorsque Marie, après avoir grimé Léon et l&#8217;avoir attaché — « parce que d&#8217;habitude c&#8217;est moi qu&#8217;on rend ridicule et c&#8217;est moi qu&#8217;on attache » — lui verse un épais crachat (condensation du discours épuisé ?) dans la bouche, disant qu&#8217;elle le reprendra quand elle voudra. La propre mère de Marie était morte au cours d&#8217;un tel succédané d&#8217;acte sexuel, une orgie qui tourna mal lorsque ses clients lui firent avaler de la terre, lui injectèrent une drogue, aspergèrent sa robe de bière et l&#8217;enflammèrent, pour enfin uriner sur son cadavre calciné après qu&#8217;elle soit tombée par la fenêtre sous les yeux horrifiés de Marie, ce qui détermina sa vocation.</p>
<div id="attachment_2293" class="wp-caption aligncenter" style="width: 265px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_43.jpg"><img class=" wp-image-2293" title="Mn_43" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_43.jpg" alt="" width="255" height="255" /></a><p class="wp-caption-text">Source : Photo-Libre</p></div>
<p>C&#8217;est là une superbe démonstration de sexe post-moderne, virtuel et sans sécrétions naturelles (remplacées ici par les substances les plus diverses), médiatisé par surcroît (la scène est montrée sous la forme d&#8217;un vidéo de <em>snuff </em>réalisé par les meurtriers), devenu « un site pour le jeu de la thermodynamique de la puissance cynique »2. D&#8217;autant plus que les assassins sont ces mêmes « marchands de viande, de canons, d&#8217;idées » des griffes desquels Mickey avait voulu tirer Marie, et dont il avait éloquemment signalé à Léon l&#8217;hégémonie en Occident, à son arrivée à Paris. « Ici tout s&#8217;achète », avait-il dit près d&#8217;un kiosque à journaux, désignant cigarettes, bonbons, revues porno, feuilletant celles-ci puis, parlant de Marie : « Elle est très chère. » C&#8217;est sous ce prétexte que lui et sa bande avaient dévalisé une banque de province ce matin-là, trimbalant des sacs à ordures bourrés de billets qu&#8217;ils sèmeront à tout vent pendant le premier quart du film, en jetant des liasses au feu chez les employeurs de Marie, ou des sacs entiers dans un camion de vidanges,  aussitôt sortis de la banque. De toute évidence, l&#8217;argent est ici désigné comme l&#8217;idole dérisoire de notre culture excrémentielle ; mort avec les autres « grands signifiants de la modernité » — conscience, vérité, sexe, puissance,3 il en résume le vide de sens par son accumulation effrénée et sa dilapidation incontinente, systole et diastole de la circulation des déjections de plus en plus amorphes des anciens systèmes de sens, en quoi consiste la culture post-moderne. De même, il apparaît maintenant clairement que l&#8217;individu est un débris, et que la socialisation n&#8217;est que l&#8217;art d&#8217;apprêter les restes (voir Baudrillard, « La fin du social »). L&#8217;amour, par lequel l&#8217;individu se retrouve <em>en tant que tel </em>en société, demeure certes sa recette la plus succulente ; mais lui aussi tend à prendre la forme d&#8217;un empilement de corps sans rapports véritables, comme dans cette orgie de théâtreux que surprend Léon, où le coït comme tel est invisible — il est d&#8217;ailleurs rarement montré, et jamais celui des héros, dans ce film où l&#8217;on ne s&#8217;embarrasse pourtant pas de pudeur — mais où un corps de femme — dont on ne voit pas la tête — peut servir de table pour prendre de la cocaïne. Les <em>objets </em>de plaisir s&#8217;amassent pêle-mêle dans cette scène évoquant les tableaux d&#8217;Eric Fischl qui, selon Kroker et Cook, distillent à merveille le climat d&#8217;ennui et de terreur mêlés propre à la culture excrémentielle. Quant à Léon, il se met à vitupérer contre le déterminisme des désirs vils ; il se demande pourquoi la faim et la soif doivent toujours se satisfaire dans la chair. « De quelle boucherie sommes-nous nés ? » Et de se demander s&#8217;il y a un autre monde qui ne soit pas si cruel. Mais il connaît la réponse, que la mort de Marie lui arrachera des entrailles : « Si Dieu nous avait faits, il nous aurait faits différents. » C&#8217;est pourtant comme un cri d&#8217;amour, semblable au <em>lama sabacbthani, </em>que sonne le « non ! • fougueux par lequel il répond, en tournant vers le ciel des yeux éperdus, à Mickey qui lui demande s&#8217;il a une religion. De même sa cousine Aglaé ne s&#8217;y trompe pas quand, voulant faire l&#8217;amour avec lui, elle se voit répondre que, ne l&#8217;aimant pas, il « n&#8217;aurait pas le réflexe » ; selon lui, « c&#8217;est mieux pour l&#8217;autre » quand l&#8217;amour est fait avec amour. « tu parles de Dieu ! » s&#8217;exclame alors sa cousine. Il semble bien en effet que la quête de l&#8217;Autre et la quête de Dieu procèdent d&#8217;un même mouvement d&#8217;amour pour Léon — et chez Zulawski en général, ce qui donne à ses films leur ardeur mystique. Mais n&#8217;était-ce pas d&#8217;ailleurs un nouvel Eden qu&#8217;avaient trouvé Tristan et Yseult en leur Grotte d&#8217;Amour au milieu d&#8217;une nature idyllique? De même Léon et Marie connaîtront-ils de brefs moments de félicité bucolique dans un chalet des Alpes. Comme ils sont assis sur une colline verdoyante, Marie confie qu&#8217;elle « essaie d&#8217;avoir dans l&#8217;ordre tous les amants de sa mère » par désir d&#8217;un monde où « tout est précis, prévu, organisé », alors qu&#8217;au contraire « tout est chaos, hasard, douleur, désordre ». Léon renchérit :  Y a pas de vie, y a seulement de la guerre. Écoute. » Retentit alors dans la vallée paisible, après un profond silence de quelques secondes, le vrombissement assourdissant d&#8217;un chasseur à réaction. Ainsi le recueillement dans la Grotte d&#8217;Amour laisse-t-il entendre au Tristan postmoderne des échos insoupçonnés de ses premiers occupants. L&#8217;harmonie intime des cœurs en marge de la communauté instinctive des corps, dont le couple éponyme a fourni le paradigme à l&#8217;Occident, a en effet laissé place au simple choc des surfaces. La personne libérée de sa gangue communautaire a été rapidement supplantée par l&#8217;individu, c&#8217;est-à-dire étymologiquement par l&#8217;atome, dont le mode de contact avec d&#8217;autres atomes ne saurait être que le choc. Toutefois, l&#8217;idéal d&#8217;une harmonie des personnes libres devant remplacer la communauté perdue, qui culmine en l&#8217;amour, se prolonge et est à l&#8217;origine de la frénésie d&#8217;organisation, de contrôle, de mise en ordre, qui caractérise l&#8217;Occident, et dont Marie se fait ici la porte-parole. Mais Léon voit très bien que cette obsession n&#8217;a fait que créer une profusion d&#8217;individualités arrachées à toute unité vivante par ce désir de leur imposer une unité artificielle censée les consacrer. Le nouveau Tristan doit se rendre à l&#8217;évidence : la guerre de tous contre tous est la forme postmoderne de l&#8217;amour. Il ne lui reste qu&#8217;à « chercher dans la boue la trace de l&#8217;oiseau, plus belle que son vol », ce qui l&#8217;incite souvent à se mettre à quatre pattes à la recherche d&#8217;il ne sait trop quoi, qu&#8217;il finira par trouver aux pieds ensanglantés de Marie. Cette nostalgie somatique diffuse de communauté qui ne mène qu&#8217;à un bain de sang, serait ce là l&#8217;héritage de Tristan ? Pourquoi pas : c&#8217;est de sa légende après tout, à lui le bien nommé, qu&#8217;est venue l&#8217;idée de l&#8217;Amour comme souffrance, si caractéristique de l&#8217;Occident qu&#8217;elle pourrait bien être la clé de son destin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Notes</p>
<p>1. Arthur Kroker et David Cook. The Postmodern Scene. Excremcntal Culture and Hyper-Aestheilcs, New World Perspectives, Culture Texts Series, Montréal, 1986, p. 13.</p>
<p>2. ibid, p. 24.</p>
<p>3<em>. </em>ibid<em>,, </em>p. 9.</p>
<p>4. ibid,  <em> </em>p. 10.</p>
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		<title>How Mandatory Sentencing Laws Are Sending Juveniles to Prison for Life (in U.S.A)</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 23:59:08 +0000</pubDate>
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		<title>L’Affaire Merah  et Breivik : même « combat »</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 23:27:24 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[- Fulvio Caccia - Les tueries de Toulouse et de Montauban en France et le procès  Breivik qui s’est ouvert en  Norvège pour juger l’auteur de l’assassinat de 77 personnes, sont les dernières manifestations, s’il en est, de la crise que traverse l’espace public de  nos démocraties ultralibérales et de la diversité culturelle qui la sous-tend. [...]]]></description>
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</strong><strong></strong><strong></strong></p>
<div id="attachment_2279" class="wp-caption alignright" style="width: 255px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_112.jpg"><img class=" wp-image-2279" title="Mn_112" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_112.jpg" alt="" width="245" height="245" /></a><p class="wp-caption-text">Source : Photo-libre</p></div>
<p><strong>- Fulvio Caccia -</strong> Les tueries de Toulouse et de Montauban en France et le procès  Breivik qui s’est ouvert en  Norvège pour juger l’auteur de l’assassinat de 77 personnes, sont les dernières manifestations, s’il en est, de la crise que traverse l’espace public de  nos démocraties ultralibérales et de la diversité culturelle qui la sous-tend.  Si naguère ces dernières sont parvenues à arracher  l’espace public de l’emprise des  fanatismes religieux et des plus forts (corporatismes, puissances de l’argent et mafias….), aujourd’hui par un paradoxal renversement de situation, les démocraties assistent,  impuissantes,  au retour des ces vieux fantômes au cœur même de l’agora.</p>
<p>Ces meurtres en série  qui interpellent le politique de manière  directe, l’illustrent  tragiquement. Nombre des observateurs se focalisent désormais sur la persistance des  dérives jhiadistes susceptibles de séduire encore les jeunes de banlieue ou alors  des postnazismes qui en est son contraire. En fait ce genre d’analyse prend comme acquis que  les influences  travaillant l’espace public en Europe comme dans les  sociétés dites avancées demeurent  politiques et religieuses.  D’où la surenchère d’explications à caractère éducatif  et une réaffirmation en pagaille des « valeurs de la république ».  En fait il y a  belle lurette  que ces valeurs sont dissoutes ou  neutralisés  par les forces du marché.  Cette réduction ou plutôt cette inversion de l’espace public à sa  seule valence économique-la seule croyance qui vaut est celle du marché-  crée en contrepartie ce formidable appel d’air dans lequel s’engouffrent les extrémismes sectaires et leur cortège de violence.</p>
<p>Contrairement à ce qu’ils revendiquent, les adeptes de cette violence-là n’ont pas d’alibi.  S’ils  brandissent la cause religieuse ou politique, c’est comme  artefact, comme une marque interchangeable. Cette violence est « transnationale »,  symptôme d’une société qui a retourné ses valeurs, qui est devenue <em>amok</em> pour reprendre le titre d’une des plus troublantes nouvelles de Stephen Zweig. Voilà pourquoi le débat sur la laïcité en France se trouve en porte à faux car  il fait l’impasse sur ce qui  reste largement  occulté : les forces du marché qui orientent déjà cet espace pour le réduire en un simple réflexe de consommation  pavlovienne, de stimuli-réponse. La demande  et l’offre se répondant, se comblant l’un l’autre en miroir en ne laissant aucun espace résiduel de liberté.</p>
<p>Comme le rappelle le philosophe italien Giorgio Agamben en citant  Walter Benjamin, le capitalisme est la dernière des religions, « la plus féroce car elle ne connaît pas l’expiation ». Pourquoi ?  Parce qu’il  a  capturé la totalité de la croyance humaine. Nous sommes plus que jamais gouvernés par des concepts  théologiques sécularisés qui sont d’autant plus pervers qu’ils sont inconscients.</p>
<p>Pareil au drame de Nanterre, il y a dix ans en France, cette tragédie se déroule au cours  d’échéances électorales importantes. C’est un moment sensible où l’ensemble de  la société  renégocie les grandes orientations qu’elle souhaite donner à ses institutions à travers  les femmes et les hommes qui vont les diriger. Or les institutions de la république  française comme de tout état, sont garantes du cadre dans lequel se déploient les activités humaines, assignent aux individus qui les constituent leur place et de ce fait assurent leur ancrage à l’intérieur de la société.</p>
<p>L’identité individuelle et collective se dégage de la  relation  qui s’opère entre l’individu et l’institution dépositaire de l’Histoire. C’est ainsi que chacun acquiert le statut de sujet et devient, de par ses critiques et ses oppositions à la tradition, partie prenante du processus de transformation politique de sa société tout en lui assurant du même élan sa continuité. La moindre attaque au fondement symbolique de ces institutions nous concerne tous car elle touche l’humanité même de tous par le geste d’un seul. Jadis la religion  faisait des institutions politiques une émanation de la toute-puissance divine. Les démocraties ont su s’en émanciper par l’instauration de l’État  de droit.</p>
<p>Aujourd’hui, soixante dix ans après la sanglante perversion de l’État par l’idéologie nazie, ces démocraties traversent  une crise de légitimité. En France, comme ailleurs, cette crise a été perceptible de diverses manières et reflète la transformation de cet espace public. Pour en comprendre les tenants et aboutissants, il importe que nous saisissions la manière dont l’individu  se relie  avec ses semblables.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_18.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-2281" title="Mn_18" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_18.jpg" alt="" width="242" height="242" /></a></p>
<p>Le psychanalyste Jacques Lacan nous enseigne, après Freud,  que c’est la loi du Père qui unit les deux registres du privé et du public. C’est le Nom du père comme métaphore qui arrache l’enfant des limbes de l’indifférenciation. Il suffit seulement que son nom circule selon certaines modalités pour séparer l’enfant du désir fusionnel de sa mère et l’instituer en tant qu’être singulier et manquant. C’est en cherchant à combler ce manque que l’enfant accède par la suite au symbolique et à la sphère de la parole  et donc de la culture. L’une des conditions clés consiste à ce que le père soit lui-même séparé du désir de sa propre mère pour devenir à son tour un opérateur symbolique et installer la limite et par conséquent l’interdit.</p>
<p>Les forcenés de Toulouse  et d’Oslo, comme d’autres tueurs de masse, ont souvent été élevés par des mères seules où la  figure du père demeure absente. En passant à l’acte, Mohamed Merah dévoile ce manque qui fonde le lien social et pointe du coup l’absence tragique d’une véritable parole, d’une culture  authentique permettant de l’exprimer. C’est en  intégrant la culture que chacun – et notamment ces jeunes hommes– peuvent devenir acteurs de leur propre vie et manifester leur singularité dans l’espace public.</p>
<p>Aujourd’hui au lieu d’assurer cette figure paternelle de la loi, l’État laisse le marché dicter les normes sociales. Plus que jamais il doit  être le garant de cet espace public où doivent se manifester  autant le pluralisme politique que culturel et les paroles pour les dire. La rupture totale avec l’autre si familier et pourtant si différent démontre l’échec du politique à pouvoir inverser la prévalence du privé sur le public et à refonder  le lien social, c’est à dire un espace de parole.</p>
<p>Tout se passe comme si le désir d’égalité qui  fut la grande cause politique du siècle dernier avait été pris au pied de la lettre et parodié jusque dans ses ultimes et effroyables conséquence par le marché.</p>
<p>Depuis plus de vingt ans soit depuis le début l’avènement de la financiarisation de l’économie, les sociétés avancées libèrent de la sorte la violence identitaire. Cela n’est pas propre à la France. La Norvège a vécu un drame similaire cet été. En Allemagne à Erfurt, il y a quelques années, un forcené abattait une dizaine de lycéens. Un peu plus tôt à Dunblane en Ecosse seize enfants d’une maternelle étaient assassinés dans des circonstance similaires. Cependant les premières manifestations sont québécoises . L’affaire Lortie et Lépine nous le rappellent cruellement. Et ne parlons pas de  ces « faits divers » qui défraient régulièrement  la chronique aux Etats-Unis, patrie de l’ultra-libéralisme,  et dont le dernier avatar qui s’est déroulé en Afghanistan  alors qu’un G-1 a tué  des civils, n’y est pas étranger.</p>
<p>Que les instigateurs de ces événements fassent de la médiation audiovisuelle (caméra vidéo, cassette audio) l’instrument de leur tragédie, au même titre que les armes ou les explosifs, montre à l’évidence que tel est l’enjeu. Ainsi, ces derniers peuvent renouer d’égal à égal, l’espace d’un moment, avec la communauté des hommes par l’intermédiaire de l’espace public. Ce qui est en jeu c’est justement la reconnaissance de cette part d’humanité niée par un mode de vie anonyme par trop unidimensionnel que l’ultralibéralisme a exacerbé.</p>
<p>Ceux qui commettent ces actes ont souvent le même profil : même désir de servir sous l’armée, même fascination des armes, même désarroi et enfin même cri à l’égard du politique. C’est ainsi qu’il convient de l’entendre. Il est important de réaffirmer l’irréductible souveraineté de la différentiation. Et la question qui la sous-tend : la place de l’autorité et de la loi.</p>
<p>Or l’autorité ne doit pas se manifester en bombant le torse comme il serait tentant de le faire, mais bien en assumant sa charge symbolique. C’est de la sorte que, se ressaisissant comme être manquant, chacun  pourra renouer sa solidarité avec l’autre et avec sa propre société. Telle est l’alternative de notre temps où la révolte, faute de pouvoir se dire, se socialiser, se retourne contre l’homme. « Le jour, écrivait Albert Camus, où le crime se pare des dépouilles de l’innocence, par un curieux renversement qui est propre à notre temps, c’est l’innocence qui est sommé de fournir ses propres justifications ».</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Poèmes d’Iran</title>
		<link>http://www.viceversamag.com/poemes-diran</link>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 00:12:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[- Charles Véludois - &#160; &#160; Chez   Baba   Taher &#160; &#160; D’abord &#160; Le minaret – mais c’est la tour de télécommunication ! – pointe dans le ciel gris-rose, la ligne des montagnes encore visible au-dessus des immeubles, des échafaudages. Le savon de la douche est toujours vert, âcre, médicamenteux, donnant une légère et recherchée nausée. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>- Charles Véludois -</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Chez   Baba   Taher</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2266" class="wp-caption aligncenter" style="width: 160px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_10b.jpg"><img class="size-full wp-image-2266" title="Mn_10b" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_10b.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Source : Photo-libre</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>D’abord</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le minaret – mais c’est la tour de télécommunication ! – pointe dans le ciel gris-rose, la ligne des montagnes encore visible au-dessus des immeubles, des échafaudages.</p>
<p>Le savon de la douche est toujours vert, âcre, médicamenteux, donnant une légère et recherchée nausée.</p>
<p>Plaisir retrouvé du boyau métallique annelé, suspendu au carrelage par un crochet. L’embout cerclé enrobe la tête du point d’exclamation avec aisance. L’eau en jaillit, tiède et joyeuse. Finalement on en ajuste facilement le jet, trouvant la cible en y mettant le doigt. Le slip continuera d’être mouillé un quart d’heure ou deux. Ce serait un confort pour là-bas.</p>
<p>Des verdures qui mijotent, réduisent en poissant l’air, il restera comme des boules de tabac prisé, aux téguments défaits. Dont l’eau de mouton bouilli avec de gros quartiers d’oignons fera une sauce verte, moirée par le jus des petits limous secs, de belle texture. Au bout du fil c’est la bru de la tante – sera-t-elle aussi simplement accorte qu’il y a douze ans ? – elle annonce qu’elle a préparé elle aussi le khormeh-sabsi et qu’ils nous rejoindront à midi – ou deux heures. Pendant trois jours notre sueur sera aux sabsi, en partage.</p>
<p>Teints gris dans l’airbus d’Air-France. De l’autre côté de l’aéroport l’odeur d’Iran déjà, tiède, délicieusement bouquetée de vapeurs de tamaris, de détritus, de benzine en incubation. Le Bien-Aimé et les derviches sont persécutés, Hod-Hod m’a dit : Mollana, Attar tourneraient aujourd’hui au bout d’une corde. Dans la famille de l’autre oncle tous sont avocats ; la fille défendra le père, suspendu ; on pourra peut-être racheter la moitié des coups de fouets ; et dire que nous, au Toudeh, on leur a donné la main !</p>
<p>Retour de l’aéroport, nous sommes déjà assis au salon mais le mari de la tante n’est toujours pas là – ni dans les conversations. Au matin suivant il était devant sa télé en pyjama bleu ciel. En traversant pour la douche, je l’ai vu étendu sur son lit, comme mort. Quand les grands enfants sont venus, pleins de paroles et de rires, il était à l’autre bout du salon, taciturne et grimaçant devant gâteaux et raisins.</p>
<p>Revanche des femmes. Et nous, complices de quoi ? On me dira qu’il a très mal au dos.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vois le</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Céleste bleu comme une mosquée sa</p>
<p>Vallée de miniatures, vois les filles</p>
<p>Qui ouvrent leur manteau court d&#8217;été sur</p>
<p>Les tapis rouges et les garçons qui rêvent en buvant le -</p>
<p>Thé &#8211; y a des mains &#8211; y a des yeux sous les dais -</p>
<p>De tôle ondulée &#8211; y a de petits bateaux</p>
<p>D&#8217;immondices au fil de l&#8217;eau &#8211; qui rêvent à</p>
<p>La Beat Generation &#8211; à ceux de L.A.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On sait bien que si –</p>
<p>on vous ramène en bas au cachot d’Evin, que si -</p>
<p>les Sœurs vous enfilent le manteau sans pied et la haine</p>
<p>de cent coups de fouet – alors</p>
<p>sans honte, on PAIERA</p>
<p>CASH &#8211; on est prêts !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Fragments du matin et de l’après-midi…</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le thé les fruits du jardin -</p>
<p>Après la sieste on se rassoit</p>
<p>On cause de la méchante tante, de la cousine</p>
<p>Frivole, ou du père défunt</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les dattes mi-mûres</p>
<p>Ont le goût vieux</p>
<p>De caramel au lait</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On fait accroupi à la turque</p>
<p>Les pieds chaussés de plastique</p>
<p>On s&#8217;arrose le trou du cul la chemise</p>
<p>Avec le broc d&#8217;eau tiède on sent</p>
<p>Toutes les verdures de son corps</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les petits concombres verts en tas</p>
<p>Caressés ce matin sur le trottoir</p>
<p>Par de longs tchadors noirs</p>
<p>Seront après la sieste le thé les dattes</p>
<p>Les petits amis salés du tantôt</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>On a fait ce soir</strong></p>
<p style="text-align: center;">le tour du monde en canal</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>- y a de la pub, y a de vénérables vieillards en barbiche</p>
<p>On a fait le tour du monde en satellite</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>- y a sur le Grand Canal des couples qui s&#8217;embrassent des couples qui s&#8217;enlacent</p>
<p>- y a sur l&#8217;écran des petites filles de six ans</p>
<p>Qui jouent au foulard &#8211; n&#8217;a-t-on pas bu</p>
<p>Du thé qu&#8217;on glousse &#8211; c&#8217;est partout                    la même                            parade</p>
<p>Autour de la parabole                                          Coca</p>
<p>Cachée derrière      le chat       tchat       tchador</p>
<p>Noir de nos soeurs en Dieu</p>
<p>d’ici</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Elle et Il  -</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Elle a changé. Chacun essaie de se souvenir, onze ou douze ans. Le fils avait trois ans. F. était enceinte, son fils a presque douze ans aujourd&#8217;hui. Ca ferait douze ans, au moins. La cousine a beaucoup perdu.</p>
<p>Lui, chauve, grisonnant, bel homme, avenant. Douceur, et posé. Ce qu&#8217;on appelle du charisme, peut-être. Etait-ce lui le jeune homme qui revenait de la manifestation anti-shah, il y a bientôt trente ans ? Plutôt ses futurs beaux-frères, je suppose.</p>
<p>Elle, était belle, et simple, et droite dans ses yeux, le jeune ménage était modeste. Elle, avait conquis sa belle-mère. Quand la belle-fille devient une fille. Alors son grand, un garçon semi-obèse de quinze ans, devait en avoir trois, et la petite dernière toute chafouine, encore à venir. Son ventre n&#8217;avait fait qu&#8217;une fois. Maintenant son haut, comme de mode, laisse entrevoir un bourrelet de ventre, qu&#8217;estompe un peu une poitrine menée en proéminence par le vêtement moulant. On devine un soutien-gorge légèrement agressif.</p>
<p>Il a l&#8217;habit passe-muraille, les enfants sont grands, font leur université, l&#8217;une finit son doctorat d’économie à l&#8217;université libre, ils sont à leur bureau ; sa femme à la maison fait le nécessaire, ils sont maintenant dans les beaux quartiers du nord, plus frais, moins bondés. Il parle bien et beaucoup, mais pas trop, a deux frères en France, l&#8217;un français, l&#8217;autre iranien, définitivement. Il a visité Paris, Angers, a bu du vin rouge et du vin blanc, comme presque tout iranien, normalement. Il a reçu récemment une grosse promotion dans le secteur de l’électricité.</p>
<p>Elle, fait le lien entre aujourd&#8217;hui et l&#8217;autre fois, sans insister non plus. Son visage a bien perdu, c&#8217;est sûr. Le maquillage, sans être excessif, dessine d&#8217;autres traits, d&#8217;autres maturités. Eve nouvelle, Elle nous conduit a travers Téhéran comme un chauffeur de taxi sûr de son fait. Veut-on changer des euros en ce jour de naissance du Prophète, on repassera par l&#8217;aéroport à l&#8217;autre bout de la ville, en croisant cent fois les files, en évitant saignées, gendarmes couchés et tas de sable, de façon fluide. Rien ne semble l&#8217;arrêter, d&#8217;ailleurs son mari est à la maison ce dimanche, ou ailleurs, à bricoler, ou à fumer. Les trois femmes vont au change : un étranger n&#8217;y gagnerait rien, elle me donne sa clef.</p>
<p>A la montagne Il parle tout de suite de la prison ; la fameuse prison d&#8217;Evin, tu as entendu parler ? Ma femme y a fait cinq mois dans des conditions sévères, enceinte et mère d&#8217;un enfant de deux ans, pas de nouvelles ni de droit de visite. Dit simplement, sans haine. On s&#8217;est trompés.</p>
<p>Elle, était bien trop jeune pour avoir connu ça, son mari qui fête ses quarante-huit ans aujourd&#8217;hui, si, aux premiers rangs, comme frères et soeur. L&#8217;un en est reste silencieux, l&#8217;autre chaleureusement disert, au visage marqué de petites déchirures. Elle, est calme, accorte, vous regardant dans les yeux, partageant équitablement son regard entre ses interlocuteurs, homme ou femme, avec passion. Son royaume unique est le persan. Elle nous apporte au déjeuner chez la tante &#8211; sa belle-mère &#8211; son large plat de khormeh-sabsi, sa galette ronde de riz fumant, des heures de travail (de cuisine odorante et de subséquente douche), pour un résultat aussi décevant que le khormeh-sabsi de la tante. Elle est taquine, dites-nous lequel est le meilleur, pour qu&#8217;on se crêpe le chignon &#8230;Manquerait-il de fond de sauce ? Comment expliquer le si peu de viande de ce plat du dimanche, dans cette famille de la bourgeoisie moyenne ?</p>
<p>Il, à la montagne, est comme à la ville, a la tenue adéquate, demain on ne s&#8217;en souviendra plus. Elle, fait de cette adéquation un petit événement : tennis, bas de jeans légèrement délavés d&#8217;un pli retournés, court manteau noir d&#8217;été aussi peu ample que possible, foulard blanc aimable au vent. Le noir, en concession : les couleurs de la soeur triangulaire sont ainsi recomposées en une silhouette fine et dansante, qui fera tache légère. On est invités à manger, il faudrait rester trois jours. Voilà bien le tarof à l&#8217;iranienne, si toute la famille n&#8217;avait extirpé cette forme d&#8217;obséquieuse civilité : à table personne ne porte d&#8217;alliance ni de bague. Elle est simple, sûre de son goût, de ses regards. Recherche-t-elle le nôtre par curiosité de nous ? Comment a-t-elle tant appris à être femme &#8211; et homme &#8211; en restant à la maison, sans travailler ni voyager, au loin ?</p>
<p>Si Il ne porte pas d&#8217;alliance, c&#8217;est qu&#8217;ils n&#8217;en ont pas besoin. Elle, peut passer la main légèrement sur le dos de lui sans qu&#8217;il y ait danger ni pour Il ni pour Elle. Car n&#8217;ayant cercle au doigt non plus, Elle ne risque pas d&#8217;érafler la chemise claire d&#8217;Il. Quand je le remercie du bon temps passé ensemble à la montagne, il me dit que c&#8217;est son &laquo;&nbsp;duty&nbsp;&raquo;. Le mot tourne un peu dans l&#8217;air confiné du salon. Je sens qu’il doit être pris au meilleur. Devoir &#8230;</p>
<p>Elle, est dans le présent et dans l&#8217;avenir. Avant notre départ, nous viendrons chez Elle. Attend-Elle quelque chose en retour ? Un voyage en France : Elle en rêve peut-être, mais n&#8217;a pas cette démesure. Alors pour les enfants, leurs études à l&#8217;étranger ? Peut-être, mais pas si sûr&#8230;Peut-être Nous aime-t-elle ? Mais depuis quand ? Par amitié, par devoir ou&#8230;pour elle-même ? Ou comme son beau-frère si sage, à qui elle peut porter une main si innocente, rayant à peine dans le chaud de la conversation d&#8217;Eux, la demi-longueur du dos &#8211; en un effleuré slash&#8230;</p>
<p>Heureusement (ou malheureusement ?) Elle ne nous a pas dit :</p>
<p>&nbsp;&raquo; C&#8217;était mon devoir de vous accueillir, plaire, aimer  &nbsp;&raquo;</p>
<p>Car ce ne sont pas là les mots d&#8217; Elle…</p>
<p>A notre retour à Téhéran, Elle, est absente, Il chez lui au bureau, nous l’avons au bout du fil, aimable à son habitude. On nous la dit partie deux jours auprès de sa sœur préparer les plats de fête, comme le délice de cholézarde au safran sucré, recouvert d’éclats d’amande ou de pistache,</p>
<p>qui célèbreront l’anniversaire d’un vœu</p>
<p>- le vœu &#8211; sans doute exaucé &#8211; de</p>
<p>- la sœur d’Elle –</p>
<p>Mais la fille d’Il m’écrit dans un bon anglais, elle va se fiancer, ce sera un riche parti. Elle s’appelle Bahareh – Printemps – sa mère Bahereh ; entre elle, l’espace d’une demi-voyelle, ou un peu plus. Elles se sont tellement entretenues en prison. Elle présentera son mastère d’économie dans une université libre, non réservée aux familles de shohada : elle devrait être brillante.</p>
<p>Vous ne saviez pas que je jouais du violon ? Quand vous reviendrez – mais cette fois ça été si court ! – je vous présenterai à mes amis musiciens –</p>
<p>classiques ou sonati &#8211; qui vous voulez ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2268" class="wp-caption aligncenter" style="width: 160px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_631.jpg"><img class="size-full wp-image-2268" title="Mn_63" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_631.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Source : Photo-libre</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Noun-e rochk noun-e rochk</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le marchand de pain sec qui</p>
<p>Et qui à l&#8217;aube réveillait le quartier</p>
<p>Le marchand de pain sec qui</p>
<p>Et qui achetait tout le pain sec du quartier</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Son pied s&#8217;est envolé dans un sac en plastique</p>
<p>Beau tamiz désinfecté</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Du lit d’aube on ne l&#8217;entendra plus</p>
<p>Pain sec &#8211; Pain sec &#8211; médire ou chanter&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A six</strong></p>
<p style="text-align: center;">dans le taxi qui tombe</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans le caniveau, y a les paniers, y a le tapis</p>
<p>Y a des pédalos grands comme des cygnes</p>
<p>En plastique, l’omelette aux herbes</p>
<p>Est tiède, le thé chaud, les lampions</p>
<p>Font vert font rouge la nuit, on est bien</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand même qu’on ne sait pas où on est.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jean Racine</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">poète janséniste</p>
<p>N&#8217;a pas eu la chance de faire rouler la pierre</p>
<p>De granit sur les deux beaux corps d&#8217;ébène</p>
<p>D&#8217;Esther et de Mardochée loin</p>
<p>Des intrigues de vizir, des foules médisantes  Aima-t-il autant</p>
<p>L&#8217;Etoile d&#8217;Esther la Nièce</p>
<p>Juive que ne le fit le fils de Xerxès Roi</p>
<p>Que ne le fait encore l&#8217;Oncle</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Par le souffle sur sa Bouche</p>
<p>Stupéfaite ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Chaque jour banal, chaque jour de Pourim</p>
<p>Elle naît Libre la Juive d&#8217;Ecbatane</p>
<p>Dans le carré nouveau de la ville d&#8217;Hamédan &#8211; près</p>
<p>D&#8217;Abou Ali Avicenne</p>
<p>médecin</p>
<p>herboriste</p>
<p>musulman</p>
<p>rationaliste</p>
<p>philosophe</p>
<p>hellénistique                et de –</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Baba Taher fou poète    à poil. L&#8217;ont-ils</p>
<p>Tant aimée ? Connue ? pour faire tombeau</p>
<p>Islamique &#8211; à ses pieds ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Kand Eland</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Azandarian</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Jokar</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Navahand</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mobarak Abad</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pir Michan</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Karkan</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mehrabad</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Hadji Abad</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Samen</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Amir Alomara</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Yones</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nahavand</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>d&#8217;Hamedan à Boroudgerd</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>égrenaient leurs lettres                en tableaux verts</p>
<p>m&#8217;apprenaient à lire   l’alefbéta</p>
<p>en rêvant d&#8217;Esther pieds   nus son pied    mède</p>
<p>sur la poudre sacrée    d&#8217;Ecbatane   à Babel.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A Vennayi</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">sourd</p>
<p style="text-align: right;">de la mosquée</p>
<p> l&#8217;eau en ruisseau ma&#8217;dani les cornichons</p>
<p>en saumure sur le pas des maisons à peine relevées</p>
<p>appellent les chalands qui slaloment en voiture</p>
<p>riche au milieu des poules sales des bidons</p>
<p>bleus revendus à l&#8217;usine chimique On est bien</p>
<p>tous ensemble dans ce pique-nique beauf cam</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>au poing du haut d&#8217;une terrasse voici les peupliers</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>ocres on regarde       sans effroi</p>
<p style="text-align: center;">le tremblement d&#8217;air   du soir</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2270" class="wp-caption aligncenter" style="width: 160px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_63a.jpg"><img class="size-full wp-image-2270" title="Mn_63a" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/Mn_63a.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Source : Photo-libre</p></div>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><strong>L&#8217;août d&#8217;Ahvaz</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La Palhavi est l&nbsp;&raquo;imam Khomeiny</p>
<p>La place de la Révolution verte est la Place des verts Martyrs</p>
<p>La bisto-tchar-métri est la bisto-tchar-métri (la 24 m)</p>
<p>Le Bazar-é sabsi est le bazar-é sabsi en plus de poissons en plus de dattes mi-mûres en plus</p>
<p>de verdures en moins de mendiants en moins d&#8217;enfants pour</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>un plastique vide à deux kilos de cerises</p>
<p>à trois kilos de poisson</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Y a ces bons 40 degrés du Golfe la nuit</p>
<p>qui tombe en psalmodiant ses prières on mange le pain</p>
<p>chaud on saute dans un taxi bouillant qu&#8217;on paie</p>
<p>mille toumans on moque la télé des mollahs on zappe chez les filles</p>
<p>sirupeuses de L.A. devant leurs fesses on en est comme</p>
<p>baba pourvu qu&#8217;on suce une glace au safran qu&#8217;on rie</p>
<p>qu&#8217;on rigole    on aime vraiment ça</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A huit heures du soir</strong></p>
<p style="text-align: center;">tu mets ton tchador</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>noir ton manteau étroit ton foulard on verra</p>
<p>ta mèche tu appelles l&#8217;agence o mon dieu qu&#8217;il fait trop chaud</p>
<p>qu&#8217;il fait trop bon on file au bazar tu visiteras les stocks</p>
<p>de safran de limous secs de médicaments &#8211; Le kilou combien ? on file au</p>
<p>Golestan (Saadi n&#8217;est pas là) on passera le vieux pont c&#8217;est la maison</p>
<p>d&#8217;enfance la porte a mis trois battants dans la chambre on s&#8217;est aimés</p>
<p>sous les coolers là derrière tu t&#8217;arrêteras à l&#8217;université</p>
<p>Ségouch son triangle de briques faïencé on compte</p>
<p>ses Lettres ses Humanités ses Palmiers faut s&#8217;imaginer &#8211; mais qui te le prouvera</p>
<p>que tu as habité là ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>A l&#8217;espagnole tu dînes le garçon compte les khomeiny en tas de mille</p>
<p>dix mille toumans …plplplplpllll………faut que je te parle</p>
<p>faut que je te parle on parle jusqu&#8217;à plus soif  &#8211; Laïque c&#8217;est quoi</p>
<p>La meilleure religion qu&#8217;est-ce que tu crois &#8211; L&#8217;Iran serait le Paradis</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Behecht – s&#8217;il n&#8217;y avait pas Eux et si Nous –</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>on n&#8217;était pas comme tu vois -</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Nos Shohada</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Du Fallakeh Shohada près du vieux pont en fer</p>
<p>Eiffel on va à Sadeghi Taleghani Khomeiny a</p>
<p>-cheter de l&#8217;ail sauvage les poissons et les dattes</p>
<p>s&#8217;offrent aux toujours jeunes shohada l&#8217;un</p>
<p>en médaillon derrière un stop d&#8217;autres en bande murale</p>
<p>peinte toute barbe dehors tandis que deux bons vieux baba</p>
<p>célestement goguenards</p>
<p>supervisent la foule de nos femmes filles fillettes en</p>
<p>foulards et manteau chic nos beaux</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>gars gominés ratissant par bandes</p>
<p>les frais passages ostentatoires</p>
<p>des boutiques de fringues à la mode</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>jeunes martyrs en guirlandes au ciel</p>
<p>des autoroutes nos shohada sont-ils morts pour autre</p>
<p>chose que ces pistaches ces sucreries ces</p>
<p>pamplemousses doucement fades de Saddam on s&#8217;en</p>
<p>fout on voudrait sortir en queue de cheval</p>
<p>tenir la main moite des filles</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>baiser leur nu diamant</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>d&#8217;ongle &#8211; et d&#8217;oeil</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Savar, savarchid</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>on a refermé la boîte</p>
<p>sur les femmes en tchador ou manteau</p>
<p>noirs les valises en demi-lune pleines de fanfreluches</p>
<p>remisées dans les soutes savar savarchid prêts pour le départ</p>
<p>on a refermé la boîte des larmes sous les néons</p>
<p>du bus blanc encapuchonné contre les vents</p>
<p>de sable à quarante degrés</p>
<p style="text-align: center;">on a étouffé l&#8217;idée</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>de la pauvre vie ordinaire des jeunesses misées</p>
<p>en fumeries débiles en sérials obscènes</p>
<p>ouvrant la famille de nos corps endeuillés touche à touche</p>
<p style="text-align: center;"> à l&#8217;oeil chauve des satellites</p>
<p>Pendant tout le trajet le chauffeur endormi mangera : des verres de thé, des cacahuètes et des gâteaux secs…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les perruches-perroquets</strong></p>
<p style="text-align: center;">de   Mohamed-Réza  Shah</p>
<p style="text-align: right;">dans le bleu des platanes hauts</p>
<p>pieds dans les frais ruisseaux de Chémiran</p>
<p>qui descendent des montagnes s’avancent à peine</p>
<p>au devant des grilles du palais impérial pour</p>
<p>lorgner sur la ville d’en bas</p>
<p>aux traînes vaporeuses</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Elles volètent au regard</p>
<p>des palais</p>
<p>pavillon</p>
<p>librairie</p>
<p>bassins</p>
<p>noyers                                  gardiennes des images</p>
<p>resplendissantes de  Mohamed-Réza, Fara, du Petit Prince et du Roi</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Khadjar enfant obèse au poignard</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Coqueluches congo-brésiliennes d’hier elles larguent des mo-bu-</p>
<p>-tu bon-go tandis que les commodes Louis XVI accueillent en parade</p>
<p>l’exil des Mao Hiro Hito Hitler Haïlé Sélassié Négus</p>
<p>Petit Roi au pays de la reine de Saba l’ami de Charles</p>
<p>de Gaulle flanqué d’Adenauer, Johnson, Nixon</p>
<p>mais sans Johny-Fitzgerald Kennedy ni</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Soeur Queen Elisabeth</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le Pavillon délicatement rêve aux pavillons de Sologne</p>
<p>au Tchéhel Sotoun d’Ispahan les livres écornés</p>
<p>de CE1 les Lisette les brevets d’aviateur rendent</p>
<p>les robinets d’or modestes dans la chambrée royale</p>
<p>tandis qu’Elles contemporaines des Picasso, des Chagall, du Dali</p>
<p>en grande forme dans la lueur de nos téléphones</p>
<p>portables imaginent au fond des mêmes quartiers déshérités sur les</p>
<p>tombes de nos shohada le beau sein doux les cuisses</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>élamiques de nos filles mères porteuses</p>
<p>d’Hossein et d’Ali qui s’endetteront pour</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>marcher de Téhéran à Kerbala</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Ah ! Ces étudiants – Ils sont fous ces Scandinaves.</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 01:02:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
				<category><![CDATA[animation]]></category>
		<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[allocation mensuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Amérique du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[ce sont les banques qui interviennent pour prêter de l’argent]]></category>
		<category><![CDATA[contestation étudiante de l'augmentation des frais de scolarité imposée par le Gouvernement du Québec]]></category>
		<category><![CDATA[emprunter]]></category>
		<category><![CDATA[endettement des étudiants canadiens]]></category>
		<category><![CDATA[IRIS]]></category>
		<category><![CDATA[la médecine ou le droit deviennent la chasse gardée des enfants de riches]]></category>
		<category><![CDATA[Le cheminement scolaire est sélectif]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[’université exerce un travail de rétention sur le volume du chômage]]></category>

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		<description><![CDATA[- Kamenev- Perdu dans le temps, je dirais que ça fait un moment que nos enfants (J’ai l’âge, je peux) font du bruit. Comme ce n’est pas « mon » problème, je n’y prête pas plus attention que ça. Et oui, nous vivons une société compartimentée où chacun est dans sa case, en rupture dès la génération [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2256" class="wp-caption alignleft" style="width: 222px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/TheStairwayToNowhereSAM_33352.jpg"><img class=" wp-image-2256" title="TheStairwayToNowhereSAM_3335" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/05/TheStairwayToNowhereSAM_33352.jpg" alt="" width="212" height="282" /></a><p class="wp-caption-text">The Stairway to Nowhere - Photo Kamenv</p></div>
<p><strong>- Kamenev-</strong></p>
<p>Perdu dans le temps, je dirais que ça fait un moment que nos enfants (J’ai l’âge, je peux) font du bruit. Comme ce n’est pas « mon » problème, je n’y prête pas plus attention que ça. Et oui, nous vivons une société compartimentée où chacun est dans sa case, en rupture dès la génération qui suit. Nous sommes en Amérique du Nord (pour le modèle d’enseignement), plus précisément au Québec où étudier est meilleur marché, comparé au reste du Canada.  Mais en fait, la contestation pourrait couvrir la planète, comme le printemps dit « Arabe » et on y retrouverait le même public. Avec comme motif central, la gratuité des études</p>
<p><strong>Chacun pour soi</strong></p>
<p>En réalité, trois personnes m’ont posé la question : « Qu’est-ce que tu penses des étudiants » ? Étonnamment ces trois personnes étaient au-delà de la cinquantaine bien tassée. La première a certainement des petits enfants, c&#8217;est-à-dire des petits monstres qui chahutent dans les rues. Je n’ai guère essayé de m’obstiner avec, elle semblait avoir décroché depuis longtemps. De toute façon, vu le ton sournoisement hargneux, j’aurais couru de gros risques. La seconde est une voisine. Son ton était tout aussi sournoisement hargneux. Nous nous sommes croisés, elle était debout dans l’encadrement de la porte. Elle attendait une réponse mais je savais que c’était glissant. J’ai répondu vaguement : « Bah ! Ils se battent pour leurs droits ». Histoire de dire qu’ils sont grands et qu’ils savent ce qu’ils font. La troisième m’a carrément dit « Ils sont gâtés, pourris ! ». Avec elle c’était désespéré.</p>
<p>Si je faisais le bilan de mon radiotrottoir, je pourrais tirer quelques conclusions empiriques. Les papis et les mamies ne sont pas au courant du motif de la grogne étudiante. Ce n’est pas mon problème, on ne va pas payer pour eux autres ! Dans les tribunes radiophoniques que j’ai pu choper, vu l’enlisement du conflit j’en ai entendu quelques unes, c’était souvent les « pour » et les « contre »</p>
<p>Dans le  <em>Le P&#8217;tit Torê</em>, bimensuel des étudiants de l&#8217;Université de Liège (mars 2011), on peut lire :</p>
<p><em>Certains esprits chagrins font remarquer qu’à cet égard, la démographie joue contre nous, les jeunes. Le vieillissement de la population inciterait les mandataires politiques à davantage cibler les mesures sur le troisième âge, représentant un poids électoral plus important. Dès lors, le pragmatisme s’impose.</em></p>
<p>Il faut dire que ces gens là n’ont pas bénéficié de la pseudo gratuité des études. Parce que le système est sélectif et qu’il le reste………</p>
<p>La pseudo gratuité a un nom :</p>
<p><em>l&#8217;Institut de recherche et d&#8217;informations socio-économiques ( IRIS ), révèle des tendances préoccupantes sur le niveau d&#8217;endettement des étudiants canadiens et dans le reste du monde. Cette note est doublement intéressante dans le contexte de contestation étudiante de l&#8217;augmentation des frais de scolarité imposée par le Gouvernement du Québec.<br />
</em>N’est-ce pas là le reflet d’une société vieillissante où les « aînés » doivent s’imposer politiquement, étant donné leur représentation de plus en plus grande dans nos sociétés ?<em>      </em>Dans l’isolement des groupes sociaux, n’arrive t-on pas à une confrontation des intérêts, à une bataille pour la survie ?</p>
<p>La table est mise !</p>
<p><strong>Ils sont fous ces scandinaves !</strong></p>
<p>Toujours dans   <em>Le P&#8217;tit Torê</em> on apprend que certains pays se sont posé la question et on trouvé une solution.</p>
<p><em>Plutôt que de laisser le choix entre l’assistance parentale ou le job pour financer vos études, certains pays ont mis en place un système de salaire étudiant. Une toute autre logique, à quelques centaines de kilomètres de chez nous.</em></p>
<p><em>Les pays scandinaves font figure de précurseurs en la matière. Tous les étudiants danois ont ainsi droit à une allocation mensuelle pouvant aller jusqu’à 360 euros mensuels s’ils vivent avec leurs parents, et  jusqu’à 720 euros s’ils vivent seuls. Ce montant peut ensuite être augmenté de quelques 350 euros, consentis sous forme de prêt. L’étudiant remboursera cette partie de son allocation mensuelle une fois ses études terminées. L’accès à ce système est possible pendant six années, laissant ainsi la possibilité à l’étudiant de rater une année, mais pas plus. Des systèmes similaires existent notamment en Suède ou en Allemagne. Le système est légèrement différent en Norvège, où les étudiants reçoivent une aide mensuelle de 1150 euros (maximum) sous forme de prêt. S’ils réussissent leurs études, ils ne devront rembourser qu’une partie des montants reçus. En outre, tous ces pays proposent la gratuité totale de l’inscription à l’université.</em></p>
<p>Est-ce insensé ? Pourtant, améliorer les conditions d’existence au cours de la période d’études ne peut avoir que des effets bénéfiques :</p>
<p>-          D’abord parce qu’il s’agît des nos enfants et qu’ils méritent bien de recevoir le meilleur pour affronter un monde de plus en plus complexe</p>
<p>-          Ensuite la qualité de vie pendant cette période de production et de stress, ne pourrait qu’en être améliorée</p>
<p>-          Les étudiants seront plus concentrés et les formations seront ainsi mieux assimilées</p>
<p>-          C’est un enseignement gratuit qui évite l’endettement</p>
<p>-          Enfin, c’est la relève, elle n’en sera que meilleure</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Opportunité d’affaire</strong></p>
<p>En fait, dans beaucoup de pays, ce sont les banques qui interviennent pour prêter de l’argent. L’effort Public s’y investit de moins en moins et le champ est ouvert au capitalisme. Le résultat est peu convaincant.</p>
<p>Dans une machine où l’Université comme le gouvernement finissent par se jouer du futur des candidats, l’intérêt n’est pas l’accès aux études pour tous.</p>
<p>L’université exerce un travail de rétention sur le volume du chômage, ce qui a un effet structurel positif sur le nombre de demandeurs d’emploi. En ce sens ces deux institutions travaillent la main dans la main pour ces questions là.</p>
<p>Pour passer à travers un cursus, quand on n’appartient pas à la bonne classe sociale, il faut emprunter. Dès l’obtention du diplôme, il faut songer à rembourser. Sachant que si l’on ne trouve pas de travail dans les deux ans qui suivent la fin de la formation, on a très peu de chances de continuer dans sa « vocation », vous embarquer dans la vie active avec un boulet.</p>
<p>À la fin des études l’étudiant se retrouve seul, isolé des réseaux de défense et de soutien dont il bénéficiait auparavant. Seul à la merci de ses créanciers.</p>
<p>Derrière ce que certains appellent des caprices, manière un peu hâtive de qualifier les choses, il y a un profond malaise. Le cheminement scolaire est sélectif quoi qu’on dise et par les temps qui courent, les études coûtent de l’argent, ceux qui n’ont pas d’argent ne pourront pas faire d’études. C’est ainsi que des formations comme la médecine ou le droit deviennent la chasse gardée des enfants de riches, par exemple. Et cela n’a rien d’une caricature. Le darwinisme social  se révèle dans toute sa splendeur pour peu que l’on jette un œil sur les statistiques.</p>
<p>En réalité, c’est un choix de société qui apparaîtra, à l’issue des négociations. Le gouvernement fera quelques concessions pour faire atténuer la tension, les étudiants paieront. Nous sommes dans une société capitaliste, tout ce qui n’est pas rentable dans l’immédiat est à retirer.</p>
<p>L’obsession des coûts et des coupures budgétaires semblent dépasser l’intérêt général et l’intérêt de la société et le Savoir est ainsi bien gardé !</p>
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		<title>A New Wall  Street &#8211;  We All Are New Yorkers</title>
		<link>http://www.viceversamag.com/wall-street-yorkers</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Apr 2012 17:11:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>XYZ</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>

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		<description><![CDATA[Manifestations contre la guerre en Irak à New York et Washington &#8211; 2001/ 2002 &#8211; Carole Ashley - Lamberto Tassinari - Towards the end of the Eighties I started writing in Vice Versa editorials more and more aimed towards the critique of savage capitalism, le capitalisme sauvage. The adjective I then used is now superfluous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<dl id="attachment_1815">
<dt><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2011/10/CA5OONTX.jpg"><img title="CA5OONTX" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2011/10/CA5OONTX-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a></dt>
<dd>Manifestations contre la guerre en Irak à New York et Washington &#8211; 2001/ 2002 &#8211; Carole Ashley</dd>
</dl>
</div>
<p>- Lamberto Tassinari -</p>
<p>Towards the end of the Eighties I started writing in <em>Vice Versa</em> editorials more and more aimed towards the critique of savage capitalism, <em>le capitalisme sauvage</em>. The adjective I then used is now superfluous : capitalism is “savage” in its essence. It is against the people, by nature. Whether they’re single individuals, categories (classes) or an entire country, people are the means for the capitalistic system: they are slaves and clients as well, producers-consumers. Capitalism and capitalists have no mercy, no pity: the welfare period was a <em>degeneration</em>, a regrettable capitalistic mistake! Profit is its only principle. Capitalists have been openly manifesting their crude “logic” since the early Eighties and now after thirty year American society is creating its first antibodies to ward off capitalism<em>.</em> It had to be the American society as its capitalism flourished into its purest form, thus more susceptible to perish. <em>All This is Written!</em> This phase is only the beginning and the process is irreversible. America possesses enormous strength and faith at its core: it cannot accept the end of the dream with cynicism as Europe does and particularly Italy. Millions of Americans are ready to fight. A few weeks ago hundreds of Americans symbolically occupied Wall Street, the citadel of <em>Das Kapital</em>. Their number grows by the day and is spreading to other American and Canadian cities<em>.</em> America has a redoubtable charge of energy which ultimately could become the shattering force needed for social change. Americans, let’s not forget, successfully fought their first commercial revolution in 1775 to eliminate the British colonial dominion, and a century later fought a civil war to kick-start their Capitalistic revolution and now, in revolt against its failure, Americans may be leading us to a post-capitalistic civilization.</p>
<p>Could America really become the land of opportunities?</p>
<p>Lamberto Tassinari</p>
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		<title>Maghreb Burning : la délivrance par le feu</title>
		<link>http://www.viceversamag.com/maghreb-burning-la-delivrance-par-le-feu</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Apr 2012 17:06:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>XYZ</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>

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		<description><![CDATA[- Karim Moutarrif -  Dans ce cafouillage informationnel où personne ne veut dire la vérité, où la stratégie de ceux qui contrôlent l’information à l’échelle planétaire décide de ce qui doit se dire et de ce qui doit être tu, depuis le début du mois de janvier, 6 immolations par le feu  ont eu lieu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2233" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/04/New-Carling-Gaspésie1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2233 " title="New Carling Gaspésie1" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/04/New-Carling-Gaspésie1-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">New Carling - Gaspésie - Photo Virgile</p></div>
<p>- Karim Moutarrif -  Dans ce cafouillage informationnel où personne ne veut dire la vérité, où la stratégie de ceux qui contrôlent l’information à l’échelle planétaire décide de ce qui doit se dire et de ce qui doit être tu, depuis le début du mois de janvier, 6 immolations par le feu  ont eu lieu au Maroc. Mais l’Algérie n’est pas en reste.<br />
Avec les harragas (littéralement les « brûleurs », puisqu’ils brûlent leur papiers pour rendre plus compliqué leur expulsion) dont un bon nombre de cadavres s’échouent sur les plages de l’Eldorado, nous avions expérimenté et nous continuons, le désespoir. La liberté ou la mort.<br />
Avec l’immolation par le feu, c’est un nouvel épisode de ce no hope, qui se joue dans le Maghreb. D’ailleurs, encore une fois, étrangement les médias n’étaient, ne sont pas là. Cette série de hara-kiri a été tristement inaugurée en Algérie, le 18 mai 2004, selon E Watan (1) .<br />
La même source nous apprend qu’en octobre 2009 toute une famille s’asperge d’essence suite à la démolition de leur logement jugé illégal. Au cours des deux années qui suivent le phénomène se répand et progresse de manière plus notable.<br />
Le Tunisien, Mohamed Bouazizi, passe à l’acte le 17 décembre 2010.<br />
Au Maroc, l’année 2011 et le début 2012, ont vu s’égrener une trentaine de cas. Un site dédié aux marocains à l’étranger(2) les recense, dans un dossier baptisé « Immolation Maroc ».<br />
Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie mais aussi l’Egypte ou la Mauritanie, tous les pays de l’Afrique du Nord contribuent allégrement à ce sinistre palmarès. Dans une triste compétition avec le Tibet.<br />
J’ai reçu l’information par un réseau social puis quelques recherches sur la toile plus tard, je me suis rendu compte de l’ampleur que prenait ce désespoir.<br />
Une mère célibataire avec deux enfants à charge a tenté l’expérience, entres autres. Il y a quelques jours j’ai lu un article sur le sort qui était réservé à ces femmes, considérées comme impures pour avoir enfanté hors mariage, dans le haram (le péché). À partir de là, c’est le calvaire, permettez le mélange des genres parfois très opportun, jusqu’au trépas. On comprend comment certains peuvent décider d’arrêter la casse. Et pourtant les mâles sont en quête perpétuelle de ces braves filles prêtes à leur donner leur virginité pour ensuite les déprécier au rang de parias de la société. Pour ces femmes là, il n’y a plus de futur et leur descendance portera le tag de bâtard. Ainsi est sanctionné le plaisir chez les femmes. Les hommes bénéficient d’une protection incroyable, ils peuvent repartir butiner ailleurs sans aucun soubresaut de conscience.<br />
Le rejet est total, en commençant par la famille déshonorée de ne pas avoir amené la gamine avec sa virginité, au mariage. Et tout cela n’est que misère et pauvreté.<br />
Mais les hommes aussi s’immolent.<br />
Dernier épisode en date, janvier 2012, cinq étudiants tente l’expérience, trois prennent feu au ministère de l’Éducation à Rabat  (Maroc). L’un d’entre eux est déjà mort,<br />
J’écoute les chaînes françaises, je jette un œil aux journaux, personne n’y fait mention !<br />
Ou plutôt, la relation de ces événements s’est tellement égrenée qu’elle s’est perdue dans le flot continue.<br />
Un étrange silence couvre cette nouvelle pratique du désespoir. À propos de la Tunisie, mais cela s’applique aux autres pays de la région, pour Pauline Tissot, journaliste à l’Express, il s’agit de « brûler son corps pour faire entendre sa voix » « face à d&#8217;importantes pressions envers les opposants, une presse souvent muselée, des partis politiques interdits, et une opposition légale parfois laminée, nombreux sont ceux à choisir la voie de l&#8217;immolation pour manifester haut et fort leur malaise social et économique. » (3)<br />
Le silence des « démocraties » est révélateur de leur hypocrisie quand les choses ne rentrent pas dans leur stratégie.<br />
Au cours des deux dernières décennies, nous avons assisté à beaucoup d’expérience dans l’esprit du<em> constructive chaos</em>, en Irak, en Afghanistan, en Afrique du Nord et dans la péninsule arabique. Le résultat est d’abord meurtrier avec un retour en arrière…. Avec la perte de contrôle de la situation, les desseins tordus des impérialistes se voient compromis.<br />
Il est ainsi, des informations, des faits, qui sont peu pertinents aux yeux des « civilisations supérieures » comme dirait M. Guéant, ministre de l’Intérieur français.<br />
Certes les gouvernements profonds y étaient mêlés, à travers l’infiltration d’agents pour pousser à la déstabilisation mais maintenant ils vont attendre que ça se replace. Et ça prendra du temps. Et ce n’est pas en humiliant les dictateurs qu’ils gagneront la confiance des peuples. Ils n’ont pas compris qu’ils humiliaient les peuples aussi, quand la transparence aurait voulu des jugements dans la règle du Droit. Mais comme dans la pègre, on élimine ceux qui risquent de « parler » et révéler les implications sordides de ceux qui les ont « capturés ». Les images inopportunes aussi.<br />
Certains ne connaissent rien au sens du vent, ils se révèlent de piètres navigateurs et le bateau peut à tout moment accrocher les récifs. D’ici là la Chine aura pris le contrôle et ils n’auront plus les moyens de leurs ambitions.<br />
Pour le Maroc, ce ne sera qu’une explosion en latence.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(1) Mustapha Benfodil , Voyage dans l’Algérie des immolés – le feu moyen de revendication sociale El Watan, http://www.elwatan.com,.<br />
(2) « Immolation Maroc » www.bladi.net http://www.bladi.net/immolation-maroc.html. (3) Pauline Tissot , Immolations en série: la Tunisie en modèle? L’Express, 18/01/2011</p>
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		<title>Un regard critique sur la stratégie clientéliste  et les tentative  de manipulation de la droite vis-à-vis des harkis</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Apr 2012 19:55:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Urbania]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; - Boudjemai Mustapha &#8211; 9 février 2012             « DoubLe-Peine et Double Lepen  pour les Harkis* ..G. Longuet et M. Lepen  draguent les  rapatriés d’Algérie  à Perpignan »   Apres avoir été Lâchés par la France et bannis par l’Algérie, les harkis en France  pourraient   encore faire l’objet d’une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2206" class="wp-caption alignleft" style="width: 235px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Ferraille-number-five1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2206" title="Ferraille number five" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Ferraille-number-five1-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Oeuvre de Glen Lemesurier - Jardin du crépuscle - Photo Virgile</p></div>
<p>- <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.facebook.com/profile.php?id=824899801">Boudjemai Mustapha</a></span> &#8211; 9 février 2012</p>
<p><strong><em>            « DoubLe-Peine et Double Lepen  pour les Harkis* ..G. Longuet et M. Lepen  draguent les  rapatriés d’Algérie  à Perpignan »   Apres avoir été Lâchés par la France et bannis par l’Algérie, les harkis en France  pourraient   encore faire l’objet d’une Double-Le-Pe(i)n(e), s’ ils n’y prennent pas garde !!</em></strong></p>
<p>Avant leur départ de l’Algérie déjà, la France les trahissait une première fois en les laissant en pâture, comme des moutons dans le djebel, au risque effectif pour certains de périr entre les mains de leurs  coreligionnaires indépendantistes qu’ils avaient combattus, voire  de quelques cousins ou voisins en mal de vengeance personnelle, ayant eux mêmes subi des exactions de l&#8217;armée française;   ou encore sous le coup de la colère et de l’excitation de quelques uns qui  furent   prompts à participer à des séances de punition expéditive, parfois mortelles contre ceux qu’ils qualifiaient de  « traitres » et comme c’est  souvent le cas, dans ce genre de situation où la population civile a été divisée, un tant soit peu…Il en va ainsi des hommes et des guerres…</p>
<p>Bannis de l’Algérie, ils étaient une nouvelle fois trahis à leur arrivée puis pendant des décennies par la France où ils furent « parqués » avec leurs familles durablement dans des cités de transit et autres camps  de réfugiés.  Certains n’en sont parfois jamais sortis ou presque.</p>
<p>Ils  ne bénéficièrent dans le meilleur des cas que de sous-emplois dans la fonction publique, l’industrie ou l’agriculture. Cela alors que d’autres rapatriés, moins basanés et en moyenne plus  lettrés, il est vrai et pour cause,  trouvaient logements en centre ville et quartiers moins précaires et souvent recrutés comme cadres dans les administrations ; les plus aisés exportaient leurs savoir-faire de petits patrons  coloniaux, dans les PME et les exploitations agricoles du sud de la France et de la Corse, dont la main d’œuvre ressemblait souvent à s’y méprendre à celle qu’ils avaient dirigés de l’autre coté de a méditerranée.</p>
<p>Ainsi,  même parmi les Français rapatriés d’Algérie, les harkis pâtirent  d’une citoyenneté de seconde zone qui  prolongeait, en quelque sorte, leur statut d’ « indigène »  et le code électoral ad hoc qui y correspondait à l’époque de la colonisation. Une voix et finalement une vie, de citoyen « français de souche » en valait bien dix de ces métèques incultes que la France s’était évertuée généreusement à vouloir civiliser.</p>
<p>50 ans après, cette double peine pourrait être prolongée s’il l’on n’y prend garde. Et les stratégies de  la droite et de l’extreme droite lors de cette dernière  campagne électorale ne semblent pas plus clarifier les choses. Après un demi-siècle, l’hypocrisie persiste, perpétuant l’exploitation de cet électorat cible.</p>
<p>La chasse aux voix étant ouverte, les deux principales organisations de droite  sont allées, il y a quelques jours, braconner sur les terres perpignanaises où un grand nombre de « rapatriés d’Algérie », dont des communautés harkis, se sont installés après leur exil …</p>
<p>Le 29 janvier dernier, Gérard Longuet,  actuel Ministre de la Défense, venait inaugurer avec les rapatriés d’Algérie (au sens large), et en particulier devant un parterre de pieds noirs pour beaucoup anciens  militants de l’Algérie française un mémorial dédié à la présence française en Algérie,. Le ministre était aussi porteur d’un message présidentiel circonstanciel spécialement concocté par icelui à leur attention.</p>
<p>Pendant ce temps, Marine LePen tenait meeting,  le même jour  à quelques foulées de rangers (bottes militaires) de là.  Bien que soi-disant centré sur l’emploi, elle consacra une partie de son  discours  à caresser dans le sens du poil, la frange la plus radicale de  ce public plein d’amertume, traditionnellement captif et présent en nombre dans cette région. Elle   taclait  au passage tous les présidents de la cinquième république qui n’ont jamais tenus leurs promesses à leurs égards et à fortiori celui encore en poste. Ce  qu’elle se ferait fort  elle de faire  par une loi-cadre dès qu’elle serait élue présidente ;  à condition bien entendu qu’ils aient la gentillesse de venir grossir les rangs de son électorat<em>!!!!</em></p>
<p><strong><em>Là où le chameau d’extrême droite critique la bosse de son congénère de l’UMP et là où le chamelier de l’UMP veut monter sur le dos de la chamelle du FN </em></strong></p>
<p>Quel hasard,  non ? Que l’héritière-actionnaire majoritaire du FN, soit venue le même jour que  l’émissaire spécial de la Sarkoland–UMP, à Perpignan faire un numéro de claquette à l’attention particulière des « français rapatriés d’Algérie » et parmi eux, les « harkis » …</p>
<p>Dans leur course à l’électorat, ces deux frères ennemis se disputent le bout de gras des voix des rapatriés,  dans une surenchère au premier abord paradoxale. En surfant essentiellement  et de façon redondante, sur  un fond de nationalisme chauviniste, populiste aux relents xénophobes. C’est ce qui  tient lieu  de programme et d’attrape-mouches en ces temps d’islamophobie et d’ « arabo-psychose ». Mais en se prévalant de motivations républicaines, réfutant toute dimension raciste et  s’accusant réciproquement de diviser la France et de ne pas défendre les « laisses pour compte »…</p>
<p>Tandis que l’un, la droite conservatrice majoritaire, se  pare des habits de l’autre pour racoler en version  de moins en moins <em>light</em>, comme en témoigne les récentes sorties des deux derniers grands flics en chef ( ministres de l’intérieur) du gouvernement Sarko- Fillon,  l’autre, la droite extrême, revendique la légitimité de la posture, l’exclusivité et l’originalité du label spécial <em>«  ami des rapatriés, défenseur de la France contre l’envahisseur au teint mât</em> » dénonçant la traitrise  de son concurrent, et sa pâle imitation.</p>
<p>Ainsi  l’UMP  fait ses avances à coups  d’œillades « extrême droitière »,  par l’entremise du  messager présidentiel cité  plus haut, l’actuel ministre de la défense Gerard Longuet, dont on connait le parcours de jeunesse, ses sympathies et ses resposnabilités importantes dans  le mouvement « Occident ». Organisation d’ultraréactionnaires d’extreme droite, dans les années 60/70,  composée notamment de groupuscules d’activistes radicaux prompts à casser du gauchiste, de l’ouvrier  et du bougnoule (appellation péjorative donnée par certains français aux immigrants d’Afrique du Nord). Ses sorties racistes  encore fraiches  (non, je n’ai pas dit Frêche ! jeu de mot avec le nom de Georges Freche, ce personnage politique socialiste haut en couleur, tres polémique  , président de la région languedoc roussillon et ex maire de Montpellier, qui s’etait laissé aller lui-même à qualifier les harkis de « sous-hommes »)</p>
<p>M. Longuet estimait par exemple, à propos de Malek Boutih,  (fondateur -ex président de SOS racisme et membre du bureau national du parti socialiste),  pressenti un temps  par Sarkozy pour être président de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l&#8217;égalité) , qu’il fallait plutôt nommer quelqu’un qui ressemble à un vrai « français de sang et de tradition » pour ce poste. Ces déclarations  attestent et garantissent  s’il le fallait, de sa fidélité à ces idées noires…. !</p>
<p>Le Front National lui,  n’ayant plus rien à prouver sur ce terrain là,  remet tout simplement dix balles dans le nourrain des  nostalgiques de l’Algérie française. La  fifille de Jean-Marie Lepen, adepte de la gégène et de la traque au Fellouze (fellaga !) s’inscrit en cela   dans la droite-ligne-extrême de son papa.  Rappelons que celui ci a  construit sa carrière  à partir des réseaux  de l’OAS et dans le sillage des putschistes  du général de Gaulle. Puis (hasard des circonstances ?) ce fut  le même mouvement Occident, cité ci-dessus, qui le choisit à l’époque, pour représenter les troupes <em>vikings</em> que l’on voulait réunir en vue  des batailles électorales post-gaulliennes, à la fin des années 70. Il s’agissait  de donner une façade respectable à cette mouvance. Un comble quand on y pense. Cela peut donner une idée de ce que pouvait être le courant et les idées politiques de G. Longuet et de bien d’autres de l’entourage Sarkozyste d’ailleurs ( Devedjian, Madelin…)</p>
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<div id="attachment_2207" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Ferraille-number-six.jpg"><img class="size-medium wp-image-2207" title="Ferraille number six" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Ferraille-number-six-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Oeuvre de Glen Lemesurier - Jardin du crépuscle - Photo Virgile</p></div>
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<p>Mais l’homme, dont la gentillesse n’avait pas qu’un œil et loin d’être de paille, ne tarda pas à s’affranchir de ces tendres qui l’avait propulsé et soutenu. Il s’est rapidement accaparé à titre personnel ce leadership  pour fonder le  Front National. Belles retrouvailles de ce clan, aujourd’hui en concurrence et en tenue de chasse, sur les terres perpignanaise ; La boucle  (du ceinturon de para)  est bouclée… ! Mais Sarko et ses troupes prennent des risques. Les <em>Le Pen</em> et leur petite entreprise de nettoyage ethnique risquent bien de faire coup double et de gagner à tous les coups à ce jeu de dupe :</p>
<p>D’une part,  leur discours est rodé pour  disqualifier d’emblée leurs trois principaux concurrents auprès des « rapatriés »  d’Algérie, en cherchant à les discréditer   par les arguments suivants :</p>
<p>L’UMP d’abord ; en avançant la traitrise historique à la cause des rapatriés, forcément attestée par sa filiation claironnée haut et fort avec celui qui  rendit  « l’Algérie aux algériens ».  Le même qui, pourtant n’a jamais mieux incarné depuis la seconde guerre et aux yeux de français, l’idée de la grandeur de la France, indépendante et rassemblée,  j’ai nommé le Grand Charles ! Un numéro d’équilibriste pour le front national dont c’est le credo et surtout pour Marine Le Pen dont les derniers écrits sont pourtant truffés de références au général de Gaulle.  Sans scrupules devant cette clientèle hyper-ciblée.</p>
<p>Le PS, ensuite,   en rappelant sans cesse qu’il est l’inventeur de SOS racisme et donc l’ami protecteur (supposé) de ces immigrés, anciens colonisés restés algériens, lesquels après avoir mis les français dehors sont venus en France manger le pain de nos harkis (beaucoup étaient déjà là et peu importe qu’ils soient surtout venus à la demande des industries !)  . Et  pour enfoncer le clou, on rappelle que le PS  n’aurait désavoué que du bout des lèvres, l’affront infligé aux harkis, en particulier par l’un de ses brillants représentant de la province du Languedoc Roussillon justement,  en les traitant de « sous-hommes » ( voir l’anecdote citée plus haut).</p>
<p>Et enfin,  plus largement toute la gauche communiste, en vociférant contre celle ci parce qu’elle  fut (théoriquement) du coté des luttes anticoloniales, inventeuse de cet internationalisme qui réduisit la grandeur française au rang de simple suppôt du bolchévisme et accessoirement  de soutien à l’immigration prolétaire.  Tout ceci faisant d’elle,  par voie de conséquence, le  terreau maudit de l’anti France, responsable de la déchéance de l’empire colonial et de  leur exil forcé.</p>
<p>Coup double d’autre part, car sans complexe,  le FN fait ainsi mine de donner des gages pour  se défaire de l’image nasillarde et  xénophobe du parti, en montrant à travers leur attention  aux harkis qu’ils n’ont  rien  contre les arabes  <em>(hum,…  du moins pas ceux qui ont montrés pattes blanches au prix de leurs vies, de leurs liens avec leur histoire, leurs familles, leur terre … et tant qu’ils ne la ramènent pas trop avec leurs origines</em>)</p>
<p>Ce regain d’affection pour les harkis, de la part du FN  permettrait  en outre de prouver que la fameuse « préférence nationale » qui tient lieu d’idéologie et de solution miracle aux maux des bons français,  ne serait pas une affaire de racisme, comme leurs méchants détracteurs voudraient le faire croire,  mais bien une simple question de « citoyenneté nationale » ; c’est-à-dire de papiers d’identité et de dévouement à la France ;  ou plus exactement à une certaine vision de celle-ci, comme nous allons le voir.</p>
<p>Plus loin encore, en indiquant implicitement  la voie à suivre pour les « enfants turbulents de l’immigration ». Ces derniers,  bien que français pour la plupart depuis deux générations maintenant, ne montreraient pas assez leur amour pour l’hexagone, seraient encore trop attachés à leurs pays et la culture d’origine de leurs parents  et auraient en plus l’outrecuidance de   parader et réclamer le droit à pratiquer leur culte en public…</p>
<p>On commence à percevoir ici comment cette stratégie du  FN est une double-peine et une « double–lepen »  infligée aux harkis par Le Pen … et ses doubles,…Autrement dit, par son double féminin dont la continuité sanguine est attestée par l’AD..haiNe  chargé à bloc de toutes les données de bases de son fasciste de papa. Mais aussi, par ses « doubles », ceux qui finalement flirtent avec ses thèses et draguent son électorat traditionnel. En l’occurrence ici Sarkozy et une bonne partie de l’UMP.</p>
<p>Double-peine premièrement parce que s’il est vrai qu’historiquement les rapatriés d’Algérie sont pour partie antigaulliste, supposer qu’ils soient tous de droite, ou d’extrême droite, racistes et réactionnaires, c’est nier leurs nuances, leurs histoires particulières : &#8211; Juifs installés depuis des siècles, pieds noirs venus de toute l’Europe et de la méditerranée, harkis, fonctionnaires et militaires mutés depuis plus ou moins longtemps, ouvriers, petits commerçants, patrons, exploitant agricoles, médecins, instituteurs, intellectuels….gaullistes, socialistes, communistes, OAS,  etc… plusieurs trajectoires, plusieurs sensibilités avant la guerre déjà,  ainsi que pendant et après. C’est en particulier faire insulte à nombre d’entre eux qui ont défendus si ce n’est l’indépendance, tout du moins la justice sociale, une certaine fraternité, un dialogue, une autre idée de l’Algérie et du rapport aux populations autochtones d’origines que celles proposées par la seule alternative d’une colonisation dominatrice, oppressante et humiliante.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2208" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Ferraille-number-four1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2208" title="Ferraille number four" src="http://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Ferraille-number-four1-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Oeuvre de Glen Lemesurier - Jardin du crépuscle - Photo Virgile</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Certes, il existe un potentiel non négligeable, de nostalgiques encore radicaux et amers vis a vis de ce qu’ils ont vécu comme une trahison de l’État français, gardant une certaine méfiance pour ne pas dire une aversion vis-à-vis de l’immigré maghrébin, même si celui est devenu français entre temps. Leur positionnement politique est encore aujourd’hui déterminé par ce prisme et cela fait d’eux une clientèle captive pour les thèses frontistes ou toutes celles qui s’en rapprochent. Mais en élargissant le regard à l’ensemble des rapatriés, on peut voir qu’il y en a bien d’autre aussi, même parmi les plus attachés à l’Algérie française et marqués par la perte de  leurs biens, de leur joyau, et leur exil forcé et brutal,   qui  ont pu malgré tout prendre du recul sur la situation politique et les intérêts d’alors, sur la réalité des inégalités du système colonial et  sur le caractère finalement inexorable et inévitable de la revendication indépendantiste et du droit a l’autodétermination…Non, je ne suis pas un doux rêveur, j’ai rencontré plusieurs de ces « rapatriés ». Il serait temps qu’on leur donne plus la parole a eux aussi.</p>
<p>Quant aux Harkis plus précisément, je ne me permettrais pas de trop globaliser, ni de parler pour eux mais il apparait évident lorsque l’on connait les trajectoires de beaucoup, que le choix de servir la France au départ, n’était pas majoritairement, forcément, ni même vraiment,  un choix  de collaboration et à fortiori de  trahison  de leurs congénères.</p>
<p>Effectivement une partie des soldats harkis,  ont  été recrutés tardivement pour jouer les éclaireurs et parfois faire le sale boulot, notamment dans les zones de maquis. Les techniques de recrutements ont plus joué tant sur l’offre d’un gagne-pain, que sur   l’intérêt de contribuer à  la sécurité de leurs villages et sur autant de promesses diverses envers une population affamée, sous -instruite et largement conditionnée déjà par 130 ans de colonisation et de domination. Au-delà des simples supplétifs, beaucoup d’autres avaient rejoints l’armée bien avant, par nécessité économique et bon nombre parmi eux  avaient servis pendant la seconde guerre ou en Indochine. Puis devenus de vrais militaires, ils sont restés par engagement sincère et loyauté, y compris après le début de la guerre. Même si d’autres, au parcours similaires,  avaient fait le choix inverse et mis leur expérience militaire au service de la révolution, le gros des troupes harkis de base, majoritairement sous informé, peu conscientisé, ayant acquis un statut et intégré les codes et les devoirs,  pensaient au départ servir l’intérêt commun et une haute idée de la France en Algérie en combattant contre les « terroristes du FLN », tels que les désignaient les pouvoirs publics alors. Puis l’engrenage faisant,  difficile de faire marche arrière, surtout lorsque les représailles ont commencé vis-à-vis de leurs familles, leurs villages. Tout ceci n’occulte pas les comportements individuels plus serviles,  les engagements plus francs et conscients, les actes sanguinaires et les exactions de certains harkis  contre les  rebelles indépendantistes ou parfois contre de simples villageois qui les auraient aidés.  Inversement d’ailleurs si l’on devait faire le parallèle et rééquilibrer, les  soldats de l’ALN ou les membres du FLN  ne furent pas non plus tous  des héros vertueux, justes, conscientisés et totalement engagés des le départ. Certains s’engagèrent  par la force des choses et quelques uns commirent aussi des atrocités</p>
<p>Bref ! les choses sont bien plus complexes que l’on ne le dit. Or le discours Lepéniste à leurs égards consiste au contraire, à continuer de présenter les choses de façon manichéenne, à entretenir la césure et les oppositions d’alors. 50 ans après, vouloir, à des fins électorales, les rappeler à cette douleur, cette frustration, raviver leur rancœur… c’est remuer le couteau dans la plaie et surtout les enfermer dans une posture laquelle, le moins que l‘on puisse dire,  est à contresens de l’histoire et contreproductive pour eux-mêmes comme pour la cohésion sociale en France…. La politique de la terre brulée qui continue en quelque sorte …</p>
<p>Double peine, ensuite, parce que chacun sait que le FN, bien aidé il est vrai par une partie de la droite dite républicaine, est le premier pourvoyeur depuis 3 décennies maintenant, de fantasmes &laquo;&nbsp;insécuritaires&nbsp;&raquo; et  racistes. Or, chacun peut comprendre que les dégâts, les humiliations, les discriminations au quotidien que ceux-ci contribuent à répandre, frappent communément les « bronzés » d’origine maghrébine, indépendamment de leur papiers d’identité et à fortiori du choix et de la trajectoire  de leurs parent, au moment de la décolonisation. Et les harkis et leurs enfants ne sont, en ce sens, pas épargnés.</p>
<p>En dépit des quelques cadres issus de la communauté harki , il est un fait que le FN reste principalement un parti géré et piloté par des « blancs-blancs », qui plus est majoritairement  issus d’une caste d’aristocrates réactionnaires  et conservateurs. Leur crédo comme chacun le sait est  l’identité chrétienne de la France et de l’Europe et concomitamment,  le danger d’invasion de l’intérieur par  les infiltrés de culture arabo- musulmane…sans distinction !</p>
<p>Certes nombre de harkis ont adopté, du moins pour l’état civil,  des prénoms chrétiens et délaissés éventuellement tout attribut d’origine (ils en ont bien le droit comme tout un chacun) Mais cela s’est souvent fait dans les années 60, en dehors de toute démarche spirituelle ou culturelle. La plupart du temps ce fut sous le coup du conditionnement et de la rancœur ainsi qu’avec le maigre espoir d’enfoncer le clou de la parfaite <em>francitude</em> qu’ils avaient acquis si durement (combien de témoignage d’enfants de harkis, bien basanés, ayant passé des heures en garde  à vue ou subi moqueries et suspicions quant à  la véracité de leur carte nationale d’identité CNI qui indiquait un prénom trop gaulois  pour être vrai )  Mais dans la réalité quotidienne,  la plupart et en premier lieu leurs parents, ont continué  à pratiquer leur religion,  à parler leur langue d’origine,  à vivre certaines de leurs coutumes et de leurs traditions… d’autant plus  qu’ayant été regroupé dans ces camps, pour ne pas dire ghettoïsé, l’acculturation a pu être parfois encore  plus difficile  que pour les migrants économiques.</p>
<p>Je  précise que je m’insurge pour ma part contre toute forme d’assignation à résidence culturelle et religieuse, la condition de  harki ou d’enfant de l’immigration maghrébine, ne confère aucune obligation à continuer de s’appeler Mohammed ou Moustapha, à  prier Allah, à parler l’arabe, a écouter du Rai , à manger du couscous et… à voter à gauche..Toutes choses agréables et autorisées par ailleurs.</p>
<p>Les harkis, en tant que citoyen d’origine et de culture  arabo-musulmane (même si je ne les réduit, ni ne les globalise pas  à cette caractéristique   et que nombre d’entre eux sont aussi berbères) peuvent ils raisonnablement croire en cette main tendue et cette considération  du Front National… ?</p>
<p>Peuvent ils cautionner un discours qui ne fait que continuer à nier un peu plus leurs spécificités culturelles d‘origine et  anéantir leur histoire particulière… Vont ils devoir eux aussi comme leurs congénères issus de l’immigration  remiser leur foi, leurs traditions, leur langue maternelle, ou celle de leur grands parents pour les plus jeunes, au placard… ?</p>
<p>Enfin, les discours sécuritaires de l’UMP comme du FN offrent à la vindicte populaire, depuis des décennies, les jeunes maghrébins, soupçonnant et sous entendant quasiment que leur déviance serait, si ce n’est génétique, tout au moins culturelle. Ils ne sont pas civilisés et leurs coutumes et modes de vie sont incompatibles avec les lois de la république et le raffinement civil de la culture française….</p>
<p>Or on voudrait  faire croire aux harkis qu’ils sont épargnés par ce racisme  qui serait d’une précision chirurgicale comme les attaques aériennes de la guerre du golfe le furent.  Et qu’ils seraient en outre les premiers à subir les conséquences du comportement  de ces sauvages  qui ternissent leur image en plus de leur prendre leur boulot.</p>
<p>Vouloir accaparer leur voix avec un  tel discours raciste en contre-fonds et chercher à  désigner les populations issues de l’’immigration maghrébine comme étant leurs premiers ennemis, sous entendant qu’il y aurait donc « les bons et les mauvais arabes… » est une basse manipulation, une escroquerie.</p>
<p>Il s’agit une fois de plus de la stratégie du « diviser pour mieux régner » , tant battue et rebattue du temps des colonies..</p>
<p>Les harkis, ne risquent t’ils pas, en accordant leurs soutiens au FN et à une telle approche de l’UMP,  de servir une fois de plus de supplétifs  d’une guerre idéologique et politique dont ils sont déjà et seront plus encore les principales victimes…</p>
<p>Peuvent t’ils accepter, d’être une fois de plus pris en otage, après s’être fait voler leur destin et leur « part de butin »,  pour reprendre une métaphore guerrière qui ici n’est valable qu’en ce qu’elle rappelle les justes rétributions que le pays, dont ils ont défendu les intérêts, du moins ce qu’ils croyaient,   leur doit, ne serait ce qu’en compensation de leurs souffrance, de leurs désavantages, de leurs pertes, de leur arrachement a leur terre natale…</p>
<p>Puisque il faut élargir le débat et que je me dois, par honnêteté, de me resituer aussi dans celui-ci. Je ne me contenterai pas ici, simplement d’interpeller la  France, et en tant que bi national, j’aimerai aussi que l’Algérie puisse mettre en œuvre les conditions, légales, culturelles et de sécurité pour une  réelle réconciliation.</p>
<p>Mais il est un fait qu’aujourd’hui ils sont exclusivement des citoyens français et la France se doit de tout mettre en œuvre pour les sortir définitivement de ce piège historique. Et non pas tenter de les enfermer, comme le fait l’extrême droite et une partie de la droite dite républicaine, dans une histoire  douloureuse et dans la nostalgie de la colonisation. Ces mémoriaux et ces hommages financés par  les fonds publics au nom  des bienfaits de l’Algérie française, voire pire, à quelque figures historiques de l’OAS, sont en ce sens indécents. Se  rappeler des morts quel qu’ils soient, oui, ne serait ce que pour pointer l’absurdité  qui en a été la cause parfois. Mais dans des termes qui devraient alors plus inciter à la réconciliation et la compréhension mutuelle qu’à l’entretien de  la haine.</p>
<p>Enfin, il s’agit aussi d’une Double peine de classe sociale. Les Harkis sont toujours majoritairement  des populations ouvrières et défavorisées …</p>
<p>Même si le FN, depuis les années 80, chasse sur les terres du Parti Communiste, en ajoutant à son discours, contexte de crise financière oblige, une rhétorique quasi anticapitaliste, qui pourra croire en leur sincérité ?</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span>Leurs propositions de programmes ont toujours été et restent très antisociales et le discours libéral de l’entreprenariat est au cœur de leur ligne d’édition depuis toujours. Sans compter, que le financement du FN et  la fortune des Lepen ( les deux étant intimement liés ) ont constamment fait l’objet d’intrigues et de provenance mystérieuse, avec entre autre les soutiens  de quelques grands patrons, voire de puissances financières extérieures  plus ou moins occultes selon l’avis de certains spécialistes ( Moon, Saddam Hussein, etc….. ainsi que la captation de la fortune des héritiers des Ciments Lafarge)..</p>
<p>Dans ces conditions peut on croire que  les Le Pen, le FN et la majorité de ses cadres et actionnaires issus de l’aristocratie, peuvent  représenter  et défendre honnêtement les ouvriers et laissés pour compte,  les  harkis ?</p>
<p>Enfin c’est symboliquement une double peine aussi d’être courtisé simultanément, ce jour là, à Perpignan,  par ces deux escrocs racistes, qui leurs proposent, pour seule alternative la haine de leurs semblables et comme seuls modes d’octroi de leurs droits et  compensations  des avantages dispensés de façon clientéliste…</p>
<p>La discrimination qu’ils ont vécu et leur situation sociale actuelle justifieraient en soi que des efforts publics importants soient consentis, selon le seul idéal républicain de fraternité et d’égalité.</p>
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<p><em>*Extraits de Wikipedia : Le mot <strong>harki</strong> ['arki] désigne un individu servant dans une harka et vient du mot arabe haraka signifiant littéralement « mouvement », mais en réalité le terme était déjà utilisé au sens figuré pour désigner de petits affrontements, guerres, </em><a title="Baroud" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Baroud"><em>barouds</em></a><em> entre tribus, ou contre un ennemi extérieur</em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Harki#cite_note-1"><em><sup>2</sup></em></a><em> Les Harkis se rattachent à ce mouvement d&#8217;« indigènes » pro-français qui naît en </em><a title="1830" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1830"><em>1830</em></a><em> lorsque des tribus prêtent allégeance à la France. Dès </em><a title="1831" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1831"><em>1831</em></a><em>, des bataillons de soldats « indigènes » sont mis sur pied et participent aux opérations de </em><a title="Conquête de l'Algérie" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_de_l%27Alg%C3%A9rie"><em>conquête de l&#8217;Algérie</em></a><em> aux côtés des unités métropolitaines.</em></p>
<p><em>Après le 19 mars 1962, les harkis sont désarmés par l’armée française (repliée dans ses garnisons) qui laisse le territoire au </em><a title="Front de libération nationale (Algérie)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_de_lib%C3%A9ration_nationale_%28Alg%C3%A9rie%29"><em>FLN</em></a><em> (</em><em>Front de Liberation Nationale)</em><em>. Pendant une brève période, le nouveau pouvoir s’abstient de toute répression vis-à-vis des pro-Français, et à Paris le gouvernement, sous la présidence de </em><a title="Charles de Gaulle" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Gaulle"><em>Charles de Gaulle</em></a><em>, limite fortement le nombre de ceux qui peuvent se replier sur la France</em></p>
<p><em>Après le </em><a title="5 juillet" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/5_juillet"><em>5</em></a><em> </em><a title="Juillet 1962" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Juillet_1962"><em>juillet</em></a><em> </em><a title="1962" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1962"><em>1962</em></a><em>, les massacres de harkis ont connu une forte augmentation entre juillet et octobre de la même année. Au total, le nombre de harkis tués après le cessez-le-feu, victimes de représailles, fut estimé selon les sources entre 10 000 et 150 000</em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Harki#cite_note-10"><em><sup>11</sup></em></a><em>. Actuellement, les historiens s’accordent à évaluer de 60 000 à 70 000 le nombre de morts.</em></p>
<p><em>Selon Philippe Denoix, (Encyclopædia Universalis)</em><em> « </em><a title="Louis Joxe" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Joxe"><em>Louis Joxe</em></a><em>,</em><em> ministre d’État aux Affaires algériennes, adressa à l’armée une directive très secrète, le 12 mai 1962, menaçant de sanctions les militaires français qui organisaient le repli en métropole de leurs alliés musulmans en dehors du plan général de rapatriement », et ordonnant même le renvoi en Algérie des supplétifs débarqués en France. »</em><em></em></p>
<p><em>En fait, en 1962, il n’existe aucun plan d’évacuation ni de protection des harkis et de leurs familles, et le Gouvernement fut pris de court par l’arrivée des </em><a title="Rapatrié d'Algérie" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rapatri%C3%A9_d%27Alg%C3%A9rie"><em>rapatriés</em></a><em>. On estime (Philippe Denoix) à 15 000 ou 20 000 le nombre de familles de harkis, soit environ 90 000 personnes, qui purent s’établir en France de 1962 à 1968. La grande majorité resta en Algérie et des dizaines de milliers d’entre eux furent assassinés. Ces massacres perpétrés parfois par familles entières s’accompagnèrent souvent de tortures, de viols, etc, se déroulèrent dans le climat d’instabilité, de luttes internes (y compris armées) de l’</em><a title="Armée de libération nationale (Algérie)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_lib%C3%A9ration_nationale_%28Alg%C3%A9rie%29"><em>ALN</em></a><em> et du </em><a title="Gouvernement provisoire de la République algérienne" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_provisoire_de_la_R%C3%A9publique_alg%C3%A9rienne"><em>GPRA</em></a><em> pour la prise de pouvoir qui précéda et suivit l’indépendance.</em></p>
<p><em>Selon </em><a title="Rémi Kauffer" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9mi_Kauffer"><em>Rémi Kauffer</em></a><em>, </em><a title="Écrivain" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89crivain"><em>écrivain</em></a><em> et </em><a title="Historien" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Historien"><em>historien</em></a><em> </em><a title="France" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/France"><em>français</em></a><em>.</em><em> </em><a title="De Gaulle" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/De_Gaulle"><em>de Gaulle</em></a><em> voyait dans les harkis des « jouets de l’Histoire », et non des éléments de l’armée française.</em></p>
<p><em>Peu après son retour au pouvoir, en 1958, </em><a title="Charles de Gaulle" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Gaulle"><em>de Gaulle</em></a><em> se met à douter de l’intégration des musulmans d’Algérie qui était sous-jacente à la constitution de harkas. Ainsi, le 5 mars 1959, il se confie en ces termes à </em><a title="Alain Peyrefitte" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Peyrefitte"><em>Alain Peyrefitte</em></a><em> : « Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcher de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! ».</em></p>
<p><em>« Le Général de Gaulle ne voulait pas que les anciens harkis viennent s’installer en France. Parce qu’il ne les considérait pas comme de vrais Français &#8211; &laquo;&nbsp;des Français, ces gens-là ! Avec leurs turbans et leurs djellabas !&nbsp;&raquo;- il craignait, évolution démographique aidant, une invasion menaçant la culture française.</em><em> » écrit Mohand Hamoumou,(1) (http://www.harkis.com)</em></p>
<p><em>Extraits de Wikipedia : Fin </em><a title="1962" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1962"><em>1962</em></a><em>, 20 000 supplétifs avaient été accueillis dans les camps d’hébergement militaires en France et 3 200 se sont engagés dans l’armée française. Fin </em><a title="1963" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1963"><em>novembre 1963</em></a><em>, le ministère des Rapatriés chiffre à 42 000 le nombre de harkis ayant transité dans les centres d’accueil. Au final, 91 000 harkis et membres de leurs familles purent s’établir en France de </em><a title="1962" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1962"><em>1962</em></a><em> à </em><a title="1968" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1968"><em>1968</em></a><em>.</em></p>
<p><em>Entre 1962 et 1970, quelque 42 500 personnes sont passées par ces camps de transit avant d&#8217;être transférées dans d&#8217;autres structures censées éviter un déracinement brutal aux familles et les protéger contre d’éventuelles représailles du FLN : on distingue ensuite deux types de camps, les </em><a title="Hameau forestier" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hameau_forestier"><em>hameaux forestiers</em></a><em>, perdus en pleine campagne et les cités urbaines à la périphérie des villes…</em></p>
<p><em> </em>Certains ont été réexpédiés à la mort certaine après avoir foulé le sol de la métropole</p>
<p>Les Harkis sont donc le boulet colonial que traîne la France après la fin des colonies et l’on peut noter que la remarque de de Gaulle sur son « <em>Colombey-les-Deux-Mosquées </em>» et sa crainte d’une « <em>évolution démographique aidant, une invasion menaçant la culture française.</em> » sont  toujours d’actualité, à la seule nuance près que la droite était l’extrême droite.  Cependant on ne peut s’empêcher de noter que ceux qui sont les plus forts, qui envahissent et démolissent des civilisations (qu’ils n’ont de surcroit pas compris), aient des craintes d’invasions et de menaces pour leur culture.</p>
<p>Avec le temps la droite s’est en apparence défaite de l’extrême sans couper le cordon ombilical.</p>
<p>Dans le silence et l’oubli, dans le mépris, <em>« </em><em>Avec leurs turbans et leurs djellabas ! »</em> ,  la citoyenneté de la troisième et quatrième génération, ne fait plus de doute et ils deviennent l’objet de toutes les convoitises…. La campagne présidentielle de 2012 nous le rappelle avec ses petitesses.</p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>(1)     Mohand Hamoumou, Et ils sont devenus Harkis, Fayard, 1993, issu de sa thèse de doctorat en sociologie historique soutenue à l’EHESS en 1989</p>
<p>(2)     Pour aller plus loin le site « Harkis et droits de l’homme », ainsi que les livres de Benjamin Stora</p>
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		<title>Tinghir Jérusalem : Les échos des Mellah</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Apr 2012 15:03:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kamenev</dc:creator>
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